| ![]() | Recherche annuaire: | |||||
|
Un réseau de commerce illicite de graines de coton Au Mali la filière coton occupe plus de 3 millions de la population nationale et représente 8 à 10% du produit intérieur brut (PIB) du pays faisant dire aux spécialistes du secteur que « le coton est lun des maillons essentiels de léconomie nationale ». Conscients de lenjeu de la filière coton dans un environnement économique peu structuré comme le nôtre, les responsables du domaine ont initié une batterie de mesures afin de minimiser les impacts de la baisse de production du coton (qui passe de 600.000 tonnes il y a seulement quelques années à 247. 548 tonnes pour la campagne en cours) sur les entreprises liées à la production du coton. Cela, pour contrer lenvahissement sauvage du marché de la graine de coton par des sociétés étrangères. En fait, il sagissait, en dautres termes, déviter de rajouter aux désagréments causés aux entreprises nationales qui achètent régulièrement la graine de coton avec la Compagnie Malienne de Développement des Textiles (CMDT). La mesure a bien été respectée au départ, avant dêtre violée plus tard avec la complicité de ceux que lon peut appeler « les membres de la famille CMDT ». Depuis un certain temps, des rumeurs font état dune mafia autour de lexportation de graines de coton. Après des contestations par les personnes incriminées, la lumière vient dêtre faite sur une partie de laffaire. Le pot aux roses a été découvert la semaine dernière lors dune tentative dexportation dune quantité importante de graines de coton par des ressortissants sénégalais à bord dun camion dimmatriculation malienne en partance pour Dakar. Le camion, chargé de graines de coton avec la complicité du Chef dexpédition, Boubacar Diaw dit Blaise et dun Commis de la Direction régionale de la CMDT de Bougouni, avait été intercepté par un agent commercial de la DR-CMDT suite à une dénonciation faite par la Fédération des éleveurs de la localité. A loccasion dun contrôle dusage, il sest avéré que tout était préparé pour tromper la vigilance du service commercial de la CMDT avec un faux bordereau dexpédition établi au nom dun certain Yaya Konaté, sans autre précision. Informé de linterpellation et de lidentité des complices, employés de la Direction régionale de la CMDT de Bougouni, le Directeur régional a pris une position on ne peut plus dure contre les fraudeurs démasqués en les remettant au Commissariat de Police de la ville. Chose qui vaudra une accusation de complicité portée contre lui à la justice par lun des auteurs de lopération illicite, à savoir le Chef dexpédition. Selon nos sources, celui-ci aurait affirmé avoir travaillé avec la caution du Directeur régional auquel il reproche davoir défoncé son tiroir afin de semparer des dossiers prouvant son implication dans lexportation illicite de graines de coton. Un cheveu sur la soupe ! On apprend dans les coulisses que des pressions sont exercées sur le Directeur régional de la CMDT de Bougouni par une personnalité influente en vue de la libération du Chef dExpédition et du Commis, en garde à vue depuis le déclenchement de laffaire. On apprend même que la personnalité influente en question aurait juré de tout faire pour « noyer » le DR auprès des hauts responsables de la société en promettant de lever le voile sur les zones dombre de la pratique de commerce illicite de graine de coton. Est-ce à dire que le Directeur régional lui-même nest pas blanc comme neige dans cette affaire qui risque de faire tomber des têtes ? En tous cas la transgression, par des travailleurs de la CMDT, des garde-fous commerciaux mis en place pour préserver lintérêt des partenaires de leur société est de nature à « tuer » ces entreprises durement affectées par la baisse de production cotonnière. On apprend que sur la production prévue de la présente campagne, il y a déjà un report de 30.000 tonnes de graines de coton sur une prévision de production inférieure à 100 000 tonnes pour le compte de la présente campagne. Autant dire quavec seulement les 70 000 tonnes restantes, la CMDT ne peut pas satisfaire les demandes des sociétés abonnées. Affaire à suivre Markatié Daou © Copyright L'indicateur Renouveau Archives |