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Crise ivoirienne: Le manque à
gagner est certain mais le déficit sera minimisé-Un entretien avec
Seydou Diawara, le DG de la Douane Le manque à gagner est certain mais le déficit sera minimisé-Un entretien avec Seydou Diawara, le DG de la Douane - Depuis le 19 septembre, notre pays est coupé d'Abidjan son principal port de desserte. Nos importations comme nos exportations sont perturbées, réorientées et nous reviennent beaucoup plus cher. Les services de la Douane se retrouvent en première ligne dans la conjoncture nouvelle comme nous l'explique Seydou Diawara, le directeur général de la douane. L'ESSOR : Monsieur le Directeur général, la crise ivoirienne persiste. Quelles sont ces répercussions sur le service des douanes ? Seydou
Diawara : La crise ivoirienne a eu une conséquence directe sur l'activité
de la douane. Habituellement, 60 à 70 % des marchandises maliennes à
l'importation comme à l'exportation transitent par la Côte d'Ivoire.
Ce sont les marchandises qui transitent par le port d'Abidjan et celles importées
de Côte d'Ivoire comme le ciment, le bois, les bananes, les ignames, des
produits divers, etc... L'ESSOR : Quel sort a été réservé aux marchandises restées sur le sol ivoirien ? S. D. : Notre pays a contacté les autorités ivoiriennes afin d'acheminer ces marchandises par le Ghana. Une bonne partie a pu ainsi être acheminée, mais un lot important de marchandises volumineuses est resté au port à cause de l'augmentation du prix du transport. En conséquence, du riz et du sucre ont dû être vendus à d'autres opérateurs économiques sur d'autres destinations. L'ESSOR : Financièrement,
qui a assuré la prise en charge des coûts supplémentaires
du transfert des marchandises sur l'axe Accra-Bamako ? L'ESSOR : Quel a été l'impact de la crise sur le ravitaillement en hydrocarbures. S.
D. : Plus de 60 % de nos importations d'hydrocarbures arrivent de Bouaké.
Le trafic a été totalement arrêté et par la suite réorienté
sur Lomé. Toutes les citernes qui étaient à Bouaké,
en son temps, sont retournées vides au Mali, les bateaux en partance pour
le port d'Abidjan ont, quant à eux, été déroutés
sur le Ghana ou sur Lomé. L'ESSOR : Concrètement, quelles sont les répercussions de la situation sur les recettes douanières ? S. D. : En
septembre-octobre, nous avons connu des perturbations qui ont eu des répercussions
immédiates sur la collecte des recettes. L'importation de ciment de la
Côte d'Ivoire a été interrompue. Or nous importions 90 % de
notre ciment de ce pays et les gens ont été obligés de se
tourner vers la cimenterie de Lomé. A la pénurie de camions pour
la remontée du fret sur le Mali s'est ajouté l'engorgement des autres
ports vers lesquels le trafic a été dévié et qui ont
connu des problèmes d'accostage du fait de leurs capacités d'accueil
insuffisantes pour absorber ce flux inattendu. S.
D. : Tous les produits exportés vers la Côte d'Ivoire -bétail,
coton produits divers- ont été confrontés à des difficultés.
Le gros de ces produits est le coton CMDT, qui passe essentiellement par le port
d'Abidjan. Au moins 20.000 balles de coton ont été expédiées
sur Lomé. Ce changement d'itinéraire a entraîné un
renchérissement des coûts du transport car chacun des pays par lesquels
les marchandises transitent, applique une convention TRIE qui impose le prélèvement
d'une garantie des opérations de transit au niveau du cordon douanier.
Donc la superposition des prélèvements renchérit mécaniquement
les coûts d'approche sans compter les autres formalités de police
et les distances plus longues que celles de l'axe Abidjan. Les charges s'alourdissent
d'autant. L'ESSOR : Il y a-t-il un risque de rupture d'approvisionnement du Mali ? S. D. : Il y a un ralentissement du trafic mais pas de risque de rupture totale en approvisionnement. L'ESSOR : Vos prévisions pour 2002 seront-elles atteintes ? S. D. : Il y aura un manque à gagner à cause de la réorientation du trafic des produits pétroliers sur l'axe Lomé qui est un support d'une fiscalité plus faible que l'axe ivoirien, mais nous uvrerons à minimiser les déficits. L'ESSOR : Un message à l'endroit du public ? S. D. : Il faut garder son calme et s'efforcer de s'habituer à la nouvelle situation. Les gens doivent comprendre que cette situation est conjoncturelle et que chacun doit s'impliquer pour éviter la spéculation. Propos
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