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Blé: Une culture de rente dans la torpeur
(L'Essor 19/09/2007)
Avec ses potentialités, le Mali peut devenir un grand producteur
dans la sous-région
Le blé ne cesse de faire parler de lui. Jusqu'en octobre prochain,
l'or vert séchange à 173 livres (environ 121 100 Fcfa)
pour 100 t pour le blé ELCM et 169 dollars (environ 82 810 Fcfa)pour
20 t de blé domestique WCE utilisé en boulangerie. Tels
sont les prix affichés sur le marché international.
En décembre prochain, la même quantité (*) sera vendue
à 173 dollars (environ 84 770 Fcfa). À ce prix d'achat,
s'ajoutent les charges liées au fret entre la zone de production
et la meunerie des Grands moulins du Mali (GMM) sis à Koulikoro.
Est-il besoin de signaler que la hausse des prix découle des aléas
climatiques dans les zones de production de l'Europe du Nord.
Dans une correspondance adressée, au début de ce mois-ci,
aux GMM, le céréaliste français, Hugot Baudet, tire
une fois de plus la sonnette d'alarme. Selon lui, au regard des prévisions,
il existe un déficit en termes d'offre de l'ordre de sept millions
de tonnes pour répondre à la demande mondiale. Ce manque
à gagner entraîne une nouvelle diminution des stocks mondiaux
de blé.
Dans un autre registre, toute l'attention est portée sur lArgentine
et lAustralie où la sécheresse a eu un impact sur
les surfaces emblavées. Si le manque de pluie perdure, il pourrait
causer de sérieux dommages aux plantules en pleine croissance et
entraîner de nouvelles tensions sur le marché de l'or vert,
avertit le céréaliste français.
L'envol en cours de l'or vert sur le marché mondial, de plus en
plus pris dans le tourbillon, est une aubaine pour le blé-culteur
de notre pays qui possède déjà une riche expérience
dans la culture de l'or vert.
En effet, cette emblavure est une tradition séculaire dans le nord
de notre pays, notamment dans la région de Tombouctou. Il symbolisait
déjà les échanges commerciaux et culturels entre
l'Afrique Noire et l'Afrique Blanche. Cétait pendant l'époque
précolonaile.
Culture de rente, le blé à été beaucoup appuyé
à l'époque coloniale par la CICONIG et plus tard l'Office
du Niger. Ces deux structures ont respectivement redoré son blason
dans la zone de Diré. À ce jour, cette localité est
considérée comme l'une des plus grandes zone de culture
de blé dans notre pays.
Signalons quaprès la grande sécheresse de 1973, le
gouvernement du Mali avait mis l'accent sur la relance de la culture du
blé. En 1976, plusieurs projets et opérations avaient été
impliqués pour son développement dans la région de
Tombouctou, bénéficiant même de financements d'origine
divers (gouvernement malien, USAID, FAC, ACDI).
Plusieurs projets et ONG sont intervenus et continuent de promouvoir la
culture irriguée en distribuant des motopompes et en finançant
des aménagements hydro-agricoles. Malgré un potentiel dépassant
40 000 ha de culture, la filière blé ne s'est toutefois
jamais réellement développée. Sa production stagne.
Elle natteint même pas 10 000 t par an. Alors que les besoins
du Mali dépassent à l'heure actuelle 100 000 t par an.
De fait, la production totale de l'or vert dans notre pays se situe entre
5 000 t et 7 000 t par an. De surcroît, une bonne est commercialisée
ou transformée artisanalement.
En effet, le tableau de la production de blé du PACEM et l'organisation
des producteurs BaaHuu évolue en dents de scie. Durant la campagne
agricole 1998-1999, la production atteignait 1 719 t sur laquelle 660
t ont été vendues. En 1999-2000, elle sestimait à
3 300 t dont 1 582 t seront écoulées. En 2000-2001, elle
chuta légèrement pour se retrouver à 2 801 t dont
975 seront vendues. En 2001-2002, elle augmente sensiblement en volume.
Mais, le niveau de vente ne suivit pas. Quant à la production,
elle s'était hissée à 2 826 t et le niveau de vente,
qui avait baissé, était limitée à 921 t, soit
54 t en moins que l'année précédente. En 2002-2003,
la production a, à nouveau piqué du nez. Les producteurs
n'ont récolté, cette campagne-là, que 2 249 t dont
577 t seront écoulées. Enfin, en 2003-2004, la production
s'est de nouveau relevée. Mais, le niveau de commercialisation
n'a toujours pas suivi. Sur 3 000 t récoltés, 425 t seulement
seront vendues durant cette campagne.
À l'analyse, la culture du blé dans notre pays végète
encore au stade artisanal. La comparaison de l'évolution des superficies
cultivables en blé et en riz irriguées montre une tendance
à la stagnation pour le blé. Alors que celles du riz augmentent
régulièrement. Cependant, la culture du blé devient
de plus en plus lucrative. La forte tendance à la production de
biocarburant qui con-traste avec l'évolution du comportement culinaire
provoque une surenchère autour du blé.
Avec ses potentialités, le Mali peut devenir un grand producteur
dans la sous-région ouest africaine. Mais, lautre potentialité
du blé malien demeure sa vertu marchande.
Selon les spécialistes, les variétés cultivées
dans notre pays créent plus de plus-value. Ainsi, de plus en plus,
les investisseurs privés s'investissent dans la production de blé
dans notre pays.
Nous y reviendrons.
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