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Crise ivoirienne : Plus de 500 millions de perte pour la Cmdt
(La Revue de presse du Cefib 18/11/2002)

Pris au piège par la crise ivoirienne, la CMDT va devoir payer une facture salée pour assurer le transport de son coton par le port de Lomé. Le coton malien risque de payer un lourd tribut par suite de l'insurrection militaire survenue en Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre dernier. Les militaires ivoiriens opposés au régime du Président Laurent Gbagbo contrôlent depuis près de deux mois la moitié Nord du pays, bloquant toute activité de transport en direction d'Abidjan, principal port d'embarquement de coton malien.
Les dirigeants de la compagnie Malienne pour le développement des textiles se font des cheveux blancs. Face à la crise politico-militaire que traverse la Côte d'Ivoire et aux difficultés d'acheminement par Dakar, la 38 ème session de Conseil d'Administration de la Cmdt propose d'évacuer par le port de Lomé 20.000 tonnes de fibres de coton en stock au niveau de ses usines. Cependant ce changement de port d'embarquement aura des incidences de plusieurs ordres. La distance moyenne en passant par Abidjan est de 995 km contre 1765 km par Lomé soit une distance supplémentaire de 770 km. Avec 18. 294 francs Cfa /T l'incidence financière pour les 20.000 tonnes sera de 365.881000 francs Cfa. D'après les calculs de la direction de la CMDT, le transit par Lomé enregistre une augmentation de 12,8 % par rapport à Abidjan. Ceci correspond à 1.451 F Cfa/T pour un montant de 29.029.000 F Cfa. "Contrairement à l'axe Abidjan ou on ne paie rien, les traversées du Burkina Faso et du Togo exigent le paiement d'un fonds de garantie à hauteur de 0,25 % de la valeur de la marchandise aux frontières" indique le rapport du CA. Pour une valeur moyenne de la fibre estimée à 620 F Cfa/kg, cette opération coûtera 3.100 F Cfa/T, soit 62 millions de francs Cfa. Mais la direction de la Cmdt reste optimiste quant à la suppression de cette taxe. "Avec les démarches en cours entre les autorités maliennes et celle des deux pays, nous gardons l'espoir que le paiement de ce fonds sera supprimé" souligne le document.
Au total le transit des 20.000 tonnes par Lomé coûtera 395 millions de francs supplémentaires à condition que la CMDT bénéficie de l'exonération des fonds de garantie. Dans le cas contraire, elle paiera 62 millions de fonds de garantie pour un coût total de 457 millions de F Cfa. Mais les inquiétudes de la CMDT sont plus grande si la crise ivoirienne devait persister. Selon ce scénario, la direction envisage de faire passer par Lomé et peut être par le port de Téma au Ghana 60.000 tonnes de la production de 2002-2003. L'incidence prévisionnelle selon les calculs est encore insupportable. Lomé coûtera plus cher qu'Abidjan de 26.800 F Cfa/T pour les 60.000 tonnes. "Il ne sera plus superflu d'envisager une étude sur le port de Téma au Ghana.
Toutefois compte tenu de la distance, les coûts seront certainement du même ordre que sur Lomé" s'interroge t-on au niveau du géant de textile malien. Cependant l'impact de la crise ivoirienne sur la Cmdt ne se limite pas seulement au transport de la fibre. Il concerne aussi les importations du géant.
Dans l'immédiat les surcoûts estimés par la direction de la compagnie portent sur deux aspects. Il y a d'abord les importations de fils d'acier pour le cerclage des balles de coton pour environ 41 millions (soit environ 6 % de la valeur de la marchandise). Ensuite, l'approvisionnement en emballages, à savoir des "chaussettes" et la toile de polypropylène pour balles de coton fabriquées à Abidjan et à Bouaké pour environ 12 millions FCfa. Mais ce n'est pas tout, si cette crise perdure, indique t-on à la direction de la CMDT, il y aura un impact certain sur le coût des intrants (environ 20 à 22 F Cfa/kg pour les intrants qui devraient passer par le Togo) et, sans doute sur le coût de carburant. Selon les calculs de la CMDT, l'incidence financière est estimé à 510 millions de F Cfa. Une situation difficile au moment où la compagnie doit combler son déficit d'exploitation de 2001 d'un montant de 2,1 milliards de francs Cfa.

Fousséni Traoré Le REPUBLICAIN DU 15/11/02

© Copyright La Revue de presse du Cefib

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