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Campagne agricole 2007-2008: Jusqu'ici, ça va!
(L'Essor 27/09/2007)
Des inquiétudes résident cependant dans la réussite
des semis tardifs et dans les conséquences des inondations sur
la production
Les services techniques du ministère de l'Agriculture viennent
de boucler une mission de supervision de la campagne agricole 2007-2008.
L'équipe pluridisciplinaire était conduite par le directeur
national adjoint de l'agriculture, Daniel Kelela.
L'ingénieur en agriculture et en génie rural juge la situation
agricole bonne. Il s'inquiète cependant du sort des semis tardifs
(60% de la réalisation totale). "Il nous faut encore trois
bonnes pluies pour garantir la réussite des semis tardifs",
explique l'expert.
L'autre inquiétude réside dans les conséquences des
inondations sur la production agricole. Le cercle de Bandiagara a perdu
une importante superficie de terres cultivables à cause de fortes
pluies successives. Dans cette localité où les cultures
maraîchères sont très développées malgré
la nature accidentée du terrain, les paysans transportent la terre,
l'enrichissent pour la cultiver. Le courant dévastateur des eaux
de ruissellement a emporté une bonne partie de ces terres. Mais
les actions conjuguées des pouvoirs publics et de leurs partenaires
techniques et financiers permettront de juguler cette crise. Le directeur
national adjoint de l'agriculture a ainsi promis que les petits barrages
endommagés seront réhabilités dès novembre
prochain.
CALENDRIER AGRICOLE PERTURBE. L'installation tardive des pluies a provoqué
un retard dans le démarrage de la campagne et une forte perturbation
du calendrier agricole. Les chercheurs de l'Institut d'économie
rurale (IER) en collaboration avec les techniciens du département
de tutelle ont, par conséquent, recommandé aux paysans d'opter
pour des semences améliorées. Une mission s'attachera bientôt
à évaluer sur le terrain l'impact de cette recommandation.
Au cours de la première décade de ce mois, la campagne agricole
a été marquée par la poursuite des opérations
de semis et de repiquage dans certaines zones agricoles du pays. Pour
le coton, l'ensemencement a été arrêté le 20
juillet conformément au calendrier agricole. Un rapport périodique
établit que les travaux d'entretien sont en cours et que la situation
phytosanitaire demeure calme dans l'ensemble.
Le taux de réalisation du riz, tous systèmes confondus,
est satisfaisant (90%), jugent les techniciens. Les taux les plus élevés
sont enregistrés au niveau des "autres riz" (97%) et
du riz de submersion libre (92,35%). On note également une augmentation
significative des emblavures pour le riz de submersion contrôlée
à la faveur de lamélioration du régime pluviométrique
et de la crue. Le taux passe de 76,61% au 31 août à 92,35
% au 10 septembre. Il en est de même pour le riz en maîtrise
totale (de 78 à 80,98%). Les objectifs demblavures en riz
irrigué au PDIAM ont été revus à la baisse
pour des raisons liées à des travaux daménagement,
souligne l'encadrement.
La réalisation pour les principales cultures est, au 10 septembre,
de 89,98% pour le mil, 85,51% pour le sorgho, 81,23% pour le maïs,
81,28% pour le riz irrigué. La situation est bonne aussi pour l'arachide
(96,16%), le fonio (104,70%) et le niébé qui est à
92,01% de réalisation. "Les rendements des derniers semis
des cultures risquent dêtre affectés, car la plupart
des variétés sont photosensibles", prévoient
cependant les techniciens.
Évaluant le stade des cultures, ils constatent que les mil/sorgho
sont au stade de montaison-épiaison pendant que le maïs est
à la maturation. Le riz, lui, est au tallage-montaison-épiaison
et le cotonnier à la capsulaison-floraison. Quant à larachide,
le niébé grain et le fonio, ils sont à la floraison-fructification.
C'est dire que létat végétatif des cultures
et laspect général des champs sont bons dans lensemble.
