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Campagne agricole 2007/2008: Les céréales
peu affectés par le profil de l'hivernage
(L'Essor 08/11/2007)
La production, toutes variétés confondues, pourrait atteindre
3,6 millions de tonnes
L'hivernage s'achève et les contours de la campagne agricole 2007-2008
se précisent. Celle-ci s'est caractérisée par une
installation tardive des pluies sur tout le pays.
En effet, les précipitations ne se sont intensifiées véritablement
que dans la deuxième décade du mois de juillet. A titre
de comparaison, en 2006 lhivernage avait commencé en fin
mai et début juin.
Si les pluies ont pris leur temps, le ciel a compensé en se montrant
généreux. En août, les averses ont été
quasi quotidiennes. C'est donc durant ce mois que la plus grande quantité
de pluies a été enregistrée. Mais cette abondance
a eu son revers : des inondations dans nombre de localités et l'engorgement
des sols.
Les deuxième et troisième décades du mois de septembre
qui correspondent à des périodes critiques pour le cycle
végétatif des cultures (épiaison, floraison, formation
de graines), ont été déficitaires en pluie dans beaucoup
de zones, constate Daniel Kéléma, le directeur national
adjoint de lagriculture. Cette structure dont la dernière
note sur la situation de la campagne agricole 2007/2008 date du 20 octobre,
confirme que les quantités de pluies recueillies pendant les deuxième
et troisième décades de septembre ont été
très déficitaires dans lensemble. Cependant, le cumul
des pluies du 1er mai au 20 octobre 2007 a été en général
normal à excédentaire par rapport à la moyenne annuelle.
Il est même égal ou supérieur à celui de lannée
dernière à la même période.
La situation hydrologique enregistre l'amorce de la décrue dans
les hauts bassins. Les niveaux moyens décadaires des cours deau
sont inférieurs à ceux de la moyenne à l'exception
du Niger à Gao et du Baoulé à Bougouni. Ils sont
supérieurs à ceux de l'année dernière à
l'exception du Niger en amont de Kirango (Markala) et à Ansongo,
et du Sénégal à Kayes. Les hauteurs deau au
20 octobre étaient inférieures ou égales à
celles de lannée dernière sur tous les cours deau
à lexception du Niger en aval de Mopti et des retenues des
barrages de Sélingué et Manantali.
La gestion des engrais durant la campagne a été faite sur
la base de la constitution de 3 pools : CMDT, GSVCM, Office du Niger.
Sur des besoins solvables exprimés de 187.229 tonnes, 149.796 tonnes
ont été réalisées, soit un taux de 80%.
LE CAS SPÉCIFIQUE DU COTON . Lallure de la campagne et le
coût élevé des engrais ont quelque peu influencé
le taux de couverture des besoins en engrais minéraux. Lapprovisionnement
des producteurs a été essentiellement soutenu par les Offices,
la CMDT, les projets et programmes et certaines ONG. Ces mêmes ONG,
projets et programmes ont contribué, à travers divers canaux,
à la mise en place des semences R2. Les taux les plus élevés
sont ceux du sorgho (106,15 %) et du mil (98,95%). La création
des coopératives semencières et de réseaux R2 dans
plusieurs localités et la sensibilisation des paysans sur limportance
de lutilisation des semences sélectionnées ont favorisé
linstallation des "parcelles de multiplication".
Les superficies de semis/repiquages sont, dans lensemble, légèrement
inférieures aux objectifs du plan de campagne exceptés,
pour le fonio, le voandzou et le sésame. Dans lensemble,
les taux de réalisation des emblavures pour les différentes
cultures dhivernage sont satisfaisants : 89,98 % pour le mil, 85,51
% pour le sorgho, 84,83% pour le maïs, 90% pour le riz irrigué,
94,30% pour les autres riz, 63,13 % pour le coton, 96,74 % pour l'arachide,
104,72 % pour le fonio et 92,04% pour le niébé. La note
de la direction nationale de l'agriculture impute les faibles écarts
constatés, essentiellement à linstallation tardive
des pluies et au faible niveau de la crue dans la plupart des zones agricoles
du pays.
L'on constatera que pour le coton, le taux de réalisation des objectifs
d'emblavures est relativement bas. Le fait tient à la spécificité
de cette culture, dont la date limite de semis est traditionnellement
arrêtée au 20 juillet. Or cette année, cest
à cette période que lhivernage sest installé
dans la plupart des zones agricoles.
Pour les céréales, divers facteurs ont contribué
à atténuer les effets négatifs de linstallation
tardive et du déficit des pluies. On peut citer entre autres, lutilisation
de variétés améliorées précoces et
plus productives (maïs Dembagnouma, maïs hybride, sorgho CSM-388E,
niébé Sangaranka, mil Jigifa, etc), la diffusion du riz
Nérica, lappui-conseil apporté aux paysans par les
services techniques, la mise à disposition dans les temps des intrants
agricoles.
Les services techniques agricoles accorderont une attention plus soutenue
à ces facteurs lors de lélaboration du plan de campagne
agricole 2008/2009, assure le directeur national adjoint de l'Agriculture,
Daniel Kéléma.
L'EFFET DES PLUIES PROVOQUEES. L'état des cultures établi
par la note, souligne que les mil/sorgho, le riz de bas-fond étaient
à la maturation, le maïs et le fonio à la récolte,
le riz en maîtrise totale et de submersion à la phase épiaison-floraison,
le cotonnier à la maturité des premières capsules,
larachide et le niébé grain à la récolte
dans plusieurs zones.
Ce tableau globalement positif comporte cependant des poches de sécheresse
causées par le déficit en pluies du mois de septembre et
de la première décade doctobre dans la plupart des
zones agricoles. N'oublions pas non plus que les précipitations
ont provoqué des dégâts en inondant des superficies
estimées à 110.023 ha, toutes cultures confondues, soit
2,7% des superficies totales emblavées. Les inondations ont surtout
affecté le riz (40% des superficies touchées), le mil (29%)
et la Région de Mopti (56% environ du total des terres affectées).
Dans un autre registre, la campagne agricole a enregistré lextension
du programme "Pluies provoquées" à lensemble
du territoire national. Ces interventions ont été d'un grand
apport pour les cultures, surtout dans la bande sahélienne.
La situation phytosanitaire est restée relativement calme malgré
la présence signalée d'oiseaux granivores dans les régions
de Mopti, Tombouctou, Ségou et Gao.
À l'analyse des réalisations en emblavures, des pertes de
superficies liées aux inondations et au déficits pluviométriques
enregistrés en fin septembre et début octobre, du taux de
mise en place des intrants, des performances des variétés
améliorées cultivées et de lappréciation
qualitative de la campagne agricole faite par les acteurs eux-mêmes,
les objectifs du plan de campagne pourraient être atteints de 80
à 90%. Dans cette hypothèse, la production céréalière
sera comprise dans une fourchette de 3,2 à 3,6 millions de tonnes.
Direction nationale de l'agriculture
Synthèse
M. COULIBALY
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