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Zone Franc / Faut-il dévaluer le franc CFA ? Les
thèses qui saffrontent Les conséquences sur
les économies des pays concernés Selon les statistiques économiques disponibles au niveau des banques centrales de la zone CEMAC et UEMOA mais aussi à la banque de France, le taux de croissance des pays de cette partie de lAfrique est à la traîne, pour ne pas dire en baisse par rapport aux autres régions. En 2006, alors que lAfrique subsaharienne enregistrait un taux de 5,5%, la zone franc avait un taux qui nexcédait pas 3,1%, après celui de 3,9% enregistré en 2005. Cette année, la situation est encore plus difficile du fait dune part, des effets pervers de leuro face au dollar et dautre part de la hausse continue du cours du baril de pétrole. Conséquences, Les produits de la zone perdent de leur compétitivité sur les marchés internationaux, les exportations marquent le pas, les balances commerciales souffrent et, au final les économies patinent. Pour palier à cette situation, lon évoque depuis un certain temps, la possibilité dune dévaluation du franc CFA. Les mêmes causes produisent les mêmes effets Treize ans après la dévaluation de janvier 1994, la question est de nouveau sur la table. Les 15 et 16 octobre derniers à Paris, le sujet a été âprement discuté lors de la réunion entre les autorités françaises et les ministres de lEconomie et des finances des pays concernés. Récemment aux réunions annuelles des institutions de Bretton Woods, la question de la dévaluation du franc CFA a été évoquée. Face à cette question persistance, le discours des officiels restent invariables, « il ny a pas le feu à la maison ». Et pourtant, coïncidence pour coïncidence, ce même discours était servi à la population avant la dévaluation de 1994. Quelle que soit lattitude des experts, des commentateurs et des personnalités politiques, un consensus portant sur létat économique préoccupant des pays africains de la zone franc, semble se dégager. En effet, lAfrique subsaharienne en général et les pays de la zone franc en particulier, se caractérisent sur le plan interne par la stagnation économique, des dysfonctionnements financiers, des déficits publics importants, une agriculture en crise..., doù lidée dune dévaluation de la monnaie. Mais que renferme ce terme ? Pour ou contre une dévaluation Le concept de dévaluation fait directement référence à la notion de taux de change qui est la quantité de monnaie nationale nécessaire à lobtention dune unité monétaire dun autre pays. Le but recherché avec cette mesure, est d augmenter la compétitivité par la baisse de la valeur de la monnaie nationale . Par cette mesure, le prix en monnaie étrangère des produits exportés va baisser et les rendre plus compétitifs, dune part et dautre part, le prix des produits à limportation exprimé en monnaie locale va augmenter et donc les rendre moins compétitifs. Pour les tenants de cette thèse, larrimage du franc CFA à un euro fort, qui a dépassé 1,42 dollar depuis le 1er octobre 2007, pénalise fortement les exportations de la zone. La compétitivité des produits africains sur les marchés internationaux est mécaniquement rognée. Chaque fois que leuro sapprécie, le franc CFA en fait de même de manière automatique. Résultat : les coûts de production augmentent, les produits fabriqués localement deviennent moins compétitifs que ceux fabriqués dans des pays extérieurs à la zone euro, et les marges sur les exportations libellées en dollars se réduisent. Cest notamment les cas pour la filière coton. La baisse du dollar depuis 2001, devise de référence pour cette fibre naturelle, a fait chuter de plus de 25% la valeur des récoltes africaines. En effet, à parité égale dollar-euro, les sociétés cotonnières auraient vendu cette année le kilo de coton à 820 FCFA sur le marché international. Au cours actuel, elles lont écoulé à 616 FCFA, alors que les coûts de production varient entre 630 à 650 FCFA par kilo. Par ailleurs, les cotonculteurs africains achètent leurs intrants en euros et vendent leur récolte en dollars, doù dénormes pertes pour cette filière. Ce schéma, il faut le souligner sapplique, à des divers degrés , à dautres filières dexportation. Pour eux , on doit donc obtenir normalement une amélioration de la balance commerciale par la baisse des importations et la hausse des exportations. Les effets attendus dune dévaluation sont multiples (plan théorique), mais ont principalement trait au rétablissement de léquilibre externe, commercial et financier, de la nation. La dévaluation provoque tout dabord une modification des prix relatifs des biens, il sagit de leffet-prix. Ensuite doit se produire un effet de substitution. la modification des prix relatifs doit provoquer des substitutions entre produits nationaux et étrangers. Au total, on pourrait croire que la dévaluation de la monnaie est une panacée vue la situation des pays de la zone. Que non ! cette théorie est remise en cause par dautres économistes qui ne voient pas lopportunité dune dévaluation. Premier argument avancé, est que leffectivité du schéma précédent suppose la réalisation de conditions multiples. De plus, les produits importés étant plus chers, on assiste à une demande sur les produits domestiques. « On a longtemps pensé que cette mesure pouvait relancer lactivité économique. Néanmoins de récentes théories ternissent quelque peu cette vision simpliste », avancent-ils. Pour eux, il convient tout dabord de sassurer que loutil de production pourra satisfaire la demande intérieure et extérieure. Deuxième argument invoqué est en fait lopportunité dune dévaluation, car selon eux, la surévaluation du franc CFA ne serait pas lélément principal à lorigine du déséquilibre externe des pays africains de la zone franc. Ce sont plutôt les contraintes externes du coût de la dette et de la baisse des recettes dexportations des produits primaires qui paraissent donc se combiner pour expliquer le déficit de la balance des paiements soutiennent. Ces opposants à cette thèse préconisent plutôt un renforcement de la coopération régionale devant déboucher sur une intégration, facilitée par les liens existant au sein de la zone franc, qui pourrait éventuellement évoluer vers une zone écu. Pour eux, les conséquences dune autre dévaluation 13 ans après seront catastrophiques pour nos pays. Elle va davantage fragiliser les économies africaines et les rendre encore plus dépendantes de lextérieur, en accentuant la spécialisation de ces pays dans les exportations de produits primaires, dominées par les cultures de rente et les produits miniers non transformés : en 2000, plus de 70 % des exportations de lUnion économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) (14) sont composées de produits primaires. De plus, la dévaluation va handicaper le développement du secteur manufacturier, victime à la fois de leffondrement de la demande intérieure et dune concurrence étrangère déloyale. ADOMON Sika © Copyright L'Inter Archives |
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