Artisanat
malien : les dividendes de Paris (L'Essor 06/10/2008) Cette manifestation
est devenue un rendez-vous incontournable pour les créateurs de notre pays La
ville de Paris, capitale de la France est considérée comme lune
des places fortes du marché international de lart. Cest
pour cette raison que le ministère de lArtisanat et du Tourisme a
décidé den faire sa porte dentrée pour une promotion
bien organisée et mieux structurée de lartisanat de notre
pays. En effet, les artisans maliens dont le dynamisme est légendaire avaient
déjà pris le devant. Ils parcouraient les grandes foires, expositions
et autres festivals dEurope et des États-Unis. Mais cette activité
nétait pas bien organisée. Malgré les ventes quils
effectuaient la rentabilité laissait quelque peu à désirer.
Cest ainsi que depuis 2000, la Rotonde, siège de la Bourse du commerce,
située dans le 1er arrondissement au coeur de la ville, abrite une exposition
vente des produits artisanaux maliens. Le succès de cette manifestation
est palpable dannée en année. Témoin les nombreuses
mairies et associations de ressortissants maliens de France, mais aussi dAllemagne
et de la Belgique qui demandent à recevoir la manifestation. Cest
ainsi que Montreuil en 2004, Evry dans lEssonne et Clermont-Ferrand en 2005,
Asnière en 2006, la Défense en 2006 et la Courneuve cette année
sont aussi des lieux où lartisanat malien sexpose et se vend. Mais
le cas le plus singulier est celui de Montreuil. Car depuis 2004 cette ville reçoit
la quasi totalité des exposants de la Rotonde. LAssociation des ressortissants
maliens en accord avec la mairie ont demandé au ministère de lArtisanat
et du Tourisme de présenter cette exposition une semaine durant. La mairie
met gracieusement à disposition la salle de spectacle. Quant à Evry,
cest à la place Agora, une des plus célèbres de France
qui reçoit lexposition-vente. En collaboration là aussi avec
la communauté des ressortissants maliens, la mairie offre en plus des stands,
le gîte et le couvert est à un coût réduit pour les
artisans. 100 artisans. Ainsi le nombre des artisans et celui des visiteurs
atteste de lintérêt grandissant de la manifestation. La commission
dorganisation est obligée deffectuer un tri des candidats.
Chaque année ce travail devient de plus en plus difficile tant les artisans
veulent tous être de cette fête. De 43 artisans lors de la première
édition, le nombre de candidats est passé cette année à
plus 100. Et les critères de sélection sont entres autres la crédibilité
du candidat, car il faut quil donne des garantis sur son retour au pays.
La qualité des oeuvres est aussi déterminante dans le choix, explique
le président de la commission dorganisation le colonel Cheick Oumar
Kouma, également conseiller militaire au ministère de lArtisanat
et du Tourisme. Cette activité de promotion de grande envergure qui
en est à sa 8è édition, est appuyé par le ministère
de la Culture, lOffice malien du tourisme et de lhôtellerie
(OMATHO) et le Projet dappui à la croissance (PCA) de la Banque mondiale.
Elle retient les corps de métier comme le textile, le bogolan et les autres
teintures traditionnelles et modernes, les bijoux et lorfèvrerie,
la maroquinerie et la cordonnerie, la sculpture sur bois, la perlerie, les produits
de soin et dhygiène corporel. Cest cet artisanat dart
transportable que le Centre national de la promotion de lartisanat (CNPA)
a choisi comme produit à exposer. Mais en Europe, il faut reconnaître
que les tendances évoluent, les sélections sadaptent à
cela. Ce qui fait quil y a quelques années les produits recherchés
étaient le textile. Actuellement, la mode est aux bijoux en argent et en
or. De 2004 à 2007, le nombre de visiteurs est passé de 12.837
à 18.625 et celui des exposants de 58 à 65 pour la même période.
Le nombre de places étant limité, il faut également donner
4 à 6 stands aux artisans maliens résidant en France. Quant aux
chiffres daffaires déclarés par les exposants, ils ont aussi
évolué, passant de 150 millions à 393 millions de 2004 à
2007. Il faut noter quil y a beaucoup de réserves sur les chiffres
communiqués par les artisans. Ces derniers qui sont pour la plupart dun
niveau détude très limité ne déclarent pas correctement
les ventes. De nombreux galeristes effectuent des achats en quantité
comme celui qui a acheté tout le stock de tam-tam du fabricant qui exposait
en 2006, soit plus de 40 unités. Mais ces galeristes et autres acheteurs
en gros continuent à rester dans lanonymat. Ce qui pose des difficultés
dévaluation au CNPA, explique Samba Thiam, le directeur. Notre
interlocuteur estime par ailleurs que limpact de cette fête de lartisanat
du Mali à Paris nest plus à démontrer à partir
du moment, dannée en année la qualité des produits
saméliore et les méthodes des artisans aussi. Nombreux sont
ceux qui commencent à vendre par Internet. Souvent ils reçoivent
des commandes quils expédient par le fret en dehors même des
périodes dexposition. Dans les années à venir, des
pays comme lAllemagne et la Belgique recevront des expositions. Mais lobjectif
majeur demeure lexpansion de lartisanat dans les États de Schengen
et son institutionnalisation. Samba Thiam estime que cette activité mérite
dêtre reconnue par un acte juridique des hautes autorités afin
quelle puisse continuer à jouer son rôle dans la promotion
de lartisanat à travers le monde. Y. DOUMBIA
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