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SONATAM SA: La grande arnaque
(Revue de presse Cefib 18/10/2004)

La société nationale des tabacs et allumettes du Mali n’en finit pas de faire parler d’elle. Elle étonne de plus en plus par une gestion désastreuse, calamiteuse et nébuleuse. Il y a quelques cinq mois environ, les travailleurs sont montés eux-mêmes au créneau pour dénoncer et crier à une exploitation dont ils font l’objet depuis l’arrivée des nouveaux concessionnaires de la société. Leur cri du coeur est sans doute tombé dans une oreille de sourds, car les mêmes pratiques nébuleuses ont pignon sur rue dans la boîte.

Tout a débuté avec l’achat par les Libyens, de 35% des actions cédées par l’Etat malien. Entrée dans le capital de la Sonatam, la société libyenne a aussitôt cédé la moitié de ses actions (17%) à la firme française Bolero. Cette dernière, par la force des choses, a quitté le domaine du tabac et s’est ainsi débarrassée de ses actions au profit d’une autre société européenne. En tout état de cause, avec 34% des parts, les investisseurs étrangers arrivent immédiatement après l’Etat malien (51%), tandis que les privés nationaux en détiennent dix (10) au total. C’est ainsi que la gestion de la Sonatam est tombée entre les mains de la firme CORALMA, représentée à l’époque par le D.G français Dominique Declerc. A cause d’une gestion nébuleuse de l’entreprise, M. Declerc était aux prises, il y a six mois environ, avec les employés nationaux excédés par certains comportements colonialistes. Ils avaient ainsi tiré la sonnette d’alarme en multipliant les assauts syndicalistes à la suite desquels, le D.G, lequel est demeuré sourd aux revendications du Comité syndical, fut remplacé par un autre de ses compatriotes nommé Eric Tangui. Les syndicalistes avaient à l’époque dénoncé entre autres une récession qui caractérise l’entreprise depuis l’ouverture de son capital. Ils ont estimé, en effet, qu’en lieu et place des fruits escomptés, la venue des investisseurs étrangers a plutôt plongé la Sonatam dans un désarroi compromettant pour l’avenir de ses centaines d’employés. Toutes choses qui se traduisent par le faible accès aux soins de santé, les rémunérations peu enviables, les traitements iniques entre étrangers et nationaux, etc. A ceci s’ajoute un tableau financier peu élogieux d’une société qui, pour quatorze (14) milliards de chiffre d’affaires, participait pourtant au budget national à hauteur six (6) milliards. Et depuis le semblant d’ouverture de capital, se plaignaient toujours les travailleurs, nul ne peut jurer d’en savoir sur l’état financier de la boîte. Et pour cause : la gestion opaque est le propre de la Sonatam, depuis que le contrôle de ses finances est passé dans les mains des actionnaires étrangers, dénonce-t-on.

Aujourd’hui, l’illustration la plus évidente de cette gestion nébuleuse est traduite par la hausse spectaculaire du prix de certaines marques de cigarette sur le marché national. Il s’agit en l’occurrence des cigarettes ‘Dunhill’, dont le prix a pris l’ascenseur en passant au double du prix initial, en l’espace de quelques jours et à la surprise générale des consommateurs. Les organisations anti-tabagisme peuvent s’en frotter les mains, mais les phénomènes économiques explicatifs de cette donne demeurent un mystère. Approchés par nos soins, certains travailleurs se disent incapables de fournir des explications, a cause du manque de transparence caractéristique de la Sonatam. Ils expliquent que la gestion de l’entreprise, depuis l’ouverture de capital, se trouve sous le monopole exclusif du Directeur général et de son Directeur financier, tous des étrangers. Avec une investigation beaucoup plus poussée, il nous est revenu que l’entreprise, pour la commercialisation de ses produits importés, a recours aux service de la Sodibaf, une société malienne qui monopolise 75% des importations de cigarettes par la Sonatam . Alors question : la hausse du prix de la cigarette serait-elle consécutive à une forte demande émanant des pays de la sous-région ? Toujours en est-il que cigarettes fabriquées au Mali et celles frauduleusement importées continuent de cohabiter, sans que les consommateurs fassent preuve d’une retenue quelconque devant la montée vertigineuse de leurs prix respectifs. Autre aspect de la question : nos investigations ont aussi permis de déceler d’autres pratiques jusqu’ici insoupçonnées à la Sonatam. En effet, selon certaines indiscrétions, l’entreprise est aussi exportatrice de produits finis, tels que les marques ‘Gauloise’ et ‘Camélia’. Pour la fabrication desdites marques sur place elle a recours, explique-t-on, à des ingrédients et accessoires importés de l’extérieur. Chose qui met naturellement la puce à l’oreille de ses employés, lesquels pensent, à juste titre, que les frais d’importation et de ré-exportation se réalisent sur leur dos.

Avec des travailleurs sur-exploités, des consommateurs ployant sous le fardeau du coût de la marchandise, la Sonatam est en passe de figurer parmi les expériences les plus réussies d’une déconcentration défendue bec et ongle par les tenants de la mondialisation.

Mais le hic, c’est qu’à peine le trésor public s’en tire avec quelques profits significatifs, tandis que le conseil d’administration est tout de même dirigé par l’Etat malien encore majoritaire.

A.Keïta

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