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Sadiola et Yatela: quelle vie après la mine ?
(L'Essor 07/10/2004)

Les mines qui ont bouleversé la vie socio-économique de la zone, sont appelées à s'épuiser. Il faudra apprendre à vivre sans elles

"Il nous faut des garanties pour notre avenir après la mine. Qu'allons nous faire à la fermeture de la mine ? Nous ne connaissons plus que ça. Nous avons abandonné toutes nos activités habituelles au profit de la mine". "Non, nous ne sommes pas là pour faire un procès à quelqu'un, mais plutôt pour explorer les voies et moyens qui nous permettront de subvenir à nos besoins après la fermeture de la mine". Cet échange avec deux travailleurs de la Société des mines d'or de Sadiola, la SEMOS, illustre l'inquiétude des habitants de Sadiola et Yatela sur la vie après la mine.
Cette inquiétude est justifiée car, dans la zone, la vie de milliers d'hommes et de femmes dépend directement ou indirectement de l'extraction de l'or. Or les experts de la SEMOS estiment que la mine d'or de Sadiola cessera de produire dans 4 ans. La question s'est naturellement retrouvée au coeur d'un forum du club Sahel de la SEMOS à Sadiola durant les derniers jours de septembre.
Cette rencontre des responsables de la société minière avec les populations locales était co-présidée par Ibrahima Sissoko du ministère des Mines, de l'Energie et de l'Eau et Balla Bamba représentant le gouverneur de Kayes. Elle se situe dans le cadre d'un plan d'action initié depuis quelques années pour définir des alternatives à l'absence de la mine dans la zone.
Le ministère de l'Environnement et de l'Assainissement et celui des Domaines de l'État et des Affaires foncières étaient représentés par Ouargnimé Traoré et Séga Diakité. Le directeur national de la Géologie et des Mines, Lamine Alexis Dembélé et le maire de Sadiola, Balla Sissoko participaient, eux aussi, aux travaux tout comme les représentants de la société civile.
Intitulée "Atelier de concertation et de communication des parties prenantes des mines d'or de Sadiola et de Yatela", cette rencontre donnait l'opportunité à l'entreprise, à l'État et aux habitants concernés de se concerter sur ce que pourrait être l'après mine.
Durant trois jours de débats parfois houleux, les participants ont discuté des activités des mines, du Plan d'action de développement intégré (PADI), de l'état d'exécution des recommandations de l'atelier de l'année dernière et ont tenté d'identifier les problèmes qui surgiront à la fermeture des mines.
Les discussions se sont organisées autour de quatre thèmes : "ressources humaines et développement social", "ressources naturelles et économie rurale", "équipements et infrastructures", "aspects administratifs et juridiques".
Les débats ont dégagé une hiérarchie dominée par les problèmes environnementaux et les cadres juridique et économique : gestion des carrières, des dépôts de stérile et des bassins à boue, amélioration de la qualité de l'eau, de l'air, problèmes de pâturage.
Les discussions ont révélé l'inadéquation des textes avec le cadre minier et la nécessité de préciser les obligations des sociétés minières.
L'après-mine aura, sur la vie économique de la région, des incidences sérieuses qui nécessiteront de mettre l'accent sur l'assainissement, l'approvisionnement de la zone en eau potable, la réhabilitation et la revalorisation des carrières pour le développement éventuel de l'aviculture et de la pisciculture. Le forum a préconisé la révision des textes sur les mines et la législation fiscale pour faciliter le transfert de l'héritage des mines à l'État. La création d'activités génératrices de revenus propres à se substituer à la richesse générée par les mines, était évidemment au coeur des discussions.
Le directeur des mines, Stem Badgett et le maire ont salué la tenue de cette rencontre qui renforcera la confiance entre une société qui n'entend pas fuir ses responsabilités et les populations locales. Quant aux représentants du gouverneur de Kayes et du ministère des Domaines de l'État et des Affaires foncières, ils ont assuré les populations de l'accompagnement des pouvoirs publics dans cette phase cruciale.

L. DIARRA

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