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Perspectives de croissance de l'économie mondiale 2007
: La Banque mondiale s'inquiète des pressions engendrées sur l'Afrique
par la mondialisation
(L'Indépendant 22/12/2006)
Parler de mondialisation, c'est évoquer l'emprise du capitalisme
sur l'espace économique mondial.Cette emprise ne se réduit
pas au triomphe d'un bloc d'États sur un autre, ni même à
celui d'un système économique sur ses concurrents. Elle
tend en effet à transcender la logique d'un système interétatique
à laquelle elle substitue une logique de réseaux transnationaux.
Elle consacre le retour en force d'une régulation marchande qui
tend à se diffuser à l'ensemble de la vie économique
dans un double mouvement qui va de l'international vers le national et
du monde financier vers le monde du travail. Quelles sont les racines
historiques de ce phénomène ? Quel est le rapport entre
la mondialisation et la crise ? Que peuvent faire les États face
à la toute-puissance des marchés ? Dans les perspectives
pour l'économie mondiale en 2007, la
Banque mondiale appelle les Etats à mieux gérer
la mondialisation pour ne pas succomber à ses pressions.
Selon l'édition 2007 des perspectives pour l'économie mondiale
de la
Banque mondiale, intitulée "
Gérer la
prochaine vague de mondialisation ", les pays en développement
atteindront cette année un niveau de croissance quasi record de
7 %. Et bien qu'il faille s'attendre à un ralentissement en 2007
et 2008, cette croissance restera probablement supérieure à
6 %, soit plus du double de celle des pays à revenu élevé,
laquelle devrait s'établir à 2,6 %.Considérant
l'incidence qu'aura la mondialisation sur les perspectives des 25 prochaines
années, le rapport de la
Banque trace un scénario de base qui verra l'économie
mondiale progresser de 35.000 milliards de dollars en 2005 à 72.000
milliards en 2030. "Cela n'est jamais qu'une légère accélération
de la croissance mondiale comparé aux 25 dernières années,
mais les solides performances des pays en développement en sont
plus que jamais l'élément moteur ", a tenu à souligner
Richard Newfarmer, principal auteur du rapport et conseiller économique
au Département du commerce de la
Banque. "Et s'il est vrai que les chiffres exacts finiront
sans aucun doute par être différents, les tendances sous-jacentes
sont relativement hermétiques à tous les chocs, si ce n'est
les plus sévères ou perturbateurs d'entre eux ".La
période d'expansion soutenue et généralisée
ainsi envisagée pour les pays en développement aurait un
effet significatif sur la pauvreté mondiale, comme le fait observer
François Bourguignon, économiste en chef et premier vice-président
de la Banque
mondiale pour l'économie du développement : "Le nombre de
personnes ayant moins de 1 dollar par jour pour vivre pourrait être
réduit de moitié, de 1,1 milliard actuellement à
550 millions en 2030 ", a t il déclaré à ce sujet.
"Mais certaines régions, notamment l'Afrique, courent
le risque de rester à la traîne. Et, de plus, les inégalités
de revenus pourraient s'accentuer dans bien des pays, venant ainsi s'ajouter
aux craintes actuelles concernant les inégalités entre pays".
Le commerce mondial des produits et services pourrait plus que tripler
pour représenter, en 2030, 27.000 milliards de dollars, et la part
des échanges dans l'économie mondiale passera du quart aujourd'hui
à plus du tiers - une progression qui devrait être pour moitié
environ le fait des pays en développement. Ces
pays qui, voilà une vingtaine d'années seulement, fournissaient
14 % des importations de produits manufacturés des pays riches
en assurent aujourd'hui 40 %, et en fourniront probablement plus de 65
% à l'horizon 2030.Dans le même temps, la demande des pays
en développement en matière d'importations s'impose peu
à peu comme un élément moteur de l'économie
mondiale.Mais le mouvement continu d'intégration des
marchés va, au niveau planétaire, exposer davantage l'emploi
aux pressions de la concurrence. "Avec l'expansion des échanges
et la diffusion rapide des technologies vers les pays en développement,
les employés non qualifiés du monde entier, de même
que certains travailleurs non manuels moins qualifiés, vont être
confrontés à une concurrence croissante par delà
les frontières ", a noté à cet égard Uri Dadush,
directeur du Groupe d'études des perspectives de développement
et du Département du commerce international de la
Banque mondiale. "Au lieu d'essayer de
préserver les emplois existants, les pays doivent soutenir les
travailleurs touchés par les restructurations et leur fournir de
nouvelles opportunités. Améliorer l'éducation et
assouplir encore le marché du travail constituent un élément
essentiel de la solution à long terme".Il faut s'attendre
à ce que beaucoup tirent avantage de la mondialisation : à
l'horizon 2030, la Banque
estime à 1,2 milliard le nombre d'habitants des pays en développement
- 15 % de la population du globe - qui feront partie de ce qu'elle appelle
la "classe moyenne planétaire ", contre 400 millions aujourd'hui.
Les personnes dans cette catégorie disposeront d'un
pouvoir d'achat de 4.000 à 17.000 dollars par tête et seront
à même d'effectuer des voyages à l'étranger,
d'acheter des voitures et autres biens de consommation haut de gamme,
d'atteindre un degré d'instruction de niveau international et de
contribuer de façon majeure à façonner les politiques
et les institutions dans leur propre pays et au niveau de l'économie
mondiale.
Faustin Kuediasala
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