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Commercialisation du beurre de karité: L'Union"Siyiriwa"
s'investit
(L'Essor 14/11/2007)
Les femmes de l'Union "Siyiriwa" de Dioïla ont participé
à la troisième édition de la Semaine commerciale
(SECO-2007) tenue à Gao au début du mois. De retour de la
cité des Askia, elles dressent un bon bilan de la manifestation
commerciale.
Selon Mme Mariko Kadidia Sangaré et Mme Kadidia Diakité
qui se sont prêtées à nos questions, tout comme les
précédentes participations, cette année encore, les
femmes de l'Union ont fait de bonnes affaires. Elles ont écoulé
sur le marché de Gao 450 kg de beurre de karité, pour 481.500
Fcfa et 400 morceaux de savon pour 29.550 Fcfa. Au total, elles ont fait
un chiffre d'affaire de 511.050 Fcfa. Le chiffre paraît dérisoire
pour certains, mais c'est déjà beaucoup pour accroître
le revenu des femmes. L'enveloppe a été répartie
entre les participantes suivant la quantité de produit apporté
au lot.
Le mécanisme de vente de l'Union est bâti sur un principe
purement individuel. Son mode de fonctionnement est simple. Les membres
des coopératives achètent auprès des femmes des amandes,
qu'elles transforment en beurre ou en savon. Elles achètent aussi
les produits finis. Ensuite elles les acheminent dans des boutiques spécialisées
du projet à Bamako et Dioïla. Elles participent également
aux foires et expositions des produits artisanaux organisés dans
notre pays. Aussi ont-elles pris part à plusieurs rendez-vous du
genre. Cette année, le prix carreau du kilo du beurre au producteur
varie entre 600 et 700 Fcfa, ont précisé nos deux interlocutrices.
Car le karité malien est très prisé sur le marché
mondial. Cette année, notre marché a été envahi
par les acheteurs indiens et de la sous-région qui ont tout raflé.
En sus, la productivité a commencé à baisser à
cause de l'âge des plants de karité. Notre flore vieillit,
expliquent-elles en suggérant de produire des pépinières
en vue de reconstituer notre savane qui s'appauvrit d'année en
année.
L'objectif de l'Union "Siyiriwa" est de promouvoir la transformation
des amandes de karité en beurre, en savon et autres produits dérivés.
Les vertus thérapeutiques et alimentaires du karité sont
nombreuses. D'où l'intérêt de plus en plus marqué
des grands groupes pharmaceutiques et alimentaires européens, américains
et maintenant asiatiques pour la production de notre pays. La substitution
au cacao, principale matière première dans la fabrication
du chocolat, comme matière grasse d'origine végétale,
et la chute du cours du cacao sur le marché mondial sont à
l'origine de ce regain d'intérêt. Ainsi, de simple produit
de cueillette, le karité devient un produit de rente très
prisé.
L'Union "Siyiriwa" qui en est à sa 2è participation
à la Semaine commerciale, regroupe 15 coopératives, avec
plus de mille adhérentes à travers le cercle de Dioïla.
Elle est encadrée par le Projet Karité, sous la tutelle
du ministère de la Promotion de la Femme, de l'Enfant et de la
Famille.
A. O. DIALLO
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