|
Campagne agricole: ça va bien! (L'Essor 08/10/2008)
Les objectifs d'emblavures ont été largement dépassés,
les prévisions de production devraient être atteintes sans trop de
difficultés. La subvention des intrants accordée aux paysans
dans le cadre de l'Initiative riz a facilité l'accès de nombreux
producteurs de riz aux engrais. Selon les techniciens du département de
l'agriculture qui viennent de boucler une tournée de suivi de la campagne
agricole dans toutes régions du pays, excepté celle de Kidal, les
besoins en urée et en DAP/Niéléni ont été largement
couverts. Aussi l'équipe pluridisciplinaire a constaté une augmentation
des emblavures des principales cultures et un taux global de réalisation
des semis/repiquages de 102 % à la date du 31 juillet. La situation
phytosanitaire est, quant à elle, jugée calme dans l'ensemble. La
mission a cependant invité l'encadrement à signaler aux services
des végétaux toutes les informations relatives aux déprédateurs
et à l'application rigoureuses des bonnes pratiques agricoles. Elle a toutefois
regretté l'insuffisance du personnel d'appui conseil et des semences de
riz Nérica partout où elle s'est rendue. Les pluies qui continuent
d'évoluer normalement permettront aux cultures de boucler normalement leur
cycle végétatif. A en croire les techniciens du département
de l'Agriculture, les prévisions de production de la campagne agricole
devraient être atteintes sans trop de difficultés. Avec environ
104 % de taux global de réalisation des semis/repiquages (intégrant
l'initiative riz), notre pays vient d'atteindre un niveau jamais égalée
de superficie repiquée. Il faut signaler que les opérations de repiquage
du riz irrigué sont arrivées à terme notamment à l'Office
des périmètres irrigués de Baguineda. Certains périmètres
ont déjà entamé la phase de récolte du riz. Cette
année, 1 833 563 ha ont été semés en mil et 1 016
254 ha de sorgho ont été emblavés. Le maïs a été
semé sur environ 378 344 ha tandis que le fonio et le niébé
grain ont respectivement atteints les 69 908 ha et 327 297 ha. L'abondance des
pluies, celles provoquées comprises, et leur bonne répartition ont
largement favorisé la réussite des semis des cultures sèches.
Les cultures industrielles comme le coton, l'arachide, le voandzou et le sésame
connaîtront une très bonne récolte cette année. Les
superficies totales réalisées sont de 203 712 ha pour le coton,
355 224 pour l'arachide tandis que le voandzou et le sésame sont respectivement
emblavés sur 42 581 ha et 30 979 ha. Les taux de réalisation
les plus élevés sont enregistrés sur le voandzou (104 % environ)
et l'arachide (102 %). En revanche, le coton connaît le taux le plus bas
(45 % environ). Cette situation serait due au retard de paiement du coton graine
aux producteurs, aux difficultés de remboursement du crédit intrants
liées à la caution solidaire et surtout à l'émergence
de cultures porteuses. En réalité, beaucoup de superficies de coton
sont converties en périmètres rizicoles. La subvention des intrants
engrais et semences ont accentué cette tendance. Sur l'objectif global
de la campagne agricole de cette année (4 709 008 ha), 4 868 578 ha ont
été réalisés, soit un taux de 103 %. La campagne a
prévu une emblavure en riz de 58 838 ha mais les producteurs ont cultivé
610 715 ha sont réalisés, soit un taux de réalisation de
104 %. L'équipe de supervision de la Direction nationale de l'agriculture
a constaté l'intensification des éclosions de larves de sautériaux
dans la bande sahélienne et la présence de bandes errantes de "Quelea
quelea" (oiseaux granivores) à Mopti. Ces oiseaux n'ont pas, pour
le moment, de dortoirs stables. Une campagne de traitement chimique a été
engagée contre les chenilles qui commencent à s'installer sur les
périmètres de riz en zone Office du Niger. Ces indésirables
ont néanmoins causé des dégâts foliaires sur les épis
dans le Sahel. Les cantharides ont choisi les fleurs de mil dans les régions
de Kayes, Koulikoro et Mopti. Au total, 7 434 ha ont été infestés
sur lesquels 3 109 ha ont été traités. Le blé,
une culture de plus en plus importante avec l'augmentation du prix de la farine,
sera cultivé en contre-saison froide. A. M. CISSÉ ©
Copyright L'Essor Archives
|