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Innovation technologique: Zeïnaba Koné invente
un aliment bétail
(L'Essor 27/11/2007)
A base de coques d'arachide, son produit a remporté le prix de
la meilleure invention au dernier Salon national d'innovations et d'inventions
technologiques
Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des
années, disait l'autre. Âgée de 16 ans, elle s'appelle
Zeïnaba Koné. Pensionnaire du lycée Niampréré
Ballo de Baco-djicoroni (section langues et littérature, 11è
LL), l'allure nonchalante, mais le ton ferme, l'adolescente cache bien
sa timidité par des sourires. Apparemment, rien ne prédisposait
la jeune Zeïnaba Koné à ce qui lui est arrivé
: le titre du meilleur jeune inventeur, au dernier Salon national d'innovations
et d'inventions technologiques, organisé par le Centre malien pour
la promotion de l'industrie (CMAPI). L'invention de Zeïnaba est un
aliment pour bétail. La valeur du prix remporté par son
invention se chiffre à 250 000 Fcfa. En prime, elle a reçu
une médaille en or et un diplôme.
La jeune douée en nutrition animale, raconte qu'elle a été
inspirée par un constat anodin. Un jour, assise dans la cour de
la maison paternelle, elle a observé pendant un long moment les
deux moutons élevés par sa famille, en train de manger avec
appétit les coques d'arachide qui traînaient. Dans la rue,
elle fut frappée par le même constat.
Du coup, l'idée lui est venue d'agrémenter cette matière
en la rendant plus nourrissante pour le petit bétail. Ainsi, à
partir de l'eau, du sel gême, du son de mil, des oeufs et des coques
d'arachide, elle a mis au point un aliment pour bétail. Le procédé
est simple. L'ensemble est soigneusement mélangé dans un
récipient. La patte obtenue est ensuite placée en petite
quantité dans les coques d'arachide. Les noix d'arachide auxquelles
ressemble le produit, a été expérimenté pour
la première fois, dans la famille même de l'inventeur il
y a deux ans. "J'avais deux moutons que j'ai alimenté pendant
deux mois avec cet aliment", affirme Zeïnaba. Après cette
courte période, elle a présenté son expérience
à certains voisins. Le constat était patent. Les bêtes
ont visiblement pris du poids. Pétrie de confiance après
cette découverte, la collégienne décide alors d'en
faire une activité secondaire après ses cours. Pour combler
mes temps libres et les périodes de vacances, je m'occupe de ma
petite entreprise, lance-t-elle avec un large sourire.
Une unité de production. Malgré ce travail méticuleux
qui demande beaucoup de patience, Zeïnaba ne s'est pas découragée.
Pour obtenir un produit de bonne qualité, il faut que les coques
d'arachide soient solides pour bien renfermer la patte. Dès lors,
un travail de trie s'impose. On doit choisir des coques saines, c'est-à-dire
sans cassure et des pairs, explique-t-elle. L'entreprise est d'autant
plus laborieuse qu'il faut quatre heures d'horloge pour produire un kilogramme
d'aliment.
On comprend pourquoi, il a fallu une année de dure labeur à
l'inventrice pour présenter un produit fiable. "La participation
au Salon national des innovations et inventions technologiques est une
démarche de mon grand frère Cheick Oumar Koné. Lui
aussi est un inventeur", confie Zeïnaba qui a vu son talent
révélé par l'originalité de son oeuvre. La
disponibilité de la matière première et la simplicité
du procédé font de son invention, une valeur capitalisante.
Bien que le produit ne soit pas encore soumis à un contrôle
scientifique pour confirmer son aptitude à la consommation et son
éventuelle mise sur le marché, sa qualité nutritive
est appréciable, dit l'inventrice. Des échantillons sont
en essai, affirme-t-elle.
La jeune inventrice a l'ambition de créer une entreprise familiale
à partir de ce produit. "Je veux voir mon projet pousser des
l'ailes et devenir une grande unité industrielle un jour, souhaite-t-elle.
Car je veux apporter ma pierre à l'édifice de développement
de mon pays par la promotion de l'agro-industrie."
Pour ce faire, la jeune talent projette de mettre au point une machine
qui facilitera la mise en coque de la patte, afin d'accélérer
la production. Car on ne peut pas envisager une production à grande
échelle avec cette méthode artisanale, reconnaît celle
qui compte au préalable breveter son invention.
Entre l'idée et la matérialisation de l'idée, il
y a un grand pas à franchir. En effet, il faut d'abord croire en
la réalisation des projets. L'objectif du Salon est de promouvoir
cette action en stimulant effectivement les talents nationaux, confient
les organisateurs. Malgré les nombreuses découvertes mises
à la disposition du monde industriel, les résultats pourrissent
toujours dans les tiroirs.
Le manque de financement du secteur de la recherche et la démotivation
des acteurs rendent la tâche difficile aux promoteurs. Or il est
évident que le développement de tout pays dépend
de sa capacité d'innovation et d'invention pour valoriser ses ressources.
C. A. DIA
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