|
Le président Amadou Toumani Touré
à l'Office du Niger: après la réhabilitation, l'extension (L'Essor
27/11/2002) L'implication de plus en plus
marquée du secteur privé dans la prise en charge des coûts
d'investissement des aménagements hydro-agricoles."Si le Mali a un
cadeau à mettre dans la corbeille du NEPAD, ce sera certainement l'Office
du Niger". Une phrase qui atteste que le président Amadou Toumani
Touré, en visite lundi dans les installations de l'ON, apprécie
à leur juste valeur les énormes potentialités que recèle
cette structureconçue pour être le grenier de l'Afrique de l'Ouest.
Le chef de l'État a, aussi et surtout, mesuré les attentes des populations
maliennes vis-à-vis de l'autosuffisance alimentaire, des attentes dont
il a grandement souci et qu'il a fait partager au gouvernement.Créé
en 1932, l'Office du Niger s'est fixé comme objectif global de mener à
bien la mission générale de mise en valeur et de développement
du Delta central du fleuve Niger. Ses contre-performances tiennent pour une bonne
part à une volonté politique qui manque de constance, à des
problèmes de financement avec l'État comme seul investisseur et
à la priorité donnée aux travaux de réhabilitation.
Les principales contraintes auxquelles le géant du riz est confronté
sont l'insuffisance des terres aménagées et la faiblesse du système
de drainage, l'effritement des organisations paysannes et le mauvais état
des routes. Ces faiblesses n'ôtent rien, cependant, à un potentiel
impressionnant confirmé par une ferme expérimentale. Celle-ci est
installée dans le Kala supérieur et couvre une superficie de 1050
hectares dont 1000 ha de périmètres irrigués et 50 ha destinés
à la construction d'une base de vie et d'installations agro-industrielles.
L'idée d'une ferme expérimentale fait suite à une visite
effectuée à l'ON en novembre 1996, par une mission chinoise conduite
par le directeur général de la société de coopération
internationale économique et technique de la province de Jlanxi. Le bail
conclu entre les deux parties doit permettre outre l'installation de la ferme,
l'expérimentation et la production de semences sélectionnées,
la transformation de produits agricoles, la formation des cadres et des producteurs
maliens. En raison du caractère expérimental de la ferme, les deux
parties ont convenu de ne pas renouveler le bail. En conséquence, la ferme
deviendra propriété de l'État malien au terme de 30 années
d'exploitation. Depuis une vingtaine d'années, l'Office du Niger a entrepris
un vaste programme de modernisation et de réhabilitation de son aménagement
avec l'aide de nombreux bailleurs de fonds. Devant le succès de ses actions
de réhabilitation, l'Office entre maintenant dans une phase d'extension
de son aménagement d'autant plus justifiée que la pression foncière
est plus forte. La culture du riz est rentable financièrement et intéresse
les agriculteurs. La zone de Béwani, située dans le Kala supérieur,
fait partie de ce programme d'extension en direction d'une population qui subissait
les aléas climatiques caractérisés par un déficit
pluviométrique chronique. Les habitants du Kala supérieur s'étaient
convaincus que l'une des solutions essentielles à leurs problèmes,
résidait dans la création de périmètres irrigués
dans leur zone. Béwani a ainsi enregistré la convergence d'un certain
nombre de projets. Sur une réalisation de 3200 hectares, 1755 ha ont pu
être libérés pour la mise en valeur agricole au titre de 2001-2002. La
production obtenue a été estimée à 11.400 tonnes de
riz paddy en une seule culture avec un rendement de 6,5 t/ha. La principale difficulté
rencontrée par les paysans a été l'insuffisance de petits
équipements de terrassement. A travers les activités qui y sont
menées (récolte, battage) on peut considérer que la responsabilisation
paysanne est désormais une réalité à l'Office du Niger
et que Béwani constitue un exemple réussi de l'engagement des populations
pour le développement de leur terroir. Son programme de réhabilitation
réussi a accru les sollicitations dont l'Office du Niger fait l'objet de
la part d'exploitants désireux de s'y installer. Les demandes dépassent
de beaucoup les disponibilités actuelles en terres aménagées. Afin
de satisfaire ces multiples requêtes, l'Office a entrepris un vaste programme
d'extension de ses terres aménagées avec irrigation et participation
des bénéficiaires aux aménagements. C'est dans ce cadre que
s'inscrit le programme pilote d'installation des investisseurs privés dans
le casier de Koumouna, dont le premier coup de pioche a été donné
par le président Amadou Toumani Touré. Koumouna introduit une innovation
dans le développement de l'irrigation : l'implication de plus en plus marquée
du secteur privé dans la prise en charge des coûts d'investissement
des aménagements hydro-agricoles. Le maire de la commune de Pogo, Badian
Traoré et le délégué des exploitants agricoles Bouréma
Coulibaly, ont chacun évoqué les besoins de la commune. Ces préoccupations
sont prises en compte, car le chef de l'État a évoqué la
construction d'une usine d'engrais à Markala et la réhabilitation
de l'usine de phosphate de Bourem. Amadou Toumani Touré a exhorté
la direction de l'ON et l'encadrement technique à se mettre au service
des paysans et non l'inverse. S. DOUMBIA ©
Copyright L'Essor Nouvelles
économiques du mois d'octobre Nouvelles
économiques du mois de septembre Nouvelles
économiques du mois d'août Nouvelles
économiques du mois de juin Nouvelles
économiques du mois de mai
Nouvelles économiques du mois d'avril Nouvelles
économiques du mois de mars |