Quelques comparatifs sur les cultures industrielles pour jauger la saison
actuelle : le coton (63% en 2007 contre 89,85% en 2006) et le voandzou
(100% en 2007 contre 107,72% en 2006). Les taux actuels de réalisation
sont jugés bons dans lensemble. En ce qui concerne larachide
et le sésame, les niveaux de réalisation sont plus élevés
que ceux de 2006/2007 (arachide 96,16% contre 93,23% et sésame
107,27% contre 90,87%).
Les quantités de pluie pendant la décade ont été
normales à excédentaires, excepté lextrême
ouest de la région de Kayes, le sud des régions de Ségou
et de Tombouctou, le nord-est de la région de Mopti et le centre
de la région de Kidal. Le cumul des pluies recueillies depuis le
1er mai est normal à excédentaire sauf à Bourem et
Goundam.
Pour les cours d'eau, le rapport relève des niveaux moyens décadaires
inférieurs à ceux de la moyenne à l'exception du
Niger en amont de Koulikoro, du Baoulé à Bougouni et du
Sénégal à Kayes. Ils sont cependant supérieurs
à ceux de l'année dernière à l'exception du
Niger en aval de Niafunké et du Sankarani en amont du barrage de
Sélingué. La crue continue sur tous les cours d'eau, selon
les superviseurs.
79,57% DE MISE EN PLACE DES INTRANTS. Commentant la mise en place des
engrais au cours de la campagne, Daniel Kelela indique qu'elle sest
effectuée sur la base de la constitution de 3 pools (CMDT, GVSM
et Office du Niger). Sur les besoins solvables exprimés de lordre
de 187.229 tonnes, 148.987,46 tonnes ont été mis en place
soit un taux de réalisation de 79,57%.
Les taux les plus élevés sont enregistrés à
la CMDT (101,78%), à lORM (184,5%) et à lORS
(331,72%), constate le directeur national adjoint. Les plus bas taux sont,
eux, relevés à l'ODRS (33,7%) et à la DNA (30,57%).
En résumé, le document note que le taux de mise en place
des engrais est globalement satisfaisant et indique que lapprovisionnement
se poursuivra avec lappui de tous les acteurs (Offices, privés,
DNA, projets/programmes, ONG, etc.). Les marchés aussi sont bien
fournis en engrais dans plusieurs localités parmi lesquelles Mopti,
Bamako, Ségou, Koulikoro.
Analysant la situation des semences améliorées, la direction
nationale de l'agriculture a jugé les taux de couverture des besoins
globalement moyens. Les difficultés dinstallation des pluies
expliquent en partie cette situation, souligne Daniel Kelela.
Les taux les plus élevés sont observés sur le maïs
(126,99%) et le mil (123,29%) tandis que les plus bas concernent le niébé
(29,25%) et larachide (14,52%). Le placement des semences sélectionnées
de riz se poursuit tout de même avec l'appui des ONG et de certains
projets/programmes qui ont contribué, à travers divers canaux,
à la mise en place des semences. La création de coopératives
semencières et de réseaux R2 dans plusieurs localités
et la sensibilisation faite sur limportance de lutilisation
des semences sélectionnées ont favorisé linstallation
des parcelles de multiplication.
L'Office pour la protection des végétaux et le Programme
de lutte contre le criquet pèlerin recensent des oiseaux granivores
regroupés dans les aires habituelles de reproduction saisonnière.
Les sautériaux, eux causent quelques dommages dans la région
de Mopti. "Les larves ont été observées dans
les jachères des autres régions sans incidence sur les cultures",
assure-t-on à la direction nationale.
Tandis que des chenilles légionnaires s'installent dans les pépinières
de riz à lOffice du Niger où des dégâts
moyens ont été signalés, les insectes floricoles
(cantharides) s'invitent dans la végétation naturelle et
sur le mil en épiaison à Mopti et Tombouctou. Le criquet
pèlerin qui a occasionné des ravages en 2004 ne présente
aucun danger. Du moins pour le moment.
A. M. CISSÉ
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