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Prix du pain: Hausse différenciée
(L'Essor 09/11/2007)
Pas de changement si vous vous approvisionnez directement à la
boulangerie. Mais si vous fréquentez la boutique du coin, il vous
en coûtera 25 ou 50 Fcfa de plus selon la taille de la miche
La rumeur courrait depuis juillet annonant une augmentation du prix
du pain. Depuis hier, le pain coûte effectivement plus cher ...
lorsqu'on l'achète hors d'une boulangerie. Explication : mardi,
le syndicat patronal des boulangers, le syndicat national des boulangers
et l'alliance des boulangers du Mali se réunissent en assemblée
générale dans les locaux de la Chambre de commerce et d'industrie
du Mali. Ils décident non une augmentation du prix du pain qu'ils
vendent directement aux consommateurs mais une suppression de la ristourne
qu'ils consentaient jusque là aux revendeurs qui s'approvisionnent
chez eux. Le résultat est qu'aujourd'hui, on se retrouve face à
deux prix grand-public du pain. Au comptoir de vente des boulangeries,
le client débourse la même somme qu'auparavant : 125 Fcfa
pour sa baguette et 250 Fcfa pour un gros pain. Mais si le mme client
décide de faire ses emplettes chez le boutiquier du coin, il déboursera
150 Fcfa pour une baguette et 300 Fcfa pour un gros pain, c'est--dire
25 et 50 Fcfa de plus. Mamadou Lamine Haïdara, le président
du cadre de concertation de la filire pain explique ce régime
différencié : "les prix au comptoir de vente des boulangeries
n'incluent pas les ristournes accordées aux livreurs et le coût
de la commercialisation. Celles-ci étaient de 10 F cfa pour les
livreurs et 15 F cfa pour le coût de la commercialisation pour la
baguette. Pour le gros pain les ristournes étaient reparties entre
les différents intervenants à raison de 20 Fcfa pour les
livreurs et 30 Fcfa pour le coût de commercialisation". Par
"coût de commercialisation", comprenez le boutiquier qui
écoule le pain au détail. On aura donc compris que pour
conserver leur marge bénéficiaire, le livreur et le boutiquier
vont devoir la faire supporter par le consommateur. Voilà pourquoi
ceux qui achètent leur pain la boutique du coin vont devoir
le payer plus cher qu'à la boulangerie. "La mesure est rentrée
en vigueur hier (mercredi) après la rencontre des trois syndicats
de la filière pain", confirme Mamadou Lamine Haïdara.
Cette augmentation partielle intervient après une rencontre en
août dernier entre les différents acteurs de la filière
du pain avec les pouvoirs publics. Les boulangers avaient alors attiré
l'attention des autorités sur le renchérissement du blé,
matière première principale du pain, sur le marché
mondial et ses répercussions sur leurs activités. A cette
époque, le prix de la farine de blé s'était accru
d'environ 60 %. "Suite à cette hausse vertigineuse nous avons
décidé en accord avec le gouvernement de faire un réajustement
du prix du pain pour ne pas aller à une augmentation des prix à
la consommation", rappelle Mamadou Lamine Haïdara. Au terme
des discussions, la décision avait été prise de ne
pas toucher au prix demandé au consommateur mais de diminuer le
poids du pain. De 400 grammes, le gros pain est tombé à
300, tandis que la baguette perdait 50 grammes d'un poids initial de 200
grammes. Les prix restaient inchangés : 250 F cfa pour le gros
pain et 125 F cfa pour la baguette. "Cette mesure est apparue aujourd'hui
insuffisante pour faire face aux conséquences de la flambée
du prix de la farine sur le marché mondial pour deux raisons",
explique Mamadou Lamine Haïdara accompagné de Sidi Danioko
de la Compagnie malienne pour le développement de la culture du
blé (CMDB). La première raison est que de cette période
à nos jours, le prix du blé a augmentéde 60% é
102 %. Seconde raison : nos boulangeries ne disposent pas de fours techniquement
adaptés pour produire comme il le faut les pains de 300 et 150
grammes. Depuis mercredi, le pain a donc récupéré
son poids d'antan. Du moins théoriquement. Selon un document du
cadre de concertation des acteurs de la filière pain au Mali, il
apparaît que de juillet 2006 mai 2007, le prix du blé
a enregistréune hausse de plus de 40% du fait du drglement
climatique qui a affecté les exploitations agricoles des pays exportateurs
en Europe, en Amérique et en Asie et de l'augmentation de la population
mondiale. Le changement progressif des habitudes alimentaires et l'apparition
de nouveaux gros consommateurs comme la Chine ou l'Inde, l'utilisation
dans les pays exportateurs d'une partie des récoltes dans la production
de biocarburant, le renchérissement des coûts du fret (lié
au l'augmentation du prix du pétrole) et l'alerte sur les stocks
de sécurité ayant atteint leur niveau le plus bas depuis
1977 sont, entre autres, raisons avancées pour expliquer la hausse
du prix du blé. Ces facteurs ont contribué à raréfier
l'offre de blé sur le marché mondial, avec pour conséquence
une hausse des prix de 21 %. La flambée s'est accentuée
en juillet passé, atteignant 60 %. Et depuis deux mois elle a atteint
les 102 %. Cette augmentation en flche aurait, assurent les intervenants,
creusé un trou dans les comptes d'exploitation des Grands Moulins
du Mali, la seule meunerie de notre pays. Pour suivre l'ascension des
cours, le prix du sac de blé des GMM est passé de 17 500
20 000 F cfa. Sur le marché, la mme quantité
est cédée entre 21 et 22 000 Fcfa, indiquent les responsables
du CCFP. Hier les responsables de certaines boulangeries que nous avons
rencontrés n'ont pas voulu s'exprimer sur la question. Mais nous
avons constaté la hausse des prix chez des boutiquiers.
Be COULIBALY
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