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Fabrication du pain: Le Niger substitue le blé au mil et au maïs
(Les Echos 10/10/2007)

Les pays africains sont durement frappés par la montée en flèche du prix du blé indispensable à la fabrication du pain. Au Niger voisin, les autorités, le patronat de boulangers et les associations de consommateurs ont convenu de remplacer le blé par la farine de mil et de maïs pour faire du pain.

Les pays africains ne sont pas de grands producteurs de blé, une matière première dans la panification. Ce produit nous vient d’Europe dont la production ces dernières années a considérablement diminué du fait de la sécheresse et une politique de régénérescence des sols par la jachère. Au Mali, comme dans la plupart des pays au sud du Sahara, le coup a été ressenti.

Toutes les solutions possibles ont été envisagées par des gouvernements pour éviter des émeutes du pain que pourrait engendrer une hausse du prix de la baguette. Au Mali, les autorités et les associations patronales de boulangers ont réajusté le poids du pain au lieu d’augmenter les prix. Ainsi, le gros pain a connu une cure d’amaigrissement de 400 à 300 g. La baguette est passée de 200 à 150 g.

Il y a deux semaines, à l’issue d’intenses négociations tripartites entre le ministère nigérien de la Compétitivité et de la Lutte contre la vie chère, le patronat des boulangers, les consommateurs, les parties sont tombées d’accord pour éviter toute hausse de prix. La solution palliative que les autorités nigériennes ont envisagée avec ses partenaires a été de remplacer la farine de blé par celle du mil et du mais dans la boulangerie. La mesure doit en principe être effective d’ici à fin de l’année.

Selon les commentaires de Télé Sahel (télévision publique nigérienne), la tonne de blé coûte 400 000 F CFA au Niger. La même quantité de mil est vendue à 130 000 F et le maïs à 115 000 F CFA. Il y a de quoi choisir ces céréales locales si elles peuvent entrer dans la fabrication du pain.

L’expérience avait pourtant été tentée dans notre pays et même au Sénégal il y a quelques années. Elle a malheureusement fait long feu dans ces deux pays où les consommateurs n’ont pas apprécié le goût. La seule issue, pour nous les Africains, serait la vulgarisation de cette culture de rente qu’est le blé. Surtout au Mali, nous avons d’immenses potentialités agricoles au nord, à Diré où le bléculture a toujours marché.

La Compagnie malienne pour le développement du blé (CMDB), une filiale des Grands moulins du Mali, entend aussi relancer cette culture à l’Office du Niger avec le concours des bailleurs de fonds. Les services de recherche agricole comme l’Institut d’économie rurale et l’Office de la haute vallée du Niger (OHVN) doivent s’impliquer à fond pour que notre pays sorte de cette dépendance alimentaire qui n’a que trop duré.

Abdrahamane Dicko

© Copyright Les Echos

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