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Consommation - LEtat ôte le pain de la bouche
des Maliens Le pain est devenu ces derniers temps laliment de base des Maliens. Il supplante de nos jours les céréales comme le riz et le mil du fait du changement des habitudes alimentaires dans notre pays. Toute question la concernant doit être prise avec le plus grand sérieux. Or, dans le Mali dATT, qui se dit prêt à tout pour satisfaire la demande sociale, on na, en réalité, cure des intérêts du peuple. Celui-ci, pauvre comme Job, subit toutes sortes de caprices.
Les trois syndicats de boulangers de notre pays : Syndicat national des boulangers, Syndicat patronal des boulangers et lAlliance des boulangers du Mali ont décidé de laugmentation du prix du pain. La baguette est passée de 125 à 150 F CFA et le gros pain de 250 à 300 F CFA depuis le mardi 13 novembre 2007 à minuit. Les consommateurs pantois ont constaté cette hausse hier matin dans les kiosques de boulangeries et boutiques de quartiers. Cest à prendre ou à laisser. Conséquence : beaucoup de Bamakois sont restés sur leur faim. Certaines revendeuses de brochettes ont renoncé au pain.
Cette augmentation en rajoute à la souffrance du peuple qui nétait pas moralement et financièrement préparé et qui fait face déjà à la flambée des prix du lait, du sucre, de la viande, de lhuile et dautres denrées de première nécessité. Le gouvernement a montré ses limités à apporter des solutions aux problèmes concrets du peuple. Aucun débat ou rencontre publique na été organisé pour que le maximum de gens soient informés sur le pain.
Au mois daoût 2007, le ministère de lIndustrie et du Commerce, dirigé à lépoque par Choguel Kokala Maïga, avait accepté en lieu et place de laugmentation du prix du pain la diminution de poids. La flambée vertigineuse du blé sur le plan international et qui est lélément de base de la farine pour fabriquer le pain, a servi dalibi au Cadre de concertation de la filière pain (CCFP) pour réajuster les prix à la hausse. Il y a dailleurs une double augmentation. Non seulement les poids ont baissé drastiquement, les prix aussi ont pris aussi lascenseur.
Le gouvernement qui assiste impuissant à la scène, na daigné jusque-là, se prononcer officiellement sur la question. Les négociations entamées à son niveau avec les professionnels du secteur se sont soldées par un échec même si le dialogue reste ouvert entre les deux parties.
Les boulangers demandent à lEtat des mesures daccompagnement pour stabiliser les prix et sauver leur domaine dactivité, qui selon eux, se meurt à petit feu. Abdrahamane Dicko © Copyright Les Echos Archives |