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Rapport de la Banque mondiale sur l'Afrique : une croissance
inégale et volatile
(L'Essor 21/11/2007)
Au Mali le taux de progression de l'économie a atteint 5,8 %.
L'économie de nombreux pays africains a pris un nouveau tournant
en s'orientant progressivement vers une croissance plus rapide et plus
soutenue, condition nécessaire pour réduire la pauvreté.
C'est le constat dressé par la Banque mondiale dans son analyse
sur les indicateurs 2007 du développement en Afrique.
L'institution de Breton-Woods a produit un document de 166 pages qui a
été présenté lundi dernier par Jorge Arbache,
économiste aux représentants des départements ministériels
et de certains partenaires au développement. C'était à
l'hôtel Kempinsky.
Selon le document, notre pays a enregistré une croissance de 5,8
%. Ce taux de croissance, jugé positif par les experts de la Banque
mondiale, n'est cependant pas suffisant pour atteindre les objectifs de
l'éradication de la pauvreté. La Banque souligne dans le
même document que la gestion macro-économique s'est nettement
améliorée dans notre pays. Ceci est le résultat des
réformes mises en oeuvre et de la bonne gouvernance.
Au cours de la dernière décennie, l'Afrique a enregistré
un taux de croissance moyen de 5,4 %, une évolution qui suit la
tendance observée dans le reste du monde. Mais il faut savoir que
cette performance varie considérablement d'un pays à un
autre, allant de -2,2 % au Zimbabwe à 30,8 % en Guinée Équatoriale.
Seulement 9 pays africains avoisinent ou dépassent le seuil de
7 % nécessaire à la réduction durable de la pauvreté.
Selon Jorge Arbache, les pays africains se classent dans trois catégories.
Le premier groupe de 7 pays comprend les 7 principales économies
exportatrices de pétrole de la région qui abritent 27,7
% de la population africaine. Le deuxième groupe de 18 pays (35,6
% de la population de la région) présente une croissance
de 4 %. Le troisième groupe composé de 17 pays avec 36,7
% de la population n'a même pas atteint 4 %. La situation dans cette
dernière catégorie de pays est caractérisée
par la pauvreté des ressources naturelles ou les conflits armés.
Dans ces pays, constate le document sur les indicateurs 2007 de développement
en Afrique, les politiques se sont cependant améliorées
grâce à des économies ouvertes aux échanges
extérieurs et aux investisseurs privés et surtout aux réformes
engagées pendant la dernière décennie. Cette amélioration
des fondamentaux économiques a permis de stimuler la croissance,
mais également d'éviter l'effondrement de la croissance.
Mais la croissance en Afrique est plus instable que sur les autres continents.
"Cette instabilité décourage les investissements. C'est
dire que le tableau n'est pas rose partout. Globalement, l'étude
montre que plus de 40 % des Africains subsahariens vivent toujours avec
moins de 1 dollar (environ 500 Fcfa) par jour", a souligné
Jorge Arbache. C'est pourquoi le rapport relève qu'il faudrait
une forte croissance sur tout le continent pour atteindre les Objectifs
du millénaire pour le développement (OMD).
L'analyse du rapport de cette année exploite les modèles
de croissance en Afrique subsaharienne pendant les 30 dernières
années. Elle révèle que la croissance est volatile,
freinant les perpectives et les investissements.
Le document sur les indicateurs 2007 de développement en Afrique
est le plus récent rapport annuel de la Banque mondiale sur les
conditions sociales et économiques de tout le continent. Il couvre
plus de 1000 indicateurs sur l'économie, le développement
humain, le secteur privé, la gouvernance. C'est donc là
une incomparable mine d'informations.
A. M. CISSÉ
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