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Exploitation
aurifière - Silence autour dun pillage organisé Le Mali est riche, mais les Maliens sont pauvres, entend-on dire très souvent, à cause non seulement de la mauvaise répartition des revenus, mais aussi de la mauvaise exploitation des ressources naturelles du pays, notamment lor qui est sauvagement exploité par les multinationales.
En effet, en dépit de plus dune décennie dexploitation de cette richesse du pays, les populations vivent toujours dans lattente du bonheur promis. Aussi, faut-il encore espérer sur les promesses mirifiques de ces sociétés, ou sur le bonheur que cet or peut apporter aux Maliens? Cest la question que bon nombre de citoyens se posent, malgré les appels répétés des responsables de ces différentes sociétés exploitation, pour amener les Maliens à garder toujours espoir.
Le week-end dernier, sadressant à des visiteurs dun des sites dexploitation de la société quil dirige, le PDG de RANDGOLD, M. Mark Bristow, déclarait : Les ressources de RANDGOLD avaient frayé un chemin pour linvestissement étranger au Mali dans lexploitation de lor, et a découvert et développé deux mines de classe mondiale. Ce qui a aussi favorisé le transfert de la technologie au pays.
Et le PDG de cette société dite pilleuse de nos ressources depuis plusieurs années, de faire croire que la technologie dont il parle a aussi apporté, avec elle, des avantages durables pour le pays. Que faut-il comprendre, lorsque que le premier responsable de RANDGOLD déclare quil ne faut pas seulement voir les avantages à court terme? Mark Bristow pense sans doute que les Maliens ne sont pas assez malins pour comprendre quil veut seulement défendre les intérêts de sa société, affirme un habitué du milieu.
Le PDG de RANDGOLD semble tomber dans son propre piège, en déclarant que si les Maliens ne voient que les avantages à court terme, ils risqueraient de perdre les avantages de lexploitation de lor, en particulier les investissements réalisés. Que veut insinuer ainsi le PDG de la société ? On comprend aisément quil veuille défendre les intérêts de sa société en vantant toujours ce quelle a réalisé en termes dinvestissement au Mali, à part les taxes versées au Trésor Public.
Mais ce quil oublie, cest que malgré la réalisation de centres de santé, dadductions deau et de salles de classe grâce à laquelle la société achète le silence des populations, dit-on, il nen demeure pas moins que la société ne peut en aucune façon réparer les torts causés et aux hommes, et à la nature : déchets toxiques, pollution de lenvironnement et autres dégâts...
La preuve : dans toutes les zones dexploitation de lor, les populations nont jamais cessé de se plaindre, elles qui doivent pourtant ressentir, en premier lieu, les bienfaits de cette richesse aurifère. Et bien des citoyens, de pointer le doigt sur lEtat, pour avoir laissé les différentes sociétés exploiter, de façon sauvage, cette richesse qui, si elle est bien exploitée, peut faire du Mali un pays où il fait bon vivre.
Malheureusement, on assiste plutôt à ce que beaucoup de Maliens considèrent aujourdhui comme un pillage systématique dans lequel lEtat ne récolte que de maigres recettes. En effet, lor malien est-il bien exploité, si lEtat ne perçoit que 20% des intérêts quil rapporte? Et que dire des travailleurs qui, dans ces sociétés, sont non seulement traités comme des esclaves des temps modernes, mais qui, au mépris de toutes les règles, ne reçoivent pas ou peu leurs droits, au motif quils sont en grève ou autre ?
Les responsables des sociétés dexploitation des mines, notamment lor, doivent comprendre quelles ne pourront pas continuer à bénéficier des largesses dun Etat, car il ne sagit ni plus ni moins quune question de génération. Cest dire quarrivera bien un temps où ces sociétés seront remerciées, pour donner la chance à dautres dont les promoteurs auront le sens de lhumain, et proposeront des contrats bien négociés à lEtat, où chacun tirera les profits nécessaires.
Mais en attendant ce jour, les sociétés qui évoluent actuellement dans le milieu aurifère peuvent continuer à se la couler douce et à se frotter les mains. Laya DIARRA © Copyright Soir de Bamako Archives |
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