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Situation économique au Mali: Que valent les nouvelles opportunités ?
(Nouvel Horizon 14/12/2005)

La situation économique du Mali évolue de façon mitigée et ce, en raison de la conjugaison de plusieurs facteurs : les uns positifs, les autres négatifs. Cela représente une préoccupation majeure des plus hautes autorités du pays. Les populations ne sont pas en reste de ce constat, elles qui aspirent continuellement et de façon légitime à l’amélioration de leurs conditions de vie.

D’un côté il y a les efforts indéniables des pouvoirs publics dont certains résultats sont déjà perceptibles. De l’autre ces mêmes pouvoirs publics doivent faire face aux équations imposées par les réalités de l’environnement sous-régional et international. L’objectif des autorités actuelles est la multiplication des efforts afin de donner plus de poids et de résultats aux réalisations qui posent, en fait, les jalons d’un développement socio-économique harmonieux et durable. C’est à cette seule condition qu’il sera possible d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Ce concept est aujourd’hui très prisé par les Africains et leurs partenaires au développement. Dans tous les cas, ce qu’il faudra retenir, c’est que l’atteinte de ces objectifs passe forcément par le renforcement des capacités des acteurs du développement dans un environnement fortement concurrentiel. A cela, il faut ajouter l’atteinte de résultats tangibles dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, d’où le rôle prépondérant de la mise en oeuvre du cadre de référence du travail gouvernemental, à savoir le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP). Ce canevas de travail a été tracé par les pays en développement en partenariat avec les bailleurs de fonds. Tout éloignement de ce cadre coûtera cher à nos pays, les autorités ne doutent pas de cela.

UN ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL DIFFICILE

Les populations et autorités maliennes éprouvent d’énormes difficultés depuis le début de la crise ivoirienne qui a entraîné des manques à gagner considérables pour l’économie du Mali. Ceux qui faisaient le commerce entre les deux pays ne diront pas le contraire.

En effet, en raison de l’insécurité, ils furent contraints d’envisager des solutions de rechange en s’orientant vers d’autres directions pour les plus dynamiques et les plus ambitieux. Quant aux autres, ils ont dû se reconvertir, un exercice qui ne réussit pas à tout le monde. Cette situation pèse beaucoup économiquement sur notre pays, sur son économie. C’est cela qui explique les propos du président ATT lors de la conférence de presse organisée au sortir du 23ème Sommet Afrique-France.

Le président de la République n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en levant toute équivoque sur les conséquences drastiques de la crise ivoirienne sur le Mali voisin. C’est ainsi qu’il précisera que nous n’avons pas intérêt à jeter de l’huile sur le feu comme certains tentent de le faire croire. Pour ATT, cela est bien absurde dans la mesure où cette crise nous fait perdre chaque année des milliards de nos francs. En plus de ce facteur défavorable, il y a la chute des prix mondiaux du coton et le désarroi de nos cotonculteurs qui subissent des retombées négatives des subventions des pays du Nord accordées à leurs cotonculteurs.

Difficilement on verra le bout du tunnel dans ces conditions. Il faudra infléchir cette tendance pour le plus grand bénéfice de nos cotonculteurs, de notre économie qui est en train d’en prendre un coup terrible. De là, les ministres du Commerce des pays africains producteurs de coton ainsi que les plus hautes autorités maliennes multiplient les contacts et négociations afin de ramener l’équité dans le commerce international et dans le cadre de l’OMC en particulier. C’est un combat de longue haleine dont l’issue est incertaine au regard de l’intérêt que les autorités des pays du Nord ont à accorder des subventions à leurs paysans producteurs de coton. En attendant, les règles du jeu sont faussées et cela représente un manque à gagner considérable pour le Mali.

LA MULTIPLICATION DE NOUVELLES OPPORTUNITES

Il ne fait pas de doute que les initiatives se multiplient dans le sens du développement socio-économique. Il ne doit pas en être autrement quand on sait que les attentes des populations sont nombreuses face à un Etat qui a des ressources limitées. Ces dernières années, c’est l’exploitation de l’or qui connaît un essor remarquable. Toutes choses qui suscitent à la fois de l’espoir et des inquiétudes. En effet, l’espoir naît de la multiplication des mines d’or et de l’augmentation de la quantité produite.

De l’autre côté une équation est posée et elle n’est pas tout à fait résolue, il s’agit des retombées de cette activité, ces temps-ci, très rentable pour l’Etat malien sur les conditions de vie des populations. Un autre motif d’espoir est l’intensification de la recherche pour l’exploitation du pétrole, notamment dans le septentrion malien.

A tout cela, il convient d’ajouter la réalisation des ouvrages de maîtrise de l’eau (partielle ou totale) dans plusieurs localités du pays. Ainsi, selon les données des réalisations du gouvernement pendant le troisième trimestre 2005, on note l’achèvement des travaux d’aménagement de 1490 hectares en maîtrise totale qui s’inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre du programme d’aménagement de 50.000 ha.

Moussa SOW

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