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Assemblée nationale: budget 2002
(L'Essor 26/12/2002)

Le gouvernement refait ses comptes pour coller à l'évolution de la conjoncture. Les députés le suivent.
Les députés sont entrés mardi dans le vif du sujet de leur session extraordinaire ouverte samedi dernier en examinant la loi des finances rectificative de l'exercice 2002.
L'année qui s'achève est celle des grands dossiers qui auront nécessité des dépenses beaucoup plus importantes que l'année d'auparavant.

La prise en compte des recettes et des dépenses du deuxième semestre nécessitait donc une modification du budget initial.
Après une croissance soutenue de 1994 à 2000, un certain ralentissement en 2001, les finances publiques sont reparties de l'avant en 2002. L'application de la nouvelle fiscalité sur les produits pétroliers soutenue par le développement de l'activité minière a permis une nette amélioration des finances durant une bonne partie de l'année en cours. Les recettes totales sont passées de 269,9 milliards à 320,1 milliards en 2002. On peut ainsi espérer pour cette année une croissance réelle de 9,3 % du PIB, tandis que le taux d'inflation pourrait plafonner à 3,2 % contre 6,5 % en 2001.
La croissance économique de 9,3 % contre des prévisions de l'ordre de 7 % et les perspectives pour le second semestre ont conduit à une modification des prévisions budgétaires pour l'année 2002, tant au niveau des recettes qu'à celui des dépenses.

Rendre plus conformes à la réalité les prévisions initiales. Le gouvernement ne pouvant engager de nouvelles mesures qu'après l'adoption d'une loi de finances rectificative, le présent projet de loi portant modification de la loi n°01-112 du 21 décembre 2001 portant loi de finances pour l'exercice 2002 a été soumis à l'examen des élus de la nation. Ce collectif budgétaire offre donc l'opportunité de corriger et rendre plus conformes à la réalité les prévisions initiales de recettes et de dépenses en fonction de nouvelles conditions et circonstances apparues dans l'environnement national et international.
Le budget d'État est désormais fixé pour ce qui est des recouvrements à 585,429 milliards de Fcfa contre 569,563 milliards de Fcfa dans la loi de finances initiale, soit une augmentation de 2,7 % liée à l'accroissement de certaines recettes du budget national.
Le budget national lui, passe de 345,640 milliards dans le budget initial à 363,506 milliards de Fcfa dans le collectif budgétaire, soit une hausse de 5,17 %.
Les impôts directs connaissent des variations avec des écarts importants aussi bien à la hausse qu'à la baisse. Dans le même temps, le total des impôts indirects connaît une hausse de 9,615 milliards (4,85 %). Les droits de douanes passent à 46,478 milliards de Fcfa dans le budget rectifié contre 39,039 milliards de Fcfa dans le budget initial (d'où une hausse de 7,439 milliards ou de 19,08 %).
Les budgets régionaux ne changent pas et se maintiennent à 269.944.000 Fcfa. Le budget spécial d'investissement n'enregistre qu'un changement portant sur une réduction de la part du financement intérieur qui passe de 12 milliards en 2001 à 10 milliards en 2002 alors que la part du financement extérieur passait de 199,909 milliards en 2001 à 218,261 milliards dans le budget rectifié.
A l'analyse du budget rectifié, on peut constater une baisse de 3,186 milliards des impôts directs, une hausse de 9,615 milliards des impôts indirects, une augmentation des recettes des douanes de l'ordre de 7,349 milliards. On peut aussi remarquer une faible variation des recettes diverses (8,32 milliards dans le budget initial et 8,723 milliard dans le collectif budgétaire). Les recettes sur les exercices extérieures varient de 9,379 milliards dans le budget initial à 9,981 milliards dans le budget rectifié.

Prendre en compte les nouvelles grilles salariales. Les charges aussi évoluent dans presque tous les domaines. Les dépenses de personnel passent de 87,14 milliards à 89,54 milliards, pour prendre en compte les nouvelles grilles salariales des cadres et agents de l'État, les primes et indemnités de fonctionnaires et pour faire face aux charges de recrutement.
Augmentent aussi les dépenses liées aux déplacements à cause, en partie, des déboires de la multinationale Air Afrique. Ainsi les transports et subventions passent de 46,64 milliard à 62,54 milliards, soit une hausse de 15,9 milliards. Le report de crédit sur les subventions de la filière coton de l'exercice 2001 sur 2002 se chiffre à 10 milliards et 0,2 milliard au titre de 2002, soit un total de 10,2 milliards.
Le remboursement de crédit TVA aux compagnies minières passe de 6,491 milliards à 15,691 milliards. Les grosses de justice croissent aussi de 1,137 milliard.
Les dépenses électorales, estimées à 7 milliards, s'élèvent à 11,599 milliards (une hausse de 4,539 milliards). Les dépenses liées au remboursement de la dette (principal et intérêt) qui devaient être de 90,16 milliards dans le budget initial ont été de 97,288 milliards.
Quant aux dépenses des ministères, elles passent de 439,321 milliards dans le budget initial à 434,833 milliards dans le budget rectifié (une baisse de 1,02 % ou 4,488 milliards). Le budget global des EPA baisse de 23,85 %. Le total général des budgets régionaux connaît une hausse de 173 millions.
Aucune mesure nouvelle n'est inscrite au niveau des budgets annexes et comptes spéciaux.
Occupant le banc du gouvernement à l'occasion de l'examen de ce projet de loi, le ministre de l'Économie et des Finances, Bassari Touré, a estimé que le collectif budgétaire était nécessaire pour la transparence, la sincérité et la crédibilité des comptes. Il permet aux pouvoirs publics de coller à la réalité, de prendre en compte les charges intervenues à l'occasion de l'arrivée de nouvelles autorités, la création de nouveaux ministères et de nouveaux services.
Le véritable débat lors de ce vote s'est instauré autour d'un point relatif aux dépenses liées au référendum avorté de décembre dernier et qui s'élèvent à 1,4 milliard. Certains élus dont le député de la Commune VI, Demba Traoré, ont souhaité savoir plus sur les raisons d'un tel débours pour une opération qui n'a pas eu lieu.
Le ministre de l'Économie et des Finances qui a fourni des éléments de réponses, a promis de mieux en informer le parlement qui a tout loisir de diligenter une enquête parlementaire pour se faire une religion sur la question.
Mahamane Santara qui demandait aux "jeunes députés" de faire doucement a réveillé la polémique contraignant le président de l'Assemblée nationale, Ibrahim Boubacar Kéïta, après lecture de certains articles sur la police des débats, a mettre fin aux échanges pour passer le texte aux voix. C'est à l'unanimité des 127 députés votants que le collectif budgétaire a été adopté.
Auparavant, c'est aussi à l'unanimité que les amendements proposés par la Commission des finances, de l'économie et du plan ont été adoptés.
La séance s'est terminée par la lecture de certaines communications aux députés dont une invitation adressée au parlement par les autorités du Royaume d'Arabie saoudite.

A. LAM

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