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La production pétrolière
de l'Afrique de l'Ouest va augmenter fortement (Association de la presse
panafricaine 21/11/2002) Dans un avenir assez
proche, l'Afrique de l'Ouest produira plus de barils de pétrole par jour
que le producteur le plus important du monde à l'heure actuelle, l'Arabie
saoudite, a déclaré le président-directeur général
de la société pétrolière VANCO, M. Gene Van Dyke,
lors d'une table ronde ayant trait à la loi sur la croissance et les possibilités
économiques en Afrique (AGOA) à laquelle ont participé des
dirigeants d'entreprise et des représentants du gouvernement le 7 novembre. L'Arabie
saoudite, a-t-il dit, produit actuellement 8 millions de barils de pétrole
par jour alors que l'Afrique de l'Ouest, notamment le Nigéria et l'Angola,
en produit près de 3,7 millions. Toutefois, on s'attend que la production
ouest-africaine atteigne près de 10 millions de barils par jour dans cinq
ans et qu'elle soit donc supérieure à celle de l'Arabie Saoudite. A
l'heure actuelle, le monde produit et consomme quelque 50 millions de barils de
pétrole par jour. Les Etats-Unis consomment 20 millions de barils par jour,
mais en produisent uniquement 6 millions et doivent donc en importer 14 millions.
Ils importent 15 % de l'Afrique de l'Ouest, et ce pourcentage devrait passer à
25 %. "L'Afrique de l'Ouest, a indiqué M. Van Dyke, revêt maintenant
une énorme importance pour le secteur pétrolier des Etats-Unis,
et cela continuera d'être le cas à l'avenir." La société
VANCO est la principale entreprise de forage en eau profonde qui effectue des
forages au large des côtes de l'Afrique de l'Ouest. Elle se spécialise
dans les forages allant de 300 à 3.000 mètres. Elle fait actuellement
des forages dans de vastes zones situées le long des côtes du Maroc,
du Sénégal, de la Côte d'Ivoire, du Ghana, de la Guinée
équatoriale, du Gabon, de la Namibie et de Madagascar. "Vu ma formation
de géologue et mon expérience de la prospection pétrolière,
a-t-il dit, je comprends bien les possibilités qu'offre l'Afrique de
l'Ouest, et elles sont véritablement phénoménales." La
production de pétrole en eau profonde a commencé depuis assez longtemps
au Nigeria et en Angola, mais ce n'est que maintenant que d'autres pays se lancent
sur cette voie. La Guinée équatoriale, qui produit actuellement
250.000 barils par jour, va bientôt augmenter sa production pour la faire
passer à 400.000 barils par jour. Vu que ce pays ne compte que 400.000
habitants, il pourrait devenir, selon M. Van Dyke, le "Koweït de l'Afrique
de l'Ouest". Il semble que la Côte d'Ivoire et le Maroc puissent
aussi devenir d'importants producteurs de pétrole en eau profonde. Lors
de l'entretien qu'il a accord au "Washington File" après
la table ronde, M. Van Dyke a indiqué que les réserves connues de
l'Afrique de l'Ouest s'élevaient à 46 milliards de barils par jour.
"Je pense que ces réserves pourraient atteindre 100 milliards de barils
dans les quatre à cinq ans, ce qui est l'équivalent des réserves
de chacun des trois pays suivants : l'Irak, l'Iran et le Koweït. Un des
avantages de l'Afrique de l'Ouest, c'est que l'on peut transporter le pétrole
sans avoir à passer par un canal, que la zone de production en eau profonde
n'est pas instable et qu'elle est située à mi-chemin entre les Etats-Unis
et le Moyen-Orient. En ce qui concerne la prospection pétrolière,
M. Van Dyke a indiqu que le créneau était de deux ans et qu'il
était allé en Afrique au bon moment, car en général
tout était découvert au bout de deux ans et les sociétés
pétrolières avaient acquis les droits d'exploitation pendant cette
période. C'est le cas dans toutes les zones pétrolifères,
qu'il s'agisse de l'Alaska, de la mer du Nord ou de la Russie. L'Afrique de l'Ouest
se trouve dans la seconde moiti de la période d'exploration. M.
Van Dyke, dont la société joue un rôle très actif dans
la partie méridionale de la mer du Nord, est d'avis que le forage en eau
profonde constitue l'avenir du secteur ptrolier. Les progrès techniques,
tels que les navires de production et de stockage de pétrole au large,
rendent maintenant le forage en eau profonde très pratique. "Je
suis très en faveur des navires de production et de stockage de pétrole
au large qui sont dotés d'installations de séparation pour la première
étape de traitement du brut sur le lieu de forage, a-t-il indiqué.
Après le forage des puits, le brut monte du fond de l'océan jusqu'au
navire où l'on sépare sur son pont le pétrole, le gaz et
l'eau. L'eau est purifiée et rejetée dans l'océan. Le gaz
est soit réinjecté dans le sol soit brûlé. Quant au
pétrole, il est stocké dans le navire. Toutes les semaines environ,
un navire arrive, pompe le pétrole et le transporte à Rotterdam,
à New York ou ailleurs. "L'Afrique de l'Ouest est un lieu excellent
où l'on peut forer des puits rapidement et les exploiter au moyen de ces
navires de production et de stockage au large." En outre, son climat est
doux et il y est très facile de forer des puits au large des côtes
car il n'est pas nécessaire d'aller très profondément. En
tant qu'exemple, M. Van Dyke a fait état de la société "Triton
Oil Company" qui a découvert le gisement de Ceiba en Guinée
équatoriale, qui a foré 5 puits en eau profonde et qui a affrété
un navire de production et de stockage au large. Au cours des 14 mois qui ont
suivi le premier forage, elle a produit 50.000 barils par jour. En Afrique
de l'Ouest, a-t-il dit, les puits peuvent être exploités très
rapidement et produire quelque 10.000 barils par jour. Les entreprises qui investissent
dans le secteur pétrolier ouest-africain peuvent récupérer
leurs capitaux très rapidement car l'exploitation des gisements y est extrêmement
rentable. En outre, tous les pays de cette partie du monde cherchent à
attirer les producteurs indépendants et les grandes sociétés
pétrolières. Toutefois, a-t-il ajouté, le forage en eau
profonde n'est encore qu'à ses débuts le long des côtes africaines,
même si l'exploration sismique et l'acquisition des droits d'exploitation
sont à peu près achevées. "On ne compte que 6 à
7 puits en eau profonde entre le Nigeria et Gibraltar." Le taux de réussite
du forage des puits d'exploration est d'environ 50 % en Afrique de l'Ouest, alors
qu'il n'est que de 10 % dans le reste du monde. Il s'ensuit que "50 à
60 % des puits d'exploration qui y sont forés permettent de découvrir
un gisement d'une capacité supérieure à 100 millions de barils". Cette
réussite s'explique par la géologie stratigraphique des zones pétrolifères.
Une grande quantité du pétrole ouest-africain se trouve dans le
lit d'anciennes rivières provenant de la terre ferme, a-t-il indiqué.
Lorsqu'on fore un puits au large des côtes, on peut apercevoir le lit de
la rivière sur les indicateurs sismiques, diriger ainsi le forage vers
ce lit et extraire tout le pétrole qui s'y trouve.
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