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Industrialisation: LAfrique doit valoriser ses
atouts
(L'Essor 28/11/2007)
Notre continent dispose dimmenses ressources naturelles encore
inexploitées et dont la mise en uvre requiert peu dinvestissements.
A l'instar des autres pays africains, le Mali a célébré
la semaine dernière, la Journée de l'industrialisation de
l'Afrique. A cette occasion, le directeur national de l'industrie, Adama
Konaté a présenté à lhôtel Kempinski
une communication sur le thème : "L'Afrique peut-elle s'industrialiser"
? Le conférencier a longuement expliqué limportance
de lindustrialisation et de ses avantages, les difficultés
qui handicapent le développement industriel de notre continent
avant de proposer des solutions.
Le développement économique dun pays, soulignera-t-il,
est aujourdhui tributaire du dynamisme de son secteur industriel
qui a des effets induits sur léconomie à travers la
contribution au budget national et la promotion des secteurs sociaux (éducation,
santé). Dans ce processus, lindustrialisation et particulièrement
lindustrie manufacturière, joue un rôle capital dans
le développement des nations. Les pays industrialisés sont
caractérisés par une croissance économique plus grande.
Ce qui permet de créer plus d'emplois. Lindustrialisation
dans ce cas est un élément de transformation socio-économique,
technologique et financière. Actuellement les produits manufacturés
ne représentent que 19% du total des exportations des pays africains
tandis que les importations darticles manufacturés représentent
70% du total.
Au lendemain des indépendances, rappellera-t-il, les pays africains
ont adopté diverses politiques de développement industriel.
Mais la plupart dentre eux se sont retrouvés sous programme
dajustement structurel à partir des années 80 en raison
des difficultés économiques. Les économies africaines
souffrent d'un manque de compétitivité. Surtout pour les
États enclavés où les coûts de production handicapent
les filières locales face à la concurrence internationale,
fera remarquer Adama Konaté.
Activité commerciale dominante. Par ailleurs, les infrastructures
de base (routes, télécommunications, énergie) sont
faibles, les opportunités offertes par les marchés des pays
industrialisés ne sont pas exploitées, la main d'oeuvre
n'est pas suffisamment qualifiée. D'une manière générale,
lindustrie africaine n'est pas performante, conclura-t-il. A cela
il faut ajouter que dans certains pays comme le Mali, de nombreux opérateurs
s'adonnent plutôt à des activités commerciales, immédiatement
rentables mais créant moins de valeur ajoutée. Les Africains
continuent à exporter des matières premières qui
pourraient être valorisées sur place.
Malgré toutes les difficultés auxquelles elle est confrontée,
lAfrique peut sindustrialiser, estime Adama Konaté
qui explique que notre continent dispose de deux atouts : la rentabilité
et les potentialités qui peuvent aider à transformer nos
avantages comparatifs en avantages de compétitivité. Notre
continent doit transformer ses produits. Par exemple, les articles manufacturés
en coton devraient se substituer progressivement aux fibres de coton vendues
actuellement sur le marché extérieur. LONUDI conforte
cette hypothèse à travers ses données. La rentabilité
des investissements, selon cette institution des Nations-unies, est aujourd'hui
plus élevée en Afrique que dans toute autre région
du monde. Notre continent dispose aussi dimmenses ressources naturelles
encore inexploitées et dont la mise en uvre requiert moins
dinvestissements que dans les autres régions. Doù
lintérêt dattirer les investissements directs
étrangers et impliquer davantage d'opérateurs publics et
privés.
Au Mali, malgré le dispositif législatif et réglementaire
mis en place, le taux de réalisation des projets agréés
au Code des investissements reste bas surtout pour le secteur manufacturier.
Lindustrialisation ne se décrète pas, soulignera le
conférencier en ajoutant qu'elle se construit progressivement et
nécessite une approche globale. Doù ladoption
de politique dindustrialisation sur le plan national et sous-régional.
A lheure où nous sommes, le processus dindustrialisation
suppose, selon lui, la mise en uvre dun ensemble de mesures
permettant de sattaquer aux faiblesses dans plusieurs domaines simultanément.
Il sagit de la réunion de certaines conditions comme la stabilité
politique, lexistence dun marché large, la présence
de partenaires fiables au plan local, une main duvre qualifiée,
la proximité des acheteurs, de bonnes infrastructures de base,
laccès facile au marché financier, la simplification
des formalités administratives, etc. Il s'agit aussi de mobiliser
lépargne, de découvrir et créer de nouvelles
ressources nationales. Doù le rôle particulier du secteur
privé sans oublier que les actions du secteur privé doivent
être soutenues par la création dinfrastructures de
base adéquates. Car sans infrastructures, pas dindustrie
viable. Par ailleurs, en labsence de ressources publiques conséquentes,
lAfrique doit sinspirer de lexpérience dautres
pays en matière de mobilisation de ressources notamment par le
système Construction-Exploitation-Transfert de propriété".
Pour le directeur national de lindustrie, le Mali doit particulièrement
mettre l'accent sur la maîtrise énergétique (base
de tout développement économique), la construction de routes
pour favoriser et sécuriser les échanges avec les pays limitrophes.
Dans certains domaines des progrès significatifs ont été
réalisés mais pour dautres, beaucoup reste à
faire.
Le Programme de développement économique et social (PDES)
met laccent, entre autres, sur le développement des infrastructures
dans loptique de réduire le coût des facteurs et améliorer
la compétitivité du secteur privé.
F. MAIGA
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