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Ramadan et prix : le sens de la mesure
(L'Essor 14/09/2007)
Grâce essentiellement à des dispositions prises par les
pouvoirs publics, les prix des produits de grande consommation restent
relativement stables dans l'ensemble
C'est parti pour un mois de jeun pour les fidèles musulmans. Ce
mois constitue un moment de prières et d'abstinence pendant la
journée. Les musulmans doivent s'abstenir de manger et boire du
lever au coucher du soleil. Paradoxalement, malgré les privations,
les dépenses engendrées par le mois pèsent lourd
sur le budget des ménages. En effet très souvent, c'est
le moment où les prix des denrées alimentaires prennent
l'ascenseur sous la pression de la demande, mais surtout de la spéculation
sur certains produits de consommation courante comme le mil, le riz, le
lait, l'huile.
Cette situation contraire aux principes de l'islam, est favorisée
par la libéralisation des prix. Du coup, les efforts faits par
les pouvoirs publics pour maintenir les prix à un niveau raisonnable
ne sont pas totalement ressentis par les consommateurs.
Heureusement, contrairement aux autres années, ce n'est pas encore
la valse des étiquettes sur les marchés de la capitale.
Les prix des denrées sollicitées pendant le mois de ramadan
sont encore relativement stables.
Nous nous sommes rendus sur certains marchés de la capitale pour
vérifier l'état des lieux. Le kilogramme de dattes varie
entre 600 et 1000 Fcfa en fonction de la qualité. "Le prix
des dattes n'a connu aucune augmentation jusqu'ici", confie Aminata
Cissé, une vendeuse de ce produit rencontrée au marché
de Dibida. "Je ne suis pas sûre qu'il y aura une augmentation
des prix dans les prochains jours. Les grossistes ne nous ont encore signalé
de problème à l'importation", poursuit la vendeuse.
DES FACTEURS EXOGENES : A. M. importe les dattes d'Algérie et
de Mauritanie. Pour lui, il n'y a pas de raison que les prix augmentent.
"Les stocks de dattes sont suffisants sur le marché. Je pense
que tout ira bien pour le mois", rassure notre interlocuteur.
Le prix du sucre est aussi stable sur les marchés du Dibida, de
Bozola et de Dabanani. Ce produit a même connu une légère
baisse comparativement au mois dernier. Le prix du kilogramme de sucre
est cédé entre 375 et 400 Fcfa contre 450 Fcfa à
la même période l'année dernière. Les importateurs
rencontrés n'ont pas pu fournir d'explications précises
sur les raisons de cette baisse.
Contrairement au sucre, le lait est relativement cher. Le kilogramme de
lait revient de 2500 à 2800 Fcfa. L'année dernière
à cette même période, la même quantité
de lait coûtait 2000 Fcfa, voire moins en certains endroits.
"Le prix du lait a connu des augmentations depuis trois mois. Selon
mes informations cela serait du à la conjoncture internationale",
a confié Sambou Traoré, un grossiste. Ce commerçant
vend le sac de 25 kg entre 66.500 et 67.000 Fcfa en fonction de la qualité
du produit. Il faut dire que la situation du lait est assez particulière.
La hausse des prix est engendrée par des facteurs exogènes,
notamment l'accroissement de la demande au niveau mondial et la diminution
de la production dans certains pays, grands producteurs.
Le prix de l'huile aussi connaît une relative hausse. Le litre d'huile
est vendu entre 600 et 700 Fcfa contre 500 à 600 F cfa à
la même période l'année dernière. Le bidon
de 20 litres coûte de 13 à 14.000 Fcfa. Le fût de 200
litres est vendu entre 110.000 et 115.000 Fcfa. Les importations proviennent
essentiellement de Côte d'Ivoire qui produit l'huile de palme.
Les prix des céréales sont quant à eux stables dans
l'ensemble. Le sac de 100 kg de riz oscille entre 27 500 et 30.000 Fcfa
selon la qualité et le type.
Le grossiste, Bakoré Sylla, indique que les mesures du gouvernement
qui ont consisté à lever la TVA et les autres droits de
douanes sur certaines denrées alimentaires, a notablement contribué
à stabiliser les prix. Bakoré Sylla, à travers sa
société les Grands greniers du bonheur (GGB) dispose d'un
stock de 20.000 tonnes de sucre et 30.000 tonnes de riz. "Nous remercions
le gouvernement pour ses efforts et nous assurons les consommateurs que
le mois de carême se passera bien", promet Bakoré Sylla
en assurant que depuis des années, les prix du sucre et du riz
n'avaient pas connu une telle stabilité.
Un autre produit prisé en ce mois est la pomme de terre. Elle est
cédée entre 500 et 600 F cfa le kg. Le sac de 25 kg coûte
12.000 Fcfa au marché de Médine et dans d'autres points
de vente que nous avons sillonnés.
UNE PROROGATION OPPORTUNE : Pour la viande, depuis la fin de l'exonération
du paiement de la taxe d'abattage sur ce produit par le gouvernement,
le prix du kilogramme de viande avec os est reparti à la hausse
pour culminer à 1400 Fcfa sur les marché de Dibida, Sabalibougou
et Torokorobougou. La même quantité pour la viande sans os
est vendue 1600 Fcfa. Le kilogramme de viande de mouton coûte 1700
Fcfa
Le directeur national du Commerce et de la Concurrence, Mahamane A. Touré,
explique la stabilité relative des prix des denrées de première
nécessité sur le marché national, par les mesures
décidées par les pouvoirs publics pour faire face à
la période de soudure. Il s'agit de l'exonération de TVA,
de taxes de douanes et de droits divers sur certains produits que sont
le lait en poudre, l'huile, la viande, le riz et le blé. Cette
mesure devait prendre fin le 31 août dernier. Mais en raison du
mois de Ramadan, cette date a été prorogée au 31
octobre par le comité interministériel chargé de
la question, explique Touré.
Le directeur national du Commerce et de la Concurrence invite tous les
commerçants importateurs à profiter des facilités
accordées par le gouvernement pour bien approvisionner le pays.
Be COULIBALY
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