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La loi de finances 2003: l'A.N totalement convaincue
(L'Essor 31/12/2002)

Malgré la crise ivoirienne et la faible pluviométrie qui pèsent sur la conjoncture, le budget 2003 prévoit une accélération de l'économie sur l'élan des performances de l'année qui s'achève

Après une journée de vendredi agitée à l'Assemblée nationale, c'est finalement samedi que les élus ont pu examiner et voter la loi de finances pour l'exercice 2003.
La loi de finance pour l'exercice 2003 qui a été approuvée à l'unanimité fixe les recettes globales de l'État à 652,02 milliards et les dépenses à 732,523 milliards de Fcfa, soit un déficit prévisionnel de 80,497 milliards. Un trou qui sera comblé par la mobilisation des ressources intérieures et par l'aide extérieure.
Si le budget 2003 n'a été voté que dans les derniers jours de l'année 2002, c'est parce que le département des finances a été amené, après le dépôt d'un premier projet de loi, à retravailler son texte en tenant compte de plusieurs facteurs survenus après la préparation du premier texte.
La loi des finances 2003 est optimiste et table sur une accélération de l'économie en 2003 sur l'élan des performances de l'année qui s'achève. Elle prend aussi en compte la volonté du gouvernement de mettre en œuvre les mesures édictées par le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) et de l'initiative PPTE (Pays pauvres très endettés). Enfin le budget 2003 prend en charge la nouvelle configuration du gouvernement, la crise en Côte d'Ivoire et la mauvaise pluviométrie. Ce sont là les contraintes qui ont influencé les choix et les arbitrages à toutes les étapes de l'élaboration du projet de budget au plan des ressources et des charges.
Le recentrage des échanges au plan international a entraîné une baisse de l'aide publique au développement de la part des grandes puissances. Une baisse qui n'a pu être compensée par un afflux suffisant des capitaux privés. Dans de nombreux pays industriels, le chômage s'est accentué entraînant une réaction défavorable face à l'immigration, en provenance des pays en développement. Le ralentissement de l'économie américaine et la baisse de la demande qui en résulte ont causé le tassement de la croissance en Europe et au Japon. A tout cela, on peut ajouter les conséquences des attentats du 11 septembre 2001.

La croissance pourrait atteindre 9,3%. Toutefois, le ralentissement généralisé de l'économie mondiale n'a pas concerné notre continent où le taux de croissance qui était de 3% en 2000 est passé de 3,7% en 2001, et pourrait être de 3,4 % en 2002. Ainsi au sein de l'UEMOA, 2001 a été marqué par une accélération de l'activité économique et le taux de croissance de 2002 pourrait s'élever à 4,8%.
L'économie malienne qui a connu une croissance soutenue suite à la dévaluation du Fcfa de janvier 1994, a été secouée par de graves difficultés en 2001 (forte inflation et boycott de la culture du coton par les paysans). 2002 devrait marquer la reprise économique et la croissance pourrait atteindre 9,3% avec la fin du boycott des producteurs de coton.
Le budget 2003 est centré sur la mise en œuvre du CSLP qui a pour objectif de réaliser un taux moyen de croissance du PIB de 6,7% entre 2002 et 2006 pour ramener le taux de pauvreté à 47,5% en 2006. Pour cela, il faut obtenir une baisse de l'incidence et de la profondeur de la pauvreté monétaire, une réduction des inégalités entre régions, entre milieu rural et urbain, une baisse du taux de mortalité infantile et maternelle et une augmentation du taux de scolarisation et d'alphabétisation avec une réduction des inégalités entre garçons et filles.
Le Mali a déjà reçu dans le cadre du PPTE, 55 milliards de Fcfa.
Les spécialistes prévoyaient pour 2003 des perspectives plutôt favorables, malgré une certaine tension sur les prix, le relèvement des prix du pétrole et un certain fléchissement des cours du coton.
Mais deux semaines après l'adoption du projet de loi de finances 2003 par le gouvernement, une crise politico-militaire éclatait en Côte d'Ivoire, par où passe l'essentiel de nos importations et exportations. Une mauvaise nouvelle qui survenait dans un contexte de faible pluviométrie et de maigres récoltes puisque le déficit de céréales sèches s'élèvera à 309.000 tonnes.
La crise ivoirienne ralentira la croissance du PIB qui n'augmentera que de 4,5% en terme nominal. Le montant global des ressources est ainsi ramené à 652,026 milliards de cfa contre 677,216 milliards dans le projet de loi initial.

Les services de recouvrement enregistrent un accroissement de 14,93%. Les ressources du projet de loi de finances 2003 connaissent pourtant une augmentation de 11,38% par rapport à celles de la loi de finances rectifiée 2002 qui étaient de 585,429 milliards. Les variations se chiffrent à plus de 26,86% pour les impôts directs, plus 11,47% pour les impôts indirects, plus 25,52% pour les droits de douanes, plus 7,35% pour les recettes domaniales, plus 10,95% pour les recettes diverses, plus 9,88% pour les recettes sur exercices antérieurs, moins 13,33% pour les budgets régionaux, plus 41,33 pour les budgets annexes, comptes et fonds spéciaux, et plus 5,14% pour le budget spécial d'investissement.
L'étude des prévisions de recette par services de recouvrement par rapport à la loi de finances rectifiée 2002 fait aussi ressortir des variations. Ainsi les services de recouvrement enregistrent un accroissement de 14,93% par rapport aux prévisions de 2002.
Pour les charges, les ajustements nécessités par le contexte national et sous-régional ont porté sur les charges communes, en préservant les dotations des départements ministériels et les institutions de la République. Les dépenses globales de l'État ont été ramenées de 754,385 milliards de Fcfa dans le projet de loi initial 2003 à 732,523 milliards dans le projet de budget ajusté pour l'exercice 2003. Comparé au projet de loi de finance rectifié de 2002, le projet de finances ajusté de 2003 enregistre une hausse de 7,83%.
On constate, des hausses significatives au niveau de la liquidation de passif régulier et pertes en change (plus 297,4%), restructuration d'entreprises publiques (plus 100%), budget annexes (plus 41,35%), dépenses énergie et communication (plus 12,38%), principal et intérêt de la dette (plus 14,31%).
On peut constater que par rapport à la loi de finances rectifiée de 2002, les dépenses ont connu une progression généralisée, sauf en ce qui concerne les dépenses pour transfert et subvention qui baissent de 15,55%. Les dépenses électorales baissent également car seules des communales partielles sont prévues pour 2003 contre une présidentielle et des législatives en 2002. Les dépenses de personnel prévues pour 101,029 milliards, ont été ramenées à 100,029 milliards pour tenir compte du contrôle physique projeté par le ministre de la Fonction publique et de l'Emploi.
La répartition du budget entre les différents secteurs d'intervention est conforme aux objectifs du CSLP. Tous les secteurs sociaux (santé, éducation, services sociaux...) connaissent des hausses, tandis que les autres secteurs se caractérisent par une tendance à la baisse.
Pour le ministre Bassari Touré, ce projet de budget se caractérise par la vérité, la sincérité et la crédibilité des chiffres comme pour la loi de finances rectificative 2002.
Après avoir écouté les différentes commissions de l'Assemblée qui ont détaillé les budgets des départements ministériels, les élus se sont prononcés à l'unanimité en faveur du texte. Mais auparavant, un amendement proposé par la commission des finances a été adopté.

A. LAM

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