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Polémique sur l’or malien: : La part de vérité de Randgold
(Les Echos 24/10/2007)

L’or malien est au cœur d’une vaste polémique aujourd’hui liée aux conséquences environnementales et à la non-visibilité de son impact socioéconomique sur les populations. Après le rapport critique des organisations de défense des droits de l’Homme (AMDH et FIDH) et le livre de Gilles Labarthe, « L’or africain », on s’attendait à une réaction des sociétés minières. Et c’est fait depuis lundi après-midi avec Randgold Resources qui a rencontré la presse en présence de presque tous ses partenaires traditionnels, y compris l’Etat.

« Exploiter l’or malien au profit des Maliens » : tel est l’objectif que s’est fixée la société minière Randgold Resources, selon son directeur exécutif Dr. Mark Bristow. Et il assure : « Dans l’exploitation des mines d’or, les Maliens gagnent plus que de la poussière car plus de 50 % des recettes de l’or restent au Mali ». Ces déclarations ont été faites lundi dernier lors d’une rencontre avec la presse.

Pour la circonstance, M. Bristow était entouré non seulement de ses proches collaborateurs, mais aussi d’une bonne partie de ses partenaires dans le secteur privé et des représentants du ministère des Mines, de l’Eau et de l’Energie. « Développement et non exploitation : la clef du succès minier en Afrique » était le thème de cette rencontre dont l’un des objectifs, selon Dr. Bristow, était d’apporter des éclaircissements par rapport « aux critiques et accusations » dont la presse nationale s’est fait l’écho ces derniers temps.

Il faisait implicitement allusion au rapport de l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH), de la Fédération des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et d’Oxfam ainsi que le livre, « L’or africain », de Gilles Labarthe qui ont épinglé les sociétés minières et la Banque mondiale pour la gestion catastrophique de l’exploitation minière en Afrique, particulièrement au Mali. Ils ont surtout dénoncé les conséquences environnementales dramatiques sur les populations environnantes.

Répondant à une question sur ce sujet, le directeur exécutif a balayé ses accusations d’un revers de la main. Il a d’abord tenu à préciser que « ces accusations sont adressées à toute l’industrie minière. Et Randgold ne réagit pas aux attaques portées à toute l’industrie minière ». Il a néanmoins ajouté, « Randgold ne peut rien cacher aux Maliens puisque la grande majorité de nos travailleurs sont du Mali et l’Etat siège au conseil d’administration. Ces gens sont donc informés de tout ce que notre société fait comme activité sur le terrain ».

Contrevérités et fausses accusations ?

Le directeur général de la société, Mahamadou Samaké, a été plus clair dans sa réponse. « Ceux qui font ces accusations n’ont pas d’arguments pour les étayer. Ils n’avancent aucune statistique pour montrer l’incidence environnementale désastreuse sur les populations. Ils ne disent pas quel était le taux de natalité dans les zones d’exploitation avant l’implantation des mines et à quel niveau se situe celui-ci aujourd’hui », a-t-il réagi.

Et pour prouver que les accusations portées contre l’industrie minière étaient gratuites, il a tenu à faire intervenir un médecin de la Société minière de Loulo (Somilo). Malheureusement, le seul point positif qu’on retient de l’intervention de ce dernier, c’est que la Somilo a fait une étude de santé de base avant l’implantation de la mine. Mais, il n’a apporté aucun élément de réponse pouvant valablement démentir le fait que l’effet du cyanure et du mercure sur l’environnement, singulièrement sur la nappe phréatique, entraînerait des avortements prématurés et la stérilité dans les zones minières de Morila et de Sadiola.

Selon les responsables de Randgold, leur société respecte les normes environnementales standards fixées par la Banque mondiale. Ils assurent aussi qu’un audit environnemental est annuellement fait sur la base de l’inventaire environnemental qui a été fait avant le début de l’activité minière. Pour rétorquer à « ceux qui ont une perception négative de l’activité minière », Randgold avance surtout des chiffres.

Ainsi, selon M. Samaké, l’or représentait 21 % du PIB et 72 % des recettes d’exportation du Mali en 2006. Sans compter les 3000 Maliens employés directement par Randgold ! Et l’Etat touche 6 % de royalties de la vente d’or. Quant aux communes qui abritent les mines, elles perçoivent 60 % des patentes que payent celles-ci. Sans compter la construction d’infrastructures socio-religieuses (mosquées, centres de santé, écoles, adduction d’eau...), les formations et les appuis à l’agriculture et au maraîchage, la sensibilisation en matière de santé, etc.

Bénéfices réinvestis

« Si vous êtes seulement motivé par les dollars, vous ne devez pas faire les mines en Afrique. Ici, vous devez accepter d’investir dans le futur et vous avez la responsabilité de contribuer, de façon significative, dans des choses comme le développement des infrastructures et l’amélioration des programmes sociaux », a fait valoir Dr. Mark Bristow.

Il ajoute : « le Mali est un exemple remarquable de ce que cette approche peut donner. Au cours des dix dernières années, Randgold a investi à elle seule plus de 1 milliard de dollars américains dans le pays. Dans la même période, les mines qu’elle a développées à Morila et à Loulo, dans des zones où il y avait peu d’activités économiques autre que l’agriculture ont payé au gouvernement quelque 500 millions de dollars en taxes, royalties et dividendes ».

A l’entendre, les bénéfices de société sont réinvesties sur place pour l’ouverture de nouvelles mines ou dans la prolongation de la durée de vie de celles qui existent déjà. « Une société minière responsable, doit être capable de créer dans les pays hôtes, en Afrique, le bien-être économique qui doit survivre aux mines elles-mêmes », a souligné Dr. Bristow.

Des argumentaires qui n’ont suscité aucune réaction de la part des représentants de l’Etat présents lors de la rencontre avec la presse.

Moussa Bolly

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