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APE: L'exigence d'un rééquilibrage structurel
(L'Essor 24/10/2007)

En accord avec ses partenaires de la CEDEAO, notre pays dverait demander des aménagements au régime de libre-échange afin d'en limiter les aspects négatifs

Le refus de la CEDEAO de conclure l'APE dans sa forme actuelle en décembre prochain continue de susciter des interrogations et d'alimenter les discussions. Quel sera l'impact de la signature des ces accords pour notre pays?
De nombreuses études d’impact et simulations ont été réalisées depuis trois ou quatre ans pour déterminer leur impact. Les experts estiment que les conséquences de la conclusion d’un APE sont d'abord fonction du choix qu’auront effectué les autres partenaires du Mali. Ainsi, par exemple, Si la CEDEAO signe un APE, les importations totales augmenteront de 10 à 21%, celles en provenance de l’UE de 32% à 59%. Au cas où c'est l'UEMOA qui signait, les augmentations seront respectivement de 10 à 19% et de 32 à 59%. Si la CEDEAO renonçait à l'APE et que l’intégration régionale s’achève, les importations totales augmenteront de 2%, celles en provenance de la CEDEAO d’environ 85%.
Les analyses soulignent également que l'accès des PMA au marché des pays développés est déjà inscrit dans les accords de l'Organisation mondiale du commerce. La libéralisation quant à elle, ne garantit pas une augmentation de l'efficience économique

DIMINUTION DES RECETTES FISCALES. En termes de recettes fiscales, notre pays devrait perdre 18 milliards de Fcfa selon les estimations. La diminution des taxes à l’importation se répercutera sur la production agro-alimentaire de trois façons : par l’augmentation de la concurrence des produits européens sur le marché malien, mais aussi par celle des produits européens sur les marchés de débouché des produits maliens : ceci concerne au premier plan la viande qui sera concurrencée chez les clients maliens par la viande importée des pays de l'UE à prix plus avantageux.
Par rapport à la compétitivité des entreprises industrielles, les analyses attestent d’une grande fragilité de l’industrie malienne. Par exemple, seuls les deux tiers d'un échantillon d'entreprises étudiées se sont révélées rentables au cours de deux exercices successifs. Près des deux tiers de l’échantillon en question ne sont pas compétitifs et rentables à la fois. Sur 34 entreprises étudiées, 15 verront leur compétitivité s’améliorer, 11 se détériorer et 8 ne verront aucune modification de leur situation. Parmi les entreprises gagnantes on retrouve les entreprises d’articles de matière plastique et de métallurgie. Pour les entreprises de chimie et agro-alimentaires, le bilan est mitigé avec autant de gagnants que de perdants. Toutefois L'APE, estime t-on, devrait profiter davantage aux entreprises exportatrices. La stratégie des entreprises face aux enjeux de l'APE devrait être non pas le maintien des parts de marché local, mais la conquête de substantielles parts de marché dans l'espace de libre-échange que représentera la CEDEAO et l'UE réunies. Ces entreprises accroîtront leur compétitivité, parce que les équipements et intrants importés pour la plupart d'Europe seront libres de droit de douane. Rappelons que l'UE représente 20 milliards de FCFA d'importation de produits agro-alimentaires, soit 10 % du déficit commercial du Mali, pour près de 7 milliards de recettes fiscales et la quasi totalité des importations de blé, de farine de blé et de produits laitiers. L'impact serait d'environ 3 milliards de FCFA de perte de recettes sur les produits agro-alimentaires avec une baisse des prix des intrants de l'ordre de 4 %.
Dans le secteur agro-alimentaire, la production nationale de lait est importante et l'analyse économique incite à son accroissement compte tenu de la forte valorisation des ressources nationales qu’elle génère. Il serait illogique d’accentuer l’accès des produits européens subventionnés. Mais, la situation est autre pour des produits qui représentent peu d’enjeux comme les fruits et légumes ou les huiles pour lesquels peu d’investissements nationaux ont été réalisés.

NÉGOCIER DES EXCEPTIONS. On suggère que soient négociées des exemptions à la baisse des tarifs pour les filières agricoles qui valorisent fortement les ressources nationales (et qui ne sont pas subventionnées contrairement à celles exportées par l’UE) viande bovine, lait, aviculture ou qui présentent un intérêt stratégique pour le pays le sucre et le blé. Certains produits importés d’Europe sont particulièrement porteurs de recettes fiscales. Désarmer le tarif sur ces importations, qui en outre ne présentent pas d’enjeux stratégique pour l’investissement national, n’aurait pas de sens. Il s'agit des cigarettes, de la farine de blé, de la friperie dont la fiscalité de porte est de l’ordre de 20% à laquelle s’adosse une fiscalité intérieure importante : 19 lignes tarifaires totalisent à elles seules 44% de la fiscalité de porte et 46% de la fiscalité intérieure. Il serait donc logique que le pays se garde la possibilité d’actionner ce “ levier fiscal ”. Il convient donc de négocier des dérogations à l’abattement tarifaire pour les filières industrielles de produits de consommation qui sont pourvoyeuses de fortes recettes fiscales : les produits laitiers vendus en pharmacie, le blé dur, les cigarettes, la farine de blé, les véhicules particuliers de transport, la friperie.
L’impact social de son côté n’est pas négligeable puisque pour les entreprises industrielles les plus compétitives (40% de l'échantillon), on estime une perte d’emploi de 3% et pour le secteur agro-alimentaire, le transfert de valeur ajoutée se fera surtout en faveur des secteurs liés au commerce d’importation et non des agriculteurs réputés être la population la plus pauvre du pays. Dans un contexte où les partenaires au développement insistent sur la lutte contre la pauvreté, ceci ne devrait pas laisser indifférent
Les analystes estiment que le Mali doit s'entendre avec ses partenaires de la CEDEAO pour exiger des aménagements au régime de libre-échange afin d’en limiter les aspects négatifs.

F. MAIGA

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