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Marché du mouton de Tabaski : La ruée des derniers clients fait monter les prix
(Les Echos 28/12/2006)

La dernière ligne droite des préparatifs de l’Aïd el Kébir ou fête de Tabaski voit les prix du mouton grimper. Les salaires en cours de paiement dans la fonction publique ont occasionné la ruée sur le marché des petits ruminants qui a obéi à la loi de l’offre et de la demande.

L’Aïd el Kébir sera célébré par les fidèles musulmans du Mali dans deux jours. Un moment de dévotion à Dieu et à son prophète Muhammad (PSL), qui se caractérise par l’immolation d’un bélier en guise de commémoration du sacrifice d’Abraham du nom du prophète, qui a reçu de Dieu un bélier à la place de son fils qu’il avait failli égorger. Pendant des milliers d’années, cette tradition se perpétue dans la umma islamique.

Une opportunité d’affaires pour des commerçants de petits ruminants et tous ceux qui pratiquent cette activité de façon occasionnelle, mais aussi un moment de calvaire pour de nombreux chefs de famille à cause de la difficulté de se procurer son petit ruminant.

Pour Hamady Bocoum, marchand au Garbal de Lafiabougou-Koda, cette semaine constitue la dernière ligne droite pour eux et même pour les clients. Selon lui, des agents émargeant au budget de la fonction publique ont commencé à empocher leurs salaires depuis vendredi dernier. Ainsi, depuis le week-end dernier, le taux de vente est monté au niveau des garbal de la capitale.

La ruée constatée ces quelques jours sur les petits ruminants n’est pas sans conséquences sur les prix qui commencent à prendre l’ascenseur depuis une semaine. Les béliers, qui étaient cédés entre 30 000 à 40 000 F CFA sont présentement marchandés à partir de 65 000 F CFA. De quoi priver certains fidèles de moutons. Heureusement que la religion musulmane a trouvé un animal de substitution qui peut même être un poulet. Autrement dit, à chacun son sacrifice, selon ses moyens.

Le marché du mouton est relativement bien fourni par rapport aux années précédentes. Selon des commerçants, depuis deux mois, ils ont commencé à approvisionner les différents marchés à bétail de la capitale. Certains d’entre eux se promènent dans les rues de Bamako à la recherche de clients potentiels. Le même exercice de porte-à-porte continue présentement à travers les quartiers des communes du district.

Le Mali reste cependant un fournisseur en petits ruminants des pays voisins comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Cette année encore, des milliers de têtes ont pris le chemin de ces deux Etats. Le gouvernement sénégalais a même pris des dispositions pour alléger les taxes d’importation et d’autres frais de route en vue de bien approvisionner le marché national.

Un revendeur de moutons du Garbal du Sans fils nous a fait savoir que son frère aîné se trouve présentement en Côte d’Ivoire où il a conduit un camion de 30 tonnes de béliers. Selon lui, les nouvelles de son frère sont bonnes car, tout se passe bien pour lui.

Abdrahamane Dicko

© Copyright Les Echos

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