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Fiscalité: LEtat sous pression Les acteurs du secteur privé malien sestiment lésés par la forte pression fiscale maintenue par lEtat. En effet, dans les milieux daffaires au Mali, on nhésite pas à pointer un doigt accusateur sur la pression fiscale considérée comme une des grandes contraintes à la compétitivité des entreprises. Faux, retorque-t-on. Au niveau des services chargés de la fiscalité au Mali. Au contraire, là on juge la pression fiscale au Mali largement en deçà du taux enregistré dans la plupart des Etats de la sous-région et du taux minimal de 17% exigé par les autorités de lUEMOA. LUEMOA estime quà une pression fiscale inférieure à 17 %, aucune possibilité de ressources internes nest laissée à lEtat pour des investissements publics. Il faut rappeler que le taux de pression fiscale sobtient en faisant le rapport entre le prélèvement fiscal et le Produit intérieur brut (PIB). Par prélèvement fiscal, il faut entendre lensemble des impôts (directs et indirects) et les prélèvements dus à la parafiscalité. Le Produit intérieur brut, quant à lui, représente une mesure de la production nationale, cest-à-dire, lensemble des biens et services produits au cours dune période donnée. Cela veut dire que la baisse du taux de pression fiscale peut ne pas signifier une fiscalité apaisée, mais peut provenir dune augmentation du PIB. Inversement, la hausse du coefficient de pression fiscale peut ne pas être léquivalent dune augmentation de la pression fiscale, mais résulter dune diminution du PIB. Au vu des indicateurs économiques du Mali, on se rend compte que les recettes fiscales ont constamment augmenté au fil des ans, en même temps que le PIB. Exprimés en milliards de FCFA, les recettes fiscales sétablissent progressivement à 272,7 en 2001 ; 306,1 en 2002 ; 349,1 en 2003 ; 393,3 en 2004 ; 446,2 en 2005 ; 459 en 2006 ; 509,6 en 2007. Ce qui se traduit par un taux de pression fiscale équivalent à 12,8% en 2001 ; 13,8% en 2002 ; 15,2% en 2003 ; 15,4% en 2004 ; pour chuter à 14,7% en 2006. Naturellement, avec les déficits budgétaires qui salignent au fil des ans, lEtat aurait souhaité engranger plus de recettes budgétaires et respecter le critère de convergence de lUemoa en atteignant au moins le taux de pression fiscale de 17%, au lieu de compter en grande partie sur laide budgétaire extérieure pour financer ses investissements, dans un contexte où la construction dinfrastructures savère une nécessité absolue pour produire les conditions dun décollage économique. Le Sénégal, seul pays à dépasser la barre de 17% de pression fiscale, a atteint 19,1% en 2006. Il est suivi du Bénin 15,3%, de la Côte dIvoire 15,1% et du Mali. Parmi les critères de convergence respectés par les différents pays de lUEMOA, le taux de pression fiscale reste dailleurs le seul élément que le Sénégal possède en plus, comparé au Mali. La grande question pour le Mali reste donc de savoir comment respecter les directives de lUEMOA tout en ménageant les susceptibilités et grincements de dents des contribuables dont le secteur privé en première ligne ? Il faut retenir que le non-respect du taux de pression fiscale indique que des efforts importants restent à entreprendre en matière de mobilisation des ressources budgétaires intérieures. Selon des professionnels du fisc, une des solutions consiste à élargir lassiette fiscale pour éviter de faire reposer la charge de limpôt sur un petit groupe dentreprises. A ce sujet, des études réalisées par le Programme dassistance pour la mobilisation des ressources intérieures (PAMORI) avaient permis didentifier des secteurs longtemps laissés en jachère dans le cadre de la mobilisation des ressources intérieures, en dautres termes, des filières pourvoyeuses dimpôts. Evidemment, cela devra saccompagner dune intensification de la lutte contre la fraude sous toutes ses formes. Amadou Bamba Niang © Copyright L'Aube Archives |
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