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zone franc: En sortir ou y rester Pourtant en juin 1973, la zone franc a connu une révolution qui est loin dêtre négligeable. La place de la France dans les Conseils dadministration de la BC EAO et de la BEAC actuelle CEMAC a été réduite. (La France par exemple, na quun représentant minoritaire au sein de BCEAO.) Le traité constituant lU.M.O.A ne fait même plus référence à la France. La règle de centralisation des devises a été modifiée. Aujourdhui, la BCEAO, peut disposer librement de 35% de ces avoirs ou devises (20% pour la BEAC) pour les 65% qui restent le Trésor français verse un intérêt qui est de lordre du taux de réescompte français pour lhypothèse ou le franc français se déprécierait, la France sengage à réévaluer les réserves en devise dont elle a la charge, dans les mêmes proportions (même si tous les problèmes techniques ce sont pas définitivement réglés sur ce point....) Conclusion Les règles du jeu sont donc plus équitables pour les partenaires africains de la zone franc. A telle enseigne que certains pays, qui nen font pas partie, désirent aujourdhui y entrer. Il bien vrai aussi que la garantie monétaire de la France (même si elle na pas loccasion concrète de sexercer) représente une sécurité vis-à-vis des prêteurs de fonds et des investissements extérieurs et pourtant? Lappartenance à la zone tend à privilégier des liens avec lancienne Métropole et par là même à "reproduire" un mode de développement artificiel qui nest pas de nature à mobiliser toutes les énergies et toutes les volontés... Alors une union monétaire indépendante? A quel prix? Et selon quels moyens? Apprendre à gérer en commun et de façon souveraine les devises, susciter des activités économiques communes (infrastructures industrielles et énergétiques) ou complémentaires : (production agricole...) serait sans doute un premier pas. Pourtant, des intérêts contradictoires et des conditions locales spécifiques peuvent constituer un obstacle non négligeable. Si lintégration ne ménage pas le droit à la différence... Ce sera léchec! Plus profondément lindépendance monétaire ce serait pour certain la nécessité de choisir un mode de développement différent... ou du moins plus austère. Il est en effet peu probable que les pays les favorables tolèrent très longtemps le déficit chronique de certains de leurs partenaires. Pour les bourgeoisies locales, ce serait alors renoncer à un certain nombre davantages, le rétablissement de léquilibre des comptes extérieurs exigeant une réduction de limportation de certains produits... et plus fondamentalement une promotion du niveau de vie des paysans, seuls capables de stimuler la production agricole... Lindépendance monétaire, même dans le cadre de lintégration, à un prix. La question est de savoir, quels sont les pays, qui, compte tenu des conditions politiques et sociales qui prévalent aujourdhui aussi bien à lextérieur quà lintérieur, sont prêts à en supporter les conséquences. (Suite et fin) Philippe Engelhard © Copyright LInter de Bamako Archives |