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Les paysans abandonnent la culture du coton
(Le Républicain 12/12/2007)

Contre-performance de la CMDT, abandon de la culture du coton par les paysans... le coton n'est plus l'or blanc et ne fait plus recette. Et pourtant, tout espoir n'est pas perdu.

Le constat est amer. La production nationale pour la campagne en cours est évaluée à 247 584 tonnes de coton graine. C'est le plus bas niveau atteint par la Compagnie Malienne pour le développement des textiles (CMDT) depuis deux décennies. Et le rendement à l'hectare qui a chuté à 872 kg constitue l'une des plus faibles productivités depuis la création de la CMDT, il y a trente deux ans. La révélation a été faite à Ségou le 6 novembre lors de la réunion bilan de la campagne 2006-2007 et préparatoire de la Commercialisation 2007-2008.Qu'est ce qui explique cette contre performance du géant du textile malien ?

La campagne 2007-2008 a démarré dans les conditions peu enviables. La chute des cours de l'or blanc sur le marché international a contraint la CMDT à réduire déplus en plus le prix d'achat du coton graine aux paysans. De 210 FCFA le kg, en 2004, le prix au producteur chute à 160 FCFA en 2007. Une baisse de revenu qui a poussé, selon le constat fait par la CMDT, 300 organisations paysannes et 56 000 exploitations à se retirer de la culture du coton. Certains ont réduit leur surface cultivable. Le désintérêt des paysans s'explique aussi par la baisse continue des rendements qui se trouvent actuellement en dessous du seuil de rentabilité (1000 kg/ha).

Conséquence le su rendement gagne les cotonculteurs qui totalisent actuellement près de 30 milliards de dette. A ces facteurs s'ajoute la mauvaise pluviométrie de cette année : démarrage tardif et arrêt précoce des pluies.

Mais, selon le PDG Ousmane Amion Guindo, le bilan peu élogieux de la campagne ne doit pas décourager les travailleurs de la CMDT. Car il s'agit de compenser cette contre-performance par un autre record : celui de la qualité du coton produit. En effet, malgré la chute de la production, la CMDT est en passe de relever le défi de la qualité. De 43% en 2004, le coton de qualité supérieur appelé « types de tête » est passé à 71% cette année.

"C'est notre objectif premier pour cette campagne, et le seul qui nous permettra non seulement de tirer le maximum de bénéfice, mais aussi et surtout de réconforter l'image de marque du coton malien sur le marché international", a expliqué Ousmane Amion Guindo. Pour lui, le transport, l'égrenage et l'évacuation de la fibre produite dans des conditions idoines et à moindre coût constituent le vrai Le ministre de l'Agriculture Tiémoko Sangaré remettant le trophée de la meilleure organisation paysanne à un producteur de Kokofata. Un geste pour encourager les paysans à cultiver le coton de 1ère qualité, challenge qu'il revient à la CMDT de relever dans un contexte de morosité des cours mondiaux et de vives tensions de trésorerie persistances au niveau de la société.

La crise frappe toutes les compagnies cotonnières africaines et même au delà. En Inde, par exemple, des centaines de paysans producteurs de coton se suicident par an. «La fragilité des filières africaines est dû à un certain nombre de facteurs exogènes : dépression des cours internationaux, accentuée par l'effet dépressif qu'exercent sur les cours les subventions agricoles des pays du Nord, la faiblesse du dollar face à l'euro et au franc CFA, le coût élevé du pétrole et des produits dérivés, les variations climatiques»,

soutient le ministre de l'Agriculture Tiémoko Sangaré. Cependant tout n'est pas perdu pour le coton africain : l'espoir est permis. La chute annoncée de la production mondiale milite en faveur d'une remontée prochaine des cours de l'or blanc. Avec la flambée des prix du baril, d'autres produits comme le maïs sont devenus compétitifs dans la production du biocarburant et attirent les producteurs américains qui risquent de se détourner du coton. Les producteurs africains pourraient en profiter. La CMDT s'y prépare en produisant un coton de qualité supérieure. L'objectif pour la campagne prochaine est d'atteindre 77% de types de tête.

F. Traoré

© Copyright Le Républicain

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