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Mauvaise campagne agricole 2007-2008: Baisse drastique
de la production de coton au Mali Les officiels rechignent à annoncer la baisse drastique, cette année, de la production de coton au Mali. Une baisse drastique dans une perspective inéluctable de la privatisation de la Cmdt en 2008. Le président ATT sest engagé fermement, sans retour à cela. Mis lun dans lautre- baisse de la production et privatisation-, au-delà des 3 millions de Maliens qui vivent du coton, cest toute léconomie malienne qui sen ressentira. Nous les observateurs saccordent au moins sur un point : la baisse drastique de la production du coton au Mali. Lune des raisons connue est, le début tardif couplé à larrêt précoce des pluies dans la plupart des zones cotonnières. Mais, on ne le dira jamais assez, le monde des coton-culteurs malien est gagné par le découragement voire même la déprime. Cest le lieu de rappeler, depuis plusieurs années, les prix du coton sont assis sur du sable mouvant. Ils sont en effet indexés aux cours mondiaux du coton. Lépoque des prix plancher et des prix plafond fixés par lEtat qui en assume toutes les conséquences est donc bien révolue. Les paysans maliens sont désormais contraints dattendre les chiffres affichés sur les écrans des ordinateurs- quils nont pas !- à travers Internet. La seule et unique assurance est quils sont certains de pouvoir vendre. Et lintégralité de leur argent leur sera versée grâce à un crédit de campagne de plusieurs centaines de milliards CFA que lève chaque année un pool bancaire emmené par la Bdm.Sa. Assurés donc de vendre, mais quel prix ? Comme nous lavons dit, cette énigme des prix est source majeure de démotivation et de déprime. Nous avons eu la preuve que, personne ne veut saventurer à avancer un chiffre pour la production de cette campagne en cours. Pour un pays dont la production a culminé à près de 600 000 tonnes, difficile nest-ce de parler de 200 à 250 000 tonnes. « Ce sera tout au plus ça », nous a confié une personne bien introduite dans le secteur. Le Mali dégringole donc de son envié trône de premier producteur africain. Et le plus dur à craindre, cest de voir léconomie malienne toute entière précipitée dans un abîme profond. Le coton est certes relégué au troisième rang des produits dexportation du Mali. Loin après lor et après le bétail. Mais, cest quand même le lieu de rappeler que le coton est, de loin, le plus grand pourvoyeur demplois au Mali. Et plus de trois millions de Maliens vivent directement ou indirectement de la production du coton. Autrement dit, le coton, même en crise depuis plusieurs années de suite, représente toujours un pan entier de léconomie nationale. Mais, la société qui commercialise le coton malien, en occurrence la Cmdt est devenue, au fil des ans, une lourde charge pour lEtat. Au lieu que lEtat tire des bénéfices de sa compagnie, cest au contraire lui qui la subventionne à hauteur de 6 milliards Cfa par an. La Cmdt, une compagnie qui, malgré tout, affiche aujourdhui un déficit cumulé de plusieurs dizaines de milliards Cfa. La vache à lait est devenue un vrai lourd fardeau. Cest dans ce contexte que lEtat malien sest engagé à restructurer le secteur coton malien. Et surtout, à vendre la compagnie Cmdt. Le président ATT, après avoir obtenu un premier report, sest engagé à vendre la Cmdt dans les mois à venir, cest-à-dire en 2008. Les paysans le savent-ils ? Même la promesse qui leur a été faite de prendre des parts dans le capital de la nouvelle Cmdt na pu rassurer les paysans pour lavenir. Voilà une autre raison de la démotivation et de la déprime ! Cest lannée où elle est promise à la vente que la Cmdt affiche une réduction drastique de sa production. Or, la plus élémentaire des règles en économie est de ne jamais mettre sur le marché un produit (la Cmdt) déprécié. En plus, cette vente devait intervenir dans un contexte actuel où lactionnaire français de la Cmdt, en occurrence Dagris, est dans la tourmente, lui aussi est mis en vente mais sans avoir encore eu de preneur. Or, le moins que lon puisse affirmer est que, la France a joué un grand rôle pour retarder léchéance tant redoutée de la privatisation du coton ouest africain, dont celui du Mali. Belco TAMBOURA Archives |
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