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Le nouveau code minier: Un flop magistral Selon le rapport denquête de la FIDH, la redistribution de la rente aurifère est faussée davance. Elle est, selon lui, fixée par un code minier, largement, favorable aux multinationales. Le premier code minier date des années 70. Lavant -dernier, élaboré en 1991, marque un tournant. Rédigé, sous la pression de la Banque Mondiale, il est non seulement libéral. Mais aussi, prévoit une « redéfinition du rôle et des fonctions de lEtat, dans le but de créer un environnement propice à linvestissement, à un libre jeu des forces de marché ». En clair, il reste profitable aux multinationales et défavorable à lEtat malien, qui doit se contenter de la portion congrue. Aussi, ce code transforme lEtat malien, qui passe du statut de propriétaire de lor, au statut de simple percepteur de droits et taxes sur la rente aurifère. En lieu et place dactionnaire majoritaire au sein des multinationales puisque le sol lui appartient, jusquà preuve du contraire ! -, lEtat malien, relégué au rang dactionnaire minoritaire, doit désormais se contenter du peu. Cest à dire, les recettes fiscales (taxes directes et indirectes de sa participation minoritaire, dans le capital des mines (20 % au maximum à Morila, Yatela, Sadiola et 18 % à Loulo). Sur le front fiscal, lEtat malien constitue un filon pour les multinationales. Les cinq premières années dactivités sur le sol malien, les sociétés minières sont exemptes dimpôts, de TVA, de TPS (taxes sur les prestations de services). Lobjectif visé, au départ, était dinciter les multinationales à réaliser des investissements importants, dès les premières années de leurs activités, au Mali. Mais très vite, cette idée a tourné au désastre. Non seulement, les sociétés minières se gardent dinvestir dans notre pays. Mais, le transfert des bénéfices à lextérieur ne permet pas dirriguer le système bancaire malien. Sur le plan de lEtat actionnaire, la situation est, pour le moins, confuse. Un code minier schizophrène Parce quil devient régulateur et Régulé, en même temps. Dun côté, lintérêt de lEtat est de maximiser les profits, donc de minorer les recettes fiscales. En lui assignant ces deux rôles, le nouveau code minier brouille les cartes de la politique minière du Mali. Et contraint le gouvernement à des « grands écarts », qui neutralisent sa capacité à défendre les intérêts du peuple malien. Cette dualité a été dénoncée, dans un rapport, par la Direction Nationale de la géologie et des Mines. « La commission constate que le contrôle effectué sur les sociétés par ces structures (les Ministères) a toujours été fait dans le cadre de lEtat partenaire, au détriment de lEtat, puissance publique. La commission constate que lesprit élevé de ce partenariat a même poussé lEtat à intervenir dans les conflits sociaux, entre les sociétés dexploitation minières et leurs employés. Ceci a conduit les administrateurs à jouer un rôle actif dans lexécution des activités de la société. Au lieu de satteler à la résolution des problèmes quotidiens, ils devraient, plutôt, donner des orientations sur les intérêts à long terme du pays : politique demploi, dinvestissement immobilier, socio économique, de développement durable », déplore ce rapport. Mais, contre toute attente, le code minier de 1991 subit sa première
révision. Non seulement, il réduit la franchise fiscale
de cinq à trois ans ; mais aussi, annule les taxes sur les surprofits,
réalisés chaque année par les multinationales. Surtout,
ces dernières années où, les Cours de lor,
sur les marchés mondiaux, sont sans cesse en hausse. Et Ahmed Diane
Semega, ex Ministre des Mines, de lEnergie et de lEau
de confesser à la mission denquête de la FIDH : «
Le gouvernement na pas les moyens de revenir en arrière et
de remettre en cause ses anciennes décisions », a t il
avoué. Avant dajouter, un peu gêné : «
Même les nouvelles mines ont bénéficié de petits
arrangements règlementaires. La mine de Loulo, ouverte officiellement
en novembre 2005, bénéficiera dune exemption de fiscalité
sur les bénéfices de cinq ans ». Renégocier les contrats avec les multinationales Les retombées de lor malien, sur léconomie nationale, sont perçues en termes de taxes, dimpôts, de salaires de travailleurs des mines etc Or, dans le même temps, les multinationales bénéficient en plus de la gestion de nos ressources minières dexonérations sur les hydrocarbures. Ce qui coûte, à la Douane, une perte de recettes estimée à, environ, 40 milliards CFA par an. Mais aussi, dexemptions dimpôts et de taxes, pouvant sétendre, parfois, sur une période de cinq, voire huit ans. Pourtant, estime le rapport denquête de la FIDH, lor malien est le moins cher dAfrique, pour concéder dautres avantages aux multinationales. Moins cher, parce que les mines dor du Mali sont à ciel ouvert, donc faciles à travailler. Moins cher, parce que les salaires des travailleurs sont bas. Trop bas. Autant de facteurs, qui rendent les mines dor du Mali compétitives. Les comptes mondiaux dAnglogold Ashanti, exploitant les mines de Sadiola et de Morila le prouvent : les cash cost de lor au Mali sélèvent à 220 dollars, lonce. A ce prix, le métal jaune du Mali est moins cher, de 80 dollars, que celui de la Tanzanie ou de la Guinée. Il est moins cher de 100 dollars que celui de la Namibie et de 110 dollars, moins cher, que lor du Ghana voisin. Le Mali, un filon pour les multinationales Bref, les coûts de lor malien sont les plus bas dAfrique. Mieux, avec la mine de Morila, notre pays dispose de la mine la plus compétitive du continent Africain. Avec un cours de lor en hausse et des coûts de production réputés faibles, les bénéficies réalisés, par les multinationales avec lor malien, ne cessent de croître. En 2003, lonce dor malien coûtait 108 dollars sur le marché mondial ; en 2004, elle est passée à 230 dollars. Et, en 2005, 245 dollars ; Or, extraire une tonne de minerai, à Morila, ne coûte aux multinationales que 1,27 dollar. En 2007, lonce dor du Mali coûte plus de 320 dollars sur les marchés mondiaux, contre un coût de production estimé à 95 dollars, lonce. Entre ces deux chiffres, la marge bénéficiaire, réalisée par les multinationales est immense. Mais ses retombées, sur les conditions de vie des populations, se font attendre. Elles sont, depuis une quinzaine dannées, insignifiantes, voire nulles. Doù la nécessité, pour notre pays, de renégocier les contrats dexploitation de nos mines avec les multinationales. Comme la fait le Niger voisin avec le groupe français AREVA. Cette multinationale achète le Kilos duranium, avec lEtat nigérien, à 24.000 CFA pour le revendre, à 125.000 CFA, sur les marchés mondiaux Le gouvernement malien ne peut échouer là où, son homologue nigérien a réussi. Cest une question de volonté politique. Une question de volonté, tout court. © Copyright Canard Déchainé Archives |
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