| ![]() | Recherche annuaire: | |||||
|
Les spéculateurs semparent du marché
du gaz En subventionnant les prix du gaz butane, l'Amader voulait le rendre accessible au grand public. C'est pour pousser les consommateurs à lutiliser davantage quelle a signé des conventions avec certains opérateurs. Des milliards ont été débloqués pour que les foyers aient la bombonne à moindre coût en vue dune protection plus accrue de lenvironnement. Aujourdhui, les efforts déployés pour la promotion du gaz subventionné sont en train dêtre sabotés par des spéculateurs. Avec la subvention, la bouteille de 6 kg coûte 12 000 F CFA. Les spéculateurs aux marchés Dibida, Grand marché, marché de Magnambougou la revendent à 17 500, voire 18 000 F CFA. On retrouve les mêmes prix sur dautres marchés de Bamako. En ce mois béni de ramadan, les spéculateurs se précipitent pour rafler les réchauds subventionnés en vue de les revendre plus cher. Il arrive même quils rayent la mention "subventionnée par l'Amader", estampillée sur la bouteille. Au marché Didiba, le quartier général des spéculateurs, acheteurs et vendeurs saccusent. « Nous avons entendu sur les médias que le prix est de 12 000 F CFA pour une bouteille de 6 kg. Ici, au marché, on nous la propose à 17 500 F CFA », rappelle un client. Incompréhensions ? Le revendeur, qui a plus dun tour dans son sac, et sachant luniformisation du prix du gaz butane sur le marché rétorque : « Cest à prendre ou à laisser. Nous achetons la bouteille de 6 kg en gros aux points de vente Sigaz à 12 000 F CFA. Le marché étant ce quil est, nous cherchons des bénéfices. Ce qui fait que le prix monte à 17 500 F CFA ». Il ajoute que jamais les revendeurs agréés ne cèdent à un particulier une bouteille au prix indiqué. Un responsable de Sigaz que nous avons joint au téléphone sinsurge contre les propos du revendeur. De ses explications, il ressort que les réchauds sont mis en vente dans les 150 points de vente au prix de 12 000 F CFA sous la supervision de lAmader. Pour lui, si les spéculateurs sinfiltrent dans le circuit cest que quelque part quelquun ne fait pas son travail. « LEtat doit pouvoir prendre des mesures et remédier à ce problème ». Plusieurs fois démarché, lEtat, aux dires de notre interlocuteur, promet de mettre fin à cette surenchère. Cette irrépressible propension à la spéculation réduit considérablement les efforts des pouvoirs publics dans la démocratisation de l'utilisation du gaz. Ce nest dailleurs pas la première fois que des subventions dans le domaine du gaz ou de tout autre produit de consommation fassent le bonheur de gens sans foi ni loi. LEtat reste toujours passif. Amadou Sidibé © Copyright Les Echos Archives |
| |