| ![]() | Recherche annuaire: | |||||
|
Gestion de lor au Mali: Refus de transparence Après sa remarque sur une absence totale de maîtrise de lEtat sur la quantité dor produite et exportée, faute de moyens de contrôle efficace, il a fait des propositions pour plus de transparence dans le secteur. A son retour au bercail sa proposition a fait lobjet de rencontres interministérielles. Mais, les autorités semblent animées de mauvaise foi. Avec sept mines dor en exploitation, le Mali occupe le troisième rang des pays producteurs du métal jaune en Afrique, après lAfrique du Sud et le Ghana. Notre pays dispose de mines dor de classe mondiale. Officiellement, la production annuelle de lor est de 63 tonnes dont 56 pour les mines industrielles et 7 tonnes pour lartisanat. Ces chiffres élogieux cachent la réalité de lexploitation de lor au Mali où des sociétés étrangères sont au gouvernail des opérations industrielles. Ne disposant pas dune structure et des moyens adéquats dun contrôle efficace sur lexploitation de ses ressources précieuses, notre pays sen remet seulement à la déclaration de foi de ces sociétés extractives qui sont là pour la seule raison de faire profit. La part du Mali dans cette importante production de lor (63 tonnes par an) est de 20 %, les 80 % revenant aux sociétés étrangères dexploitation. Quoi de plus normal, ce sont elles qui en détiennent les 80 % des actions. Mais ce qui nest pas normal dans cette affaire est que la détermination de la quantité dor produite échappe à lEtat malien. Ce sont donc ces sociétés qui évaluent et déclarent la production faite. Cette situation a été maintes fois dénoncée par nos compatriotes à lintérieur comme à lextérieur du pays. Dans ce domaine, les initiatives ne sont pas nombreuses, cependant certains de nos compatriotes ont manifesté la volonté daider lEtat à asseoir un contrôle efficace pour plus de transparence dans ce domaine. Cest le cas de ce Malien de lextérieur Mamadou Diakité qui rentre au bercail en compagnie de ses partenaires après 25 ans dexercice dans le secteur des métaux précieux. Il propose à lEtat malien, dans une première phase, « un meilleur contrôle sur lexploitation des richesses de son sous-sol en dotant le ministère des Mines et le service des douanes de moyens de contrôle performants et efficaces » Selon notre compatriote, le contrôle adéquat sur la production aurifère nécessite la dotation du ministère des Mines dun laboratoire danalyse efficace et compétent par lequel toute exportation doit obligatoirement passer, afin de permettre à ses services de savoir avec précision les matières premières ainsi exportées. Le laboratoire de contrôle proposé a deux missions distinctes : permettre lanalyse des lots dor extraits pour en savoir la qualité exacte et den évaluer la valeur ; et être en mesure de contrôler toute marchandise destinée à lexportation. « Il doit être à mesure de déterminer le titre exact des lots soumis à limportation ou à lexportation. La maîtrise par lEtat des volumes dor exportés passe nécessairement par des moyens de contrôle efficace, raison pour laquelle nous considérons ce laboratoire comme vital et de la plus haute importance. Cest le premier pas incontournable vers la maîtrise par le gouvernement de la production dor du pays. Et lEtat malien devrait sattacher à cela », signale Mamadou Diakité. Létablissement dun laboratoire danalyse et dessai efficace peut conduire à la mise en place dun comptoir dachat susceptible de vendre directement une partie du métal jaune dans le cadre dune entreprise mixte. Le bon fonctionnement et la crédibilité de ce laboratoire ne dépendront que du choix de son personnel. Selon notre compatriote, ce volet formation des ressources humaines ainsi que le suivi du bon fonctionnement du laboratoire qui engagent la responsabilité des initiateurs du projet sont pris en compte dans les termes de référence autour desquels plusieurs rencontres interministérielles sur une recommandation des hautes autorités maliennes. Une deuxième phase concerne le développement de lexploitation des champs aurifères par les communautés maliennes, cette ambition passe nécessairement par le développement dune unité daffinage sur place. Lobjectif final est de permettre aux populations de tirer un grand profit de leur activité. Enfin dans une troisième phase, le compatriote met laccent sur le développement de la fabrication de semi-produit de 18carat destinés à lartisanat de la bijouterie (fil/laminé, chaîne, etc.). Cette activité permettrait certainement dassurer de la valeur ajoutée. Mais pourquoi les autorités font-elles de la sourde oreille sur les propositions de Mamadou Diakité ? Tout semble indiquer que les plus hautes autorités rechignent à faire preuve de transparence dans ce domaine. Boukary Daou © Copyright Le Républicain Archives |
|
|
| |