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Blé : une manne à exploiter
(LEssor 03/10/2007)
La CMDB envisage d'aménager les zones de production du blé
en régie pour couvrir les besoins de la sous région
La flambée du cours du blé sur le marché mondial
a eu pour avantage de relancer le débat sur la production du blé
dans notre pays. La culture du blé est une tradition séculaire
dans le nord de notre pays, notamment dans la région de Tombouctou.
Durant l'époque précoloniale, il a joué un grand
rôle dans les d'échanges commerciaux et culturels entre l'Afrique
noire et l'Afrique blanche. Nonobstant quelques efforts d'organisation
de la production de la culture, d'abord par l'administration coloniale,
ensuite par les gouvernements successifs du Mali et les partenaires au
développement, la culture du blé reste encore à la
traîne. Cependant, malgré un potentiel dépassant 40
000 ha de culture, la production de blé jusque-là stagne
dans une fourchette de 5000 et 7000 tonnes par an.
Mais selon une étude réalisée par la Compagnie malienne
pour le développement de la culture du blé (CMDB), cette
année, il est attendu une production estimée à environ
10 000 tonnes dans la zone de Diré, sur lesquelles 3000 sont destinées
à l'autoconsommation et les 7000 restant à la vente, dont
2000 tonnes sur le marché intérieur. Les 5000 tonnes restantes
seront exportées sur la Mauritanie et l'Algérie pour être
transformées en farine panifiable.
100 000 tonnes par an. Les ventes apporterons aux producteurs de la zone
environ un milliard de Fcfa. Si la pluviométrie, qui est déjà
bonne, se maintenait jusqu'à la fin de l'hivernage, la production
en 2008 passera à 13 tonnes grâce à l'introduction
de nouvelles variétés de semences, explique le directeur
général de la CMDB, Sidi Danioko. Malgré cette évolution
positive de la production, elle reste en dessous du besoin de consommation
de notre pays, estimé à 100 000 tonnes par an et de la sous-région
qui oscille autour d'un million de tonnes par an, a-t-il ajouté.
C'est dans ce cadre que la CMDB a entrepris d'investir dans la production
du blé dans notre pays. Selon son directeur général
Sidi Danioko, le volume d'investissement prévu s'élève
à plus de 13 milliards de Fcfa. Il concernera toutes les branches
d'activité de la filière. L'organisation des producteurs,
la commercialisation et la production semencière. Le premier essai
cultural, en 2005, s'est réalisé sous le contrôle
exclusif de l'Institut d'économie rurale (IER) sur cinq sites dans
la zone de l'Office du Niger (Kogoni, Kouroumari, N'Débougou, Molodo
et Kolongo). Au total 72 hectares ont été ensemencés
et enrichis avec une quantité importante d'engrais. Mais la récolte
en 2006 n'a pas été à la hauteur de l'espoir, seulement
81 tonnes ont été récoltées, soit une moyenne
de 2 tonnes à l'hectare.
Selon Sidi Danioko, son entreprise doit cet échec à une
pénurie de semence. La variété disponible à
l'époque n'avait pas été sélectionnée,
faute de graines disponibles sur le marché. Le deuxième
essai a eu lieu lors de la campagne passée (2006/07). Cette fois-ci,
c'est la seule zone de Kolongo qui été retenue et la semence
a été importée de France. C'était une variété
de semences sélectionnées avec un rendement moyen de 8 tonnes
à l'hectare. Mais cette deuxième expérience également
s'est soldée par un échec. Et pour cause, les semences commandées
ont accusé un sérieux retard avant d'arriver aux producteurs
à Kolongo. Un retard imputable au fournisseur français.
Les semences qui devaient arrivées à Bamako à la
mi-novembre, ne sont finalement arrivées que le 14 décembre.
Au retard de livraison de semence s'ajoute la coupure d'eau par l'ON dans
cette zone durant 15 jours. A cause des contraintes cités ci-dessus,
la CMDB a dû revoir ses ambitions à la baisse, avec seulement
30 ha de terres sur une prévision de terres emblavées couvrant
toute la zone de Kolongo.
Tirant les enseignements des essais précédents, qui se sont
soldés par des échecs, la CMDB entend multiplier la zone
de production sur le territoire national. A Koulikoro, un premier essai
sur cinq hectares a été concluant. Des discussions sont
en cours avec les responsables de l'Office du développement rizicole
de Sélingué (ODRS) pour y introduire le blé, qui
est une culture de contre-saison, qui dure 4 mois de travaux, procurant
aux exploitants une autre source de revenus. Il ressort des études
de la CMDB qu'avec un rendement ramené à 5 tonnes à
l'hectare et avec un prix d'achat de 140 Fcfa le kilogramme, le revenu
net d'une exploitation de blé apporterait au producteur un profit
de 572 200 Fcfa, soit un revenu mensuel de 143 050 Fcfa.
Dans son business plan, la CMDB envisage d'organiser les producteurs en
coopératives de production, les former et les équiper en
matériels agricoles, notamment en intrant et aménager des
zones de production de blé en régie. Elle dispose, à
cet effet, de 500 ha de terre dans la zone de l'ON. Son aménagement
devra coûter à la CMDB plus 3,7 milliards de Fcfa. L'ambition
de la CMDB est d'arriver à court terme à couvrir les besoins
de la sous-région, estimés à plus d'un million de
tonnes par an.
A O. Diallo
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