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Campagne agricole à Baguineda: des perspectives
prometteuses
(L'Essor 11/09/2007)
Les producteurs se plaignent de la hausse des prix des intrants et des
difficultés d'accès au crédit agricole. Mais lespoir
des bonnes récoltes est permis
Il est situé à une trentaine de kilomètres de Bamako
en direction de la région de Ségou. LOPIB exploite
une superficie de près de 2500 hectares en maîtrise totale
de leau, avec une autre en submersion contrôlée qui
sétend sur 464 hectares. Les activités de production
agricole que couvre lOPIB sont la culture de riz (hivernal et de
contre-saison), de céréales sèches comme le maïs,
le mil, le sorgho, les légumineuses comme le niébé,
larachide, les cultures de rente comme le sésame et le coton.
Les cultures maraîchères (tomate, oignon, chou, gombo et
aubergine), les agrumes (mangues notamment) et les étangs piscicoles
complètent le tableau des productions.
En raison de la proximité du périmètre de lOPIB,
Bamako constitue, de ce fait, pour ses producteurs un marché privilégié
découlement de consommation de premier choix.
Cest pourquoi les usagers de la route menant à Ségou
peuvent sapprovisionner en toute saison en produits frais (les produits
maraîchers notamment) qui sont proposés à la vente
aux abords de la bifurcation qui mène au périmètre
de Baguinéda. Ce qui dénote de la dynamique de la production
de ces périmètres.
Une lecture du tableau des productions nous donne des indices précieux
sur ces affirmations. Ainsi la production moyenne de riz paddy a varié
entre 9050 tonnes et 10.255 tonnes avec un rendement moyen de 4,4 tonnes
à lhectare au cours des exercices 2002/2004. La contre-saison
2007 a enregistré une production rizicole de 799,6 tonnes de riz
paddy avec un rendement moyen de 3,8 tonnes à lhectare sur
205,7 hectares exploités.
En maïs, les producteurs ont produit 155,7 tonnes avec un rendement
moyen de 1,3 tonne sur une superficie de 111,3 hectares. Cette faiblesse
de production et de rendement pour une spéculation dordinaire
très performante, sexplique par le faible niveau dutilisation
par les producteurs des fertilisants