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Commerce de lor au Mali: « Kankou Moussa
» séloigne de ses objectifs Lapprovisionnement des artisans en or raffiné pour la fabrication de bijoux : tel est lobjectif fondamental visé par « Kankou Moussa ». Créée en mars 2006 sous forme de société à responsabilité limitée (SARL), elle devait ainsi sinvestir dans la création de comptoirs dachat et de vente dor. Répondant à un souhait maintes fois exprimé par les autorités maliennes, elle doit contribuer à la valorisation sur place dune partie de lor au Mali à travers lapprovisionnement du marché local en or. Pour les responsables de Randgold, cette initiative est également destinée à valoriser le patrimoine national à travers la promotion du savoir-faire malien en matière de bijouterie et de joaillerie. Elle devait mettre fin aux difficultés que les artisans maliens rencontrent pour sapprovisionner en or sur le marché national. Ce qui est paradoxal dans un pays classé 3e producteur dor en Afrique. Et lors dune rencontre avec la presse le 22 octobre 2007, le directeur exécutif de Randgold, Mahamadou Samaké, avait souligné que la Société des mines dor de Loulo (Somilo) met à la disposition de Kankou Moussa 10 à 20 kg dor par semaine. Et pourtant, les artisans ne sont pas visiblement satisfaits de lapprovisionnement du marché. « Nous pouvons faire souvent plusieurs jours à la recherche de lor pour satisfaire nos clients », a déploré un bijoutier cité par un confrère de la place. Mais, pour M. Samaké, cest plus un problème de coût que dapprovisionnement qui se pose. « Avec la création de Kankou Moussa, certains ont pensé quils allaient avoir lor à moindre coût. Mais, la Somilo ne peut pas se permettre de leur vendre lor en dessous du prix du marché », sétait-il défendu devant les journalistes lors de cette rencontre organisée par sa société le 22 octobre 2007. Mais, à lire la réaction de certains bijoutiers dans un journal de la place, ce nest pas seulement un problème de coût et dapprovisionnement, mais la crise de confiance est palpable. « Souvent, Kankou Moussa nous vend lor au même prix que nous pratiquons pour notre clientèle, sans donc aucune marge bénéficiaire », nous a dit un artisan joint au téléphone. « Il devait avoir une marge entre nous et Kankou Moussa. Dès lors, nous avons compris que Kankou Moussa est venu pour servir Randgold et non les bijoutiers maliens », a déploré un autre dans les colonnes de « Le Sphinx » du 26 octobre 2007. En un mot, les bijoutiers pensent que Kankou Moussa est devenu leur concurrent sur le marché national de lor. Ce qui est tout à fait contraire aux objectifs que cette société était censée atteindre, notamment faciliter lapprovisionnement des bijoutiers en or made in Mali. Cest dire que ceux-ci nont pas encore échappé au paradoxe de « mourir de soif à côté dun puits ». Et ils ont toutes les raisons de croire que lor du Mali ne brille pas pour les Maliens. En tout cas pas pour eux. Le brut propulse lor au sommet Depuis le début du mois de septembre, le cours de lor galope. Lonce a gagné 100 dollars en un mois pour atteindre 766 dollars le 16 octobre 2007. Son plus haut niveau depuis le début de lannée 1980. Une fois de plus le métal jaune a réagi à la faiblesse du dollar et à la robustesse du pétrole. Comme dailleurs les autres métaux. « Concernant le billet vert, leffet miroir est quasiment automatique. Quand la monnaie américaine saffaisse, lor prend lascenseur, les investisseurs se précipitent sur le métal précieux qui leur permet de sécuriser leurs placements. Quant à la relation avec le pétrole, elle est plus élastique. Impossible détablir un ratio entre les deux. Une once dor vaut aujourdhui 9 barils de pétrole » , analyse un chroniqueur économique sur le site de Rfi.fr. Elle en valait 35 au moment de la crise de 1973. En revanche, la hausse du premier a toujours un impact psychologique sur lautre. Actuellement, la hausse du brut a une incidence directe sur celle de lor parce quelle est liée aux incertitudes géopolitiques, en loccurrence la menace turque denvahir le Kurdistan irakien pour déloger les opposants armés du PKK. Selon les spécialistes, « la hausse du pétrole fait toujours renaître le spectre de linflation. Cest grâce à lor noir quon se déplace, quon se chauffe, que lindustrie de la chimie tourne, rien détonnant à ce quon redoute une hausse générale des prix quand le baril de brut semballe ». Lor reprend alors son titre éternel de valeur-refuge. A ces deux facteurs récurrents de tension sajoute la crise américaine de lété. Les investisseurs ont réalisé que leurs placements en trésorerie devenaient soudainement bien aléatoires, doù un retour vers le marché de lor. Moussa Bolly © Copyright Les Echos Archives |
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