| ![]() | Recherche annuaire: | |||||
|
Chambre de commerce et dindustrie du Mali - Le
blocage inévitable
En effet, la Febak est désormais un évènement pérenne qui doit en amont son institutionnalisation à la clairvoyance de feu Darhat et de Malamine Tounkara ainsi que de tous les opérateurs économiques, hommes et femmes, qui les ont accompagnés dans la cohésion et dans la solidarité. Lédition de cette année se tient dans un contexte de rupture qui voit dimportants hommes daffaires méprisés dans la vie de la Chambre de commerce et dindustrie du Mali (Ccim). Pourtant, lors de la conférence de presse tenue le 26 novembre et relative à lorganisation de lAssemblée permanente des chambres consulaires africaines et francophones (Apccaf), le président de la Ccim, Jeamille Bittar, avait mis en avant le renforcement du dialogue entre opérateurs économiques comme condition indispensable à la vitalité du secteur privé. Cette profession de foi est malheureusement contredite par la réalité au Mali. Ce nest plus un secret, la Ccim fonce droit vers un blocage des activités, lequel interpelle fortement les autorités.
Jeamille Bittar, au terme dun contentieux électoral qui aura une place de choix dans les annales judiciaires maliennes, demeure président de linstitution en application de larticle 25 du décret n° 98-228/P-RM du 6 juillet 1998, stipulant : « Lorsquune contestation nest plus possible et que les résultats des élections sont devenus définitifs, la nouvelle Assemblée consulaire est installée dans les 15 jours qui suivent ». Or, on se souvient que les élections qui ont permis le renouvellement du mandat de Bittar ont été marquées par des fraudes massives. Lhistoire retiendra que pour la première fois dans une élection au Mali, les votes par procuration ont été plus nombreux que les votes physiques. Au point damener le camp adverse mené par Ousmane Guittèye, tout en restant légaliste, à suspendre toute participation à la vie de la Ccim tant que linstitution est présidée par Bittar.
En clair, toute légitimité étant contestée à Jeamille, la Ccim est comme amputée de la moitié de ses membres et ne peut donc fonctionner quappuyée sur une béquille. La voie est même ouverte pour lenlisement de la situation qui, de crise, sachemine vers la négation de la politique même que le président Amadou Toumani Touré a conçue pour le secteur privé national. Car le Pdes dAtt, qui vise un avenir meilleur à lhorizon 2012 grâce à la valorisation de tous nos atouts, sappuie justement sur le secteur privé national crédité dun rôle important à jouer dans latteinte dun taux de croissance dau moins 7% par an pendant les cinq années à venir. Le chef de lEtat disait en effet dans son discours à la nation à loccasion du 22 Septembre : « Le secteur privé sera le vecteur essentiel de cette croissance. LEtat prendra les mesures pouvant contribuer à une plus grande performance à travers, notamment, ladoption de la Loi dorientation du secteur privé». ATT est même plus précis dans la feuille de route remise au Premier ministre, dans laquelle il affirme que pour soutenir notre politique de développement agro- pastoral, il attend du gouvernement la mise en uvre dune véritable stratégie de développement du secteur privé, reposant sur une promotion volontariste et sans précédant des Petites et Moyennes Entreprises (Pme). Il sagit pour lui de créer, dans les cinq ans, les conditions favorables à lessor du secteur privé et au développement de nos capacités productives. Dans cette perspective, le gouvernement doit même commencer par définir un cadre stratégique de développement de notre secteur privé, à travers une Loi dOrientation du secteur privé (Losp). Aux yeux du chef de lEtat, le caractère transversal de la promotion du secteur privé, lanalyse et la résolution des facteurs de blocage, la mise en action de multiples et divers acteurs et intervenants sont autant de facteurs qui militent en faveur de lélaboration rapide dune telle Loi, avant la fin du premier semestre 2008. Là, Jeamille Bittar est à lantipode même du président de la République ; il est lanti- ATT. La Losp, ainsi quon le voit, est au cur des préoccupations présidentielles. Ses textes de base sinspireront de la Lpdsp (Lettre Programme de Développement du Secteur Privé) et du Pdsp (Programme de Développement du Secteur Privé), élaborés par le gouvernement précédent. Des concertations seront donc organisées avec toutes les organisations et associations dappui au secteur privé. De même que des ateliers de réflexion permettront aux représentants des entreprises, aux institutionnels, aux partenaires au développement, daborder toutes les questions relatives à lessor du secteur privé.
Cest dire combien il urge que le secteur privé national, à travers la CCIM, retrouve toute la cohésion qui la toujours caractérisé avant que Bittar ne sen empare. Dans tous les cas si le boycott des autres perdure, le Bureau de Bittar ne peut légalement diriger la Ccim en vertu de larticle 30 de la Loi ci haut citée, prévoyant trois postes de vice- présidence aux représentants des professionnels de lindustrie. Ce qui, au regard de la défection de la section industrie sous la houlette dAdama Koly Coulibaly, est pratiquement impossible à réaliser. Le même article prévoit également que les membres du bureau de la Ccim, autres que les présidents des délégations régionales, devront obligatoirement avoir le siège de leur activité professionnelle et leur résidence principale au siège de la Chambre de Commerce et dIndustrie du Mali. Ce qui nest pas non plus des plus aisés pour Bittar et ses complices. Pour ne rien arranger pour lui, larticle 35 de la même Loi impose que : « Le premier des vice- présidents, le trésorier général et le 1er trésorier adjoint ne peuvent être issus de la même section que le président de la Chambre de Commerce et dIndustrie du Mali sauf dérogation expresse du ministre de tutelle ». Handicap de la plus grosse difficulté pour Bittar.
Tout compte fait, lavenir du secteur privé national, sil doit être vraiment pris en compte par le projet présidentiel du Pdes, mérite, au delà du verdict final rendu par les juridictions, que le président ATT lui-même sy penche avant toute ébauche de la Loi dOrientation du secteur privé (Losp). Amadou NFa Diallo © Copyright L'Aube Archives |