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Polémique sur lor malien: : La part de vérité
de Randgold Lor malien est au cur dune vaste polémique aujourdhui liée aux conséquences environnementales et à la non-visibilité de son impact socioéconomique sur les populations. Après le rapport critique des organisations de défense des droits de lHomme (AMDH et FIDH) et le livre de Gilles Labarthe, « Lor africain », on sattendait à une réaction des sociétés minières. Et cest fait depuis lundi après-midi avec Randgold Resources qui a rencontré la presse en présence de presque tous ses partenaires traditionnels, y compris lEtat. « Exploiter lor malien au profit des Maliens » : tel est lobjectif que sest fixée la société minière Randgold Resources, selon son directeur exécutif Dr. Mark Bristow. Et il assure : « Dans lexploitation des mines dor, les Maliens gagnent plus que de la poussière car plus de 50 % des recettes de lor restent au Mali ». Ces déclarations ont été faites lundi dernier lors dune rencontre avec la presse. Pour la circonstance, M. Bristow était entouré non seulement de ses proches collaborateurs, mais aussi dune bonne partie de ses partenaires dans le secteur privé et des représentants du ministère des Mines, de lEau et de lEnergie. « Développement et non exploitation : la clef du succès minier en Afrique » était le thème de cette rencontre dont lun des objectifs, selon Dr. Bristow, était dapporter des éclaircissements par rapport « aux critiques et accusations » dont la presse nationale sest fait lécho ces derniers temps. Il faisait implicitement allusion au rapport de lAssociation malienne des droits de lHomme (AMDH), de la Fédération des ligues des droits de lHomme (FIDH) et dOxfam ainsi que le livre, « Lor africain », de Gilles Labarthe qui ont épinglé les sociétés minières et la Banque mondiale pour la gestion catastrophique de lexploitation minière en Afrique, particulièrement au Mali. Ils ont surtout dénoncé les conséquences environnementales dramatiques sur les populations environnantes. Répondant à une question sur ce sujet, le directeur exécutif a balayé ses accusations dun revers de la main. Il a dabord tenu à préciser que « ces accusations sont adressées à toute lindustrie minière. Et Randgold ne réagit pas aux attaques portées à toute lindustrie minière ». Il a néanmoins ajouté, « Randgold ne peut rien cacher aux Maliens puisque la grande majorité de nos travailleurs sont du Mali et lEtat siège au conseil dadministration. Ces gens sont donc informés de tout ce que notre société fait comme activité sur le terrain ». Contrevérités et fausses accusations ? Le directeur général de la société, Mahamadou Samaké, a été plus clair dans sa réponse. « Ceux qui font ces accusations nont pas darguments pour les étayer. Ils navancent aucune statistique pour montrer lincidence environnementale désastreuse sur les populations. Ils ne disent pas quel était le taux de natalité dans les zones dexploitation avant limplantation des mines et à quel niveau se situe celui-ci aujourdhui », a-t-il réagi. Et pour prouver que les accusations portées contre lindustrie minière étaient gratuites, il a tenu à faire intervenir un médecin de la Société minière de Loulo (Somilo). Malheureusement, le seul point positif quon retient de lintervention de ce dernier, cest que la Somilo a fait une étude de santé de base avant limplantation de la mine. Mais, il na apporté aucun élément de réponse pouvant valablement démentir le fait que leffet du cyanure et du mercure sur lenvironnement, singulièrement sur la nappe phréatique, entraînerait des avortements prématurés et la stérilité dans les zones minières de Morila et de Sadiola. Selon les responsables de Randgold, leur société respecte les normes environnementales standards fixées par la Banque mondiale. Ils assurent aussi quun audit environnemental est annuellement fait sur la base de linventaire environnemental qui a été fait avant le début de lactivité minière. Pour rétorquer à « ceux qui ont une perception négative de lactivité minière », Randgold avance surtout des chiffres. Ainsi, selon M. Samaké, lor représentait 21 % du PIB et 72 % des recettes dexportation du Mali en 2006. Sans compter les 3000 Maliens employés directement par Randgold ! Et lEtat touche 6 % de royalties de la vente dor. Quant aux communes qui abritent les mines, elles perçoivent 60 % des patentes que payent celles-ci. Sans compter la construction dinfrastructures socio-religieuses (mosquées, centres de santé, écoles, adduction deau...), les formations et les appuis à lagriculture et au maraîchage, la sensibilisation en matière de santé, etc. Bénéfices réinvestis « Si vous êtes seulement motivé par les dollars, vous ne devez pas faire les mines en Afrique. Ici, vous devez accepter dinvestir dans le futur et vous avez la responsabilité de contribuer, de façon significative, dans des choses comme le développement des infrastructures et lamélioration des programmes sociaux », a fait valoir Dr. Mark Bristow. Il ajoute : « le Mali est un exemple remarquable de ce que cette approche peut donner. Au cours des dix dernières années, Randgold a investi à elle seule plus de 1 milliard de dollars américains dans le pays. Dans la même période, les mines quelle a développées à Morila et à Loulo, dans des zones où il y avait peu dactivités économiques autre que lagriculture ont payé au gouvernement quelque 500 millions de dollars en taxes, royalties et dividendes ». A lentendre, les bénéfices de société sont réinvesties sur place pour louverture de nouvelles mines ou dans la prolongation de la durée de vie de celles qui existent déjà. « Une société minière responsable, doit être capable de créer dans les pays hôtes, en Afrique, le bien-être économique qui doit survivre aux mines elles-mêmes », a souligné Dr. Bristow. Des argumentaires qui nont suscité aucune réaction de la part des représentants de lEtat présents lors de la rencontre avec la presse. Moussa Bolly © Copyright Les Echos Archives |