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"La hausse du prix du pain est inévitable"
- Sidy Dagnoko, président par intérim du Ccfp Les Echos : Pour quelles raisons envisagez-vous daugmenter le prix du pain ? Sidy Dagnoko : Cette hausse que nous envisageons est liée à laugmentation du prix du blé sur le marché international. Cette crise a commencé depuis 2006. Nous sommes dans un processus daugmentation qui dure depuis 10 à 12 mois. De décembre 2006 à octobre 2007, le prix du blé a progressivement grimpé chaque mois. Nous sommes à un cumul de près de 102 % de hausse. Cela nécessite la prise de dispositions et de mesures. Le blé est la matière première qui entre dans la fabrication du pain. La conjoncture ressentie sur le blé a une répercussion sur toute la filière du pain, du producteur de blé à lindustrie de transformation, du distributeur au consommateur. Les Echos : Vous annonciez une augmentation à compter du 15 octobre 2007. Où en êtes-vous avec le ministère de lEconomie, de lIndustrie et du Commerce avec qui vous êtes en pourparlers ? Sidy Dagnoko : Il est dabord important de signaler que la situation que nous vivons nest de la responsabilité de personne. Le cours du blé ne dépend pas de la volonté dun Etat, dun ministre, dun opérateur économique. Cest une situation que nous subissons de plein fouet comme dautres Etats africains. Nous ne pouvons que prendre des mesures pour atténuer ses effets. Nous discutons avec le ministère de tutelle avec lequel nous examinons les voies et moyens pour rendre supportables les effets de la hausse. En août déjà, cest à la suite de nos discussions que nous avions convenu de la diminution du poids de la baguette de 200 g à 150 g et celle de 300 g à 200 g. Cette mesure sest avérée inefficace puisque 90 % des boulangeries ne peuvent faire que du pain de 160 à 165 g. La deuxième précision est que nous avons rencontré le ministère pour linformer de la situation et de notre décision daugmenter à compter du 15 octobre 2007 la baguette de 125 F CFA à 150 F CFA et le gros pain de 200 F CFA à 300 F. Il faut noter que le ministère de lEconomie, du Commerce et de lIndustrie nest pas membre du CCFP. Celui-ci regroupe tous les acteurs privés de la filière pain, y compris les associations de consommateurs. Le ministère est, bien entendu, notre partenaire. Nous linformons de nos décisions et voyons ensemble les solutions durables à prendre. Nous avons adressé un mémo au ministère pour lui proposer des mesures. Parmi ces mesures, il y a laugmentation des du pain. Le ministre nous a demandé de lui donner le temps de voir dans quelle mesure nous pouvons prendre des mesures daccompagnement pour stabiliser de façon durable les décisions prises. La décision prise doit pouvoir gérer un ensemble de solutions et non un problème ponctuel. Les Echos : Est-ce que vous sursoyez à laugmentation ou quelles dispositions avez-vous prises ? Sidy Dagnoko : Nous avons sciemment retardé la hausse des prix parce quil sagit, pour nous, de terminer avec le ministère ladoption des mesures daccompagnement. Ce retard est surtout dû au fait, que Mme la ministre est en déplacement aux Etats-Unis où elle participe à lassemblée générale du FMI et de la Banque mondiale. Nous sommes au stade danalyse des mesures daccompagnement de laugmentation des prix. Les Echos : Lapplication des mesures est pour quand ? Sidy Dagnoko : Elle interviendra dès que nous aurons terminé. Cest un ensemble de discussions à mener. Mais il faut savoir que seule lassemblée générale du CCFP est souveraine pour prendre une décision. Tout compte fait, elle se réunira dès la semaine prochaine pour statuer. Mais elle tient tout dabord à discuter des mesures daccompagnement. Les Echos : Laugmentation est-elle évitable ? Sidy Dagnoko : Laugmentation est quasiment inévitable pour la simple raison que si on devait appliquer de façon arithmétique laugmentation réelle des cours du blé, lune des répercussions serait de vendre la baguette à 200 F et le gros pain à 400 F CFA. Notre souci est de prendre en compte les consommateurs du Mali. Nous avons souci de faire en sorte que lensemble des mesures daccompagnement puissent autant que possible diminuer les effets de la hausse et amorcer quelques solutions durables parmi lesquelles, le développement de la culture du blé au Mali, la normalisation du secteur de la boulangerie, linstallation des kiosques de vente de pain, la formation et lencadrement des acteurs de la filière. Toutes ces mesures daccompagnement vont contribuer à stabiliser la situation et à rendre laugmentation la moins contrayante possible. Propos recueillis par Abdrahamane Dicko © Copyright Les Echos Archives |