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Produits de première nécessité - Les exonérations n'ont pas empêché la flambée des prix
(Le Républicain 18/12/2007)

Il y a quelques mois, le gouvernement du Mali, pour faire face à la flambée des prix des denrées de première nécessité, avait accordé une exonération pendant deux mois sur le lait, le riz et l'huile à des opérateurs économiques. Cela pour que les populations aient ces produits de consommation à des prix abordables pour leur pouvoir d'achat.

Le constat est qu'aujourd'hui la tendance à la hausse des prix est maintenue pour ces denrées de première nécessité. En première ligne, le lait dont le prix ne fait qu'augmenter. D'où l'interrogation des uns et des autres.

L'exonération qui a été accordée par les autorités aux opérateurs économiques a-t-elle sera à quelque chose ? Y a-t-il eu suivi du gouvernement auprès des commerçants pour savoir si réellement les prix des denrées ont baissé ?

Comme réponse à ces questions, l'on dira sans risque de se tromper que les consommateurs n'ont constaté qu'une forte augmentation des prix surtout sur celui du lait qui ne cesse de grimper. Aujourd'hui sur les différents marchés de Bamako, le lait est excessivement cher. Certaines qualités ont même doublé de prix. Autrefois, les vendeurs donnaient le sachet du lait «Vivalait» aux consommateurs à 1100 F Cfa. Un sachet de lait Laicran était vendu à 1200 F Cfa.

Présentement, il est cédé à 2700 F Cfa, son petit sachet est passé de 50 à 100 F Cfa. Le kilogramme est vendu actuellement à 2800 F Cfa. Alors qu'il y a quelques mois, il était vendu à 2000 F Cfa.

La première qualité est rare sur le marché aujourd'hui à cause de sa cherté. Aux dires de certains vendeurs, son kg est vendu à 3 000 F Cfa. Cette hausse du prix du lait en «poudre» a eu également des répercussions sur le litre du lait. Le prix des sachets de lait comme «Mali lait», «Yop lait», «lait caillé» ont connu une augmentation sans précédent. Ces différentes qualités sont passées de 125 F Cfa à 150 F Cfa.

Avant, en boutique on pouvait payer du lait en poudre pour 25 F, 50 F ou 75 F. Cela n'est plus qu'un vieux souvenir. «J'ai décidé de ne plus vendre le lait pour 25, 50 et 75 F Cfa, parce que je ne gagne pratiquement rien comme bénéfice. Depuis que le lait est devenu cher, j'ai remarqué que quand j'attache des sachets de 25, 50 et 75 F Cfa, je ne recouvre pas son prix à plus forte raison avoir un bénéfice» a fait savoir M. Maïga, boutiquier à Dar-Salam.

Et comme conséquences chez les consommateurs, certains ont décidé d'abandonner sa consommation jusqu'à ce qu'il y ait diminution de prix. D'autres ont jugé nécessaire de diminuer leur provision. «Moi, j'ai arrêté de consommer le lait car mon revenu ne me permet pas de le faire à cause de son augmentation. Quand le prix sera à la baisse, je retournerai dans la consommation», a déclaré Abdoulaye Sissoko. Et M. Ouattara rencontré dans une boutique de poursuivre : «Ma famille consommait par mois dix kilogrammes de lait. Mais avec sa flambée, j'ai décidé de la ramener à sept kilos».

Le Premier ministre Modibo Sidibé, dans sa Déclaration de politique générale du gouvernement le vendredi dernier à l'Assemblée nationale devant les députés, n'a-t-il pas reconnu la hausse exogène de certains produits comme l'hydrocarbure, le lait, le riz, la farine sur le plan international. Toute chose selon lui, qui a handicapé notre économie. L'on peut dire que c'est dans cette optique que le gouvernement précédent avait accordé une exonération sur ces produits dont le prix prenait l'ascenseur.

Les consommateurs ne comprennent que l'effet recherché, à savoir la baisse sinon le maintien des prix, ne soit pas atteint. Les exonérations n'ont-elles pas été accordées aux opérateurs à d'autres fins que d'alléger les souffrances des consommateurs ? Il y a lieu d'en douter car il ne sert à rien de préconiser et appliquer des mesures censées apaiser les populations et qui produisent l'effet contraire.

Hadama B. Fofana

© Copyright Le Républicain

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