Exportations
des mangues : 2008, une année faste (L'Essor 10/10/2008)
Ces opérations ont rapporté 10 milliards Fcfa mais pourraient être
plus rentables si les pays fournisseurs s'accordaient Le Programme compétitivité
et diversification agricoles (PCDA) planche depuis mercredi sur le bilan de la
campagne de commercialisation de la mangue sur le marché européen,
régional et sous-régional et sur les avancées du programme
et de ses partenaires Geosys-Pixela sur l'estimation du potentiel de production
d'une part de la mangue, et d'autre part du karité, de la gomme arabique,
des agrumes, de la banane, de l'échalote et de la pomme de terre. C'est
à la faveur d'un atelier de deux jours organisé au Centre international
des conférences de Bamako. Le deuxième volet de la session entend
mettre à la disposition du PCDA et des acteurs, des informations relatives
à la cartographie du potentiel des espèces notamment les superficies,
la localisation, les variétés, l'âge, la densité, le
rendement et les statistiques de production des filières ciblées.
Ce dispositif permettra un suivi annuel de l'évolution du potentiel des
filières retenues et une aide à la prise de décisions objectives
au plan des interventions sur les facteurs de production. Cette connaissance de
la matière est essentielle au développement d'une agriculture commerciale. Épluchant
la campagne de commercialisation de la mangue, les statistiques révèlent
que plus de 14.000 tonnes de mangues ont été commercialisées
dont 9373 tonnes exportées. Ces opérations d'exportation ont rapporté
aux opérateurs 10 milliards Fcfa. Ce chiffre ne prend pas en compte la
commercialisation de la mangue transformée. Le PCDA a largement contribué
à l'atteinte de ces résultats encourageants avec un budget d'appui
de près d'un milliard Fcfa. Pour atteindre ces objectifs, le PCDA a
organisé des démonstrations, financé des sous-projets de
production et de transformation, installé des infrastructures logistiques
comme le périmètre logistique aménagé à zone
agricole (Plaza, une plate-forme de traitement, de conditionnement et d'expédition
des mangues selon les normes techniques et sanitaires), renforcé les capacités
des acteurs et facilité leur accès au financement bancaire. La création
d'un système d'information sur les marchés européens et la
sécurisation de l'approvisionnement des centres de conditionnement figurent
au bilan des activités. La campagne d'exportation des mangues démarre
courant mars-avril pour s'étendre à la mi-juillet. Les variétés
courantes à l'exportation sont la Kent et la Keitt. La Banque nationale
de développement agricole (BNDA) et la caisse Kafo Jiginew sont les institutions
financières qui ont accepté de financer les opérations d'exportation
des mangues. Les zones d'exportation sont la région de Sikasso, celle
de Koulikoro avec Bamako et Kati comme bassins d'exportations. Les exportations
se font essentiellement par deux voies : par bateau et par avion. Les pays de
destination de la mangue malienne sont divers. Il s'agit, en zone Union européenne,
des Pays-Bas, de la France, de la Belgique, de l'Allemagne, de l'Espagne, du Portugal,
du Royaume Uni. La mangue part aussi pour le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire,
la Mauritanie dans la sous-région, et plus loin pour l'Algérie,
la Libye, le Maroc, le Gabon et la Tunisie. Sur les marchés européens,
les exportateurs maliens doivent se frotter à une forte concurrence, indique
Pierre Gerbaud, un spécialiste des marchés des fruits et légumes
et tubercules de l'UE. Son exposé établit que la mangue malienne
arrive sur les étals européens à une période, où
les marchés connaissent un petit déclin de prix. Selon l'expert,
le Mali arrive avec la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso sur les marchés
juste après les fêtes de Pâques qui sont une période
de demande importante de fruits exotiques. Le Brésil (qui exporte toute
l'année sur l'Europe), le Pérou, Israël, la Côte d'Ivoire
et le Pakistan sont les principaux fournisseurs de mangues des marchés
de l'Union européenne. Les périodes de faibles affluence et d'offres
en mangue coïncident avec l'arrivée sur le marché européen
du Mali, de la Côte d'Ivoire et du Burkina Faso. Ces pays déversent
en même temps plus de 250 tonnes de mangues par semaine, alors que les capacités
d'absorption ne dépassent pas la centaine de tonnes, souligne le spécialiste.
Ce qui explique l'effondrement des prix au moment de notre présence qui
dure près de cinq mois. Coordonner les exportations sur les marchés
européens permettrait à ces pays d'obtenir de meilleurs prix, préconise
Pierre Gerbaud. M. COULIBALY
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