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Le Mali étranglé par la dette extérieure
Le Mali peut-il se passer de la dette extérieure ? La problématique était inscrite au centre des débats dune session de formation des acteurs sociaux sur la dette. Organisée par la Coalition des alternatives africaines, dette et développement, CAD-Mali, cette session dinformation et de sensibilisation visait à renforcer les capacités des participants (journalistes, activistes militants) sur la problématique de la dette multilatérale et bilatérale du Mali. En clair, il sagissait de permettre audits acteurs davoir une meilleure compréhension de la dette et de ses mécanismes et déclairer leur lanterne sur les conditionnalités, le service de la dette et leurs impacts sur le développement. Dentrée de jeu le conférencier fera savoir dans sa communication que pour de nombreux pays, il est vital demprunter afin de combler leur déficit de financement et de réaliser les objectifs quils se sont assignés. « Pour ce faire, ils peuvent soit emprunter de largent à létranger soit lemprunter aux agents économiques nationaux. Dans le premier cas on parlera de dette extérieure publique, et dans le second cas de dette intérieure publique » a déclaré le formateur, M. Mamadou Lamine Traoré, non moins sous directeur général de la Dette publique. Dun tableau assorti de la présente communication, il ressort que lencours global de la dette est passé de 1.395,2 milliards de francs CFA en 1995 après la dévaluation du franc CFA à 1.785,5 milliards de francs CFA en 2001 pour atteindre 1.818,5 milliards de francs CFA en 2004, avant de baisser à 646,8 milliards de francs CFA après la mise en uvre de lInitiative dannulation de la dette multilatérale, IADM. Cette baisse de lencours en fin 2006 est due, selon le conférencier, à lInitiative dannulation de la dette qui a concédé au cours de la période, une réduction du stock de la dette de lordre 1.085,2 milliards de francs CFA dû au FMI, à la Banque Mondiale, et au groupe de la BAD. Au cours de la période sous revue, précise le spécialiste de la chose économique, la part de la dette bilatérale par rapport à la dette extérieure totale est passée de 45,8% en 1995 à 68,9% en 2006. « Concomitamment, le stock de la dette bilatérale est passé de 639,1 milliards de FCFA en 1995 à 447,7 milliards de FCFA en 2006 » ajoute M. Traoré. Qui dira que cette baisse sexplique par les rééchelonnements (1992-1996) et les importants allègements, notamment en 2003, obtenus au Club de Paris après le point dachèvement de lInitiative PPTE. Quant à la part de la dette multilatérale, elle a régulièrement progressé, fera remarquer M. Traoré. Arguant quelle est passée de 756,1 milliards de FCFA soit 54,2% en 1995 à 1.309 milliards de FCFA soit 75,4% en 2005 pour tomber à 201,1 milliards à la fin 2006 suite à la mise en uvre de lInitiative dannulation de la dette multilatérale. « Laugmentation de lencours de la dette multilatérale entre 1995 et 2005 est due essentiellement, estime le conférencier, au rythme régulier des décaissements consécutifs à lexécution des projets et programmes financés sur les ressources extérieure et à la qualité des politiques économiques et financières mises en uvre par le gouvernement de notre pays ayant permis une coopération soutenue avec la communauté financière internationale » Pour M ; Mamadou Lamine Traoré, au point dachèvement de lInitiative PPTE renforcée, le stock de la dette totale a enregistré une baisse sensible en passant de 1.746,1 milliards de FCFA à fin 2002 à 1.678,8 milliards de FCFA en 2003 du fait des allègements importants de dette intervenus à la même année. En clair, on notera que malgré un net allègement de 1995 à fin 2006, le Mali demeure meurtri par le fardeau de la dette extérieure. A ce jour, faut-il le rappeler, le Mali doit 646,8 milliards de francs CFA aux institutions financières étrangères. Au jour daujourdhui, la part de dette remboursée par celui-ci, sélève seulement 53,02 milliards de francs CFA à la date de fin 2006. Ce qui fera dire, que chemin reste encore à parcourir. Et lon sinterroge sur le sort réservé aux futures générations dont la responsabilité revient à rembourser ces dettes. Peut-on se passer de la dette ? A cette question, les participants à la présente session de formation de formation, estiment que cest bel et bien possible. Seulement, recommandent-ils, non sans la prise dun certain nombre de mesures indispensables. Au nombre de ces mesures figurent, entre autres, la nécessite pour nos gouvernants de sassumer en faisant face aux défis de développement, notamment la création dentreprises en promouvant les emplois, lutilisation de la dette au seul bénéfice du pays et dans des domaines générateurs de ressources, etc. Aussi, soulignent-ils, le Mali doit passer dun simple pays de consommation à un pays producteur. Issa Fakaba SISSOKO © Copyright L'indicateur Renouveau Archives |
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