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Le ministre Bah N'Diaye lance le PDSA
à Tombouctou, Gao et Kidal (L'Essor 25/11/2002) Les
atouts sont si nombreux qu'ils justifient un gros effort pour surmonter des difficultés
bien réelles L'artisanat et le tourisme sont deux activités
qui peuvent vigoureusement participer au développement d'un pays comme
le notre, et contribuer à compenser les déséquilibres occasionnés
par les fluctuations des cours de nos matières premières (coton,
or etc.) L'artisanat emploie plus de 40 % de la population active et regroupe
171 corps de métiers repartis dans sept catégories. Il participe
de la préservation de notre culture, contribue à la transformation
des ressources locales, à la création d'emplois, à l'accroissement
des revenus et à la réduction de la pauvreté. L'artisanat
est à la fois création et instrument efficace de la stratégie
nationale de lutte contre la pauvreté. Les pouvoirs publics en sont
conscients qui ont initié une approche participative à travers le
Projet de développement du secteur de l'artisanat (PDSA). C'est pour lancer
ce projet, que le ministre de l'Artisanat et du tourisme, Bah N'Diaye, accompagné
d'une importante délégation composée du directeur national
de l'Office malien du tourisme et de l'hôtellerie (OMATHO) Modibo Cissé,
du directeur technique du PDSA, Lassine Coulibaly, des représentants de
la Fédération nationale des artisans du Mali (FNAM), du Centre national
pour la promotion de l'artisanat (CNPA) de l'Assemblée permanente de la
chambre des métiers du Mali (APCMM), s'est rendu successivement à
Tombouctou, Gao et Kidal, du 6 au 16 novembre. L'artisanat ne manque pas d'atouts
mais se heurte à des difficultés liées à son organisation,
à l'insuffisance de son personnel, à l'écoulement des produits,
à l'accès aux crédits etc. Le PDSA va aider à faire
avancer les choses et dispose pour cela de 3,5 milliard de Fcfa obtenus de la
Banque ouest africaine de développement (BOAD) auxquels le gouvernement
a ajouté 1,4 milliard destinés à développer et promouvoir
la micro-entreprise dans le secteur de l'artisanat par l'organisation et la promotion
de la profession et la mise en place d'un système de crédit et d'épargne. Le
PDSA vise plus essentiellement à améliorer les revenus et le niveau
de vie des artisans, moderniser les ateliers et muscler le groupement en attirant
30 % de la profession dans les associations. Après Kayes, Koulikoro,
Sikasso, Ségou et Mopti, le ministre Bah N'Diaye a procédé
au lancement du PDSA à Tombouctou, Gao et Kidal, par un séminaire
destiné aux différents bénéficiaires et partenaires. En
fait le département pousse de pair l'artisanat et le tourisme et s'efforce
de créer une synergie entre eux. Il s'intéresse à la création
de petites et moyennes entreprises dans les deux secteurs, à l'instauration
d'un partenariat entre les principaux intervenants, à la compétitivité
qu'ils pourront déployer, aux métiers, filières et activités
à privilégier, etc. Cet ambitieux projet nécessite évidemment
une concertation entre les principaux bénéficiaires, intervenants
et partenaires. Le PDSA va y contribuer notablement dans un septentrion qui a
renoué avec une sécurité symbolisée par le monument
de la "Flamme de la paix" que le ministre Bah N'Diaye a visité
à Tombouctou. Au cours des différentes rencontres avec les artisans
et les promoteurs d'établissement hôteliers à Tombouctou,
Gao et Kidal, le ministre s'est longuement expliqué sur le PSDA et a pris
note des difficultés du terrain. Il a invité les artisans et les
acteurs du secteur du tourisme à Tombouctou, Gao et Kidal, à la
rigueur dans l'organisation et à une élévation de la qualité
du service. Il a visité la Maison des artisans dans les trois régions
et apporté diverses aides en numéraire : 300 000 et 250 000 Fcfa
à 5 associations d'artisans à Tombouctou ; 700 000 Fcfa à
l'association des femmes artisans de Hombori. A Gao, trois associations d'artisans
ont reçu 250 000 Fcfa et deux autres 200 000 Fcfa. Idem pour 4 associations
de Kidal dotées chacune de 200 000 Fcfa tandis que la troupe artistique
et culturelle de Tilwat de la cité de l'Adrar des Iforas bénéficiait
de 100 000 Fcfa. Bah N'Diaye a aussi visité le site du futur village
artisanal de Tombouctou qui s'étendra sur 2 hectares, la Dune rouge de
Koïma (sanctuaire des plus grands sorciers de la période médiévale)
et le site de Saneye (l'ancienne capitale de l'empire songhoï crée
en 1010) à Gao Essouk qui fut un important centre caravanier du 9è
au 15è siècle, le fort de Kidal et l'ancien bagne. Le potentiel
culturel et touristique du nord de notre pays est impressionnant et le gouvernement,
a promis Bah N'Diaye, s'emploiera à l'exploiter. Les difficultés
rencontrées par les professionnels du secteur tant à Tombouctou,
Gao que Kidal sont cependant nombreuses, a reconnu le ministre. Les trois régions
sont notablement enclavées et les particuliers s'y sont lancés dans
l'hébergement des touristes et étrangers de passage, portant un
coup sévère aux hôtels comme l'a expliqué le président
de l'association des hôteliers de Gao, Sadou Diallo. Face à ces
inquiétudes, Bah N'Diaye avait des propositions concrètes : la réglementation
prochaine de la profession de guides touristiques, le classement à venir
des hôtels, la création de syndicats d'initiatives dans les communes
urbaines et rurales à vocation touristique. Un programme de formation,
de recyclage et de perfectionnement systématique du personnel en rapport
avec les opérateurs et les pays amis, devrait rehausser la qualité
du service en même temps que des actions viseraient à développer
l'écotourisme et le tourisme saharien. Un effort de promotion sera déployé
à travers des supports promotionnels de qualité, la participation
aux manifestations touristiques internationales, l'organisation d'éductours
et de publi-reportages, l'ouverture d'un bureau de l'OMATHO à Paris, etc. Avec
ses interlocuteurs, le ministre a aussi parlé du formidable atout que pourrait
devenir le fleuve, de la participation des artisans de Kidal aux différentes
foires internationales et au Folklife festival de l'année prochaine à
Washington où le Mali est l'invité vedette, de la reconversion de
l'ancienne maison d'arrêt de Kidal en musée etc. A l'issue d'un
périple de 10 jours qui l'a conduit sur plus de 2000 km à Tombouctou,
Gao et Kidal en passant par Hombori, Mopti et Ségou, le ministre s'est
montré enthousiaste sur ce qu'il a vu dans des régions du nord en
pleine reprise. L'artisanat et le tourisme ont besoin de beaucoup plus que d'un
coup de baguette magique pour prendre leur essor mais si tous s'y mettent, le
challenge peut être relevé. Le département s'y attelle déjà
pour hisser l'artisanat et le tourisme parmi les secteurs majeurs de l'économie
nationale. Envoyé spécial C.
A. DIA © Copyright L'Essor Nouvelles
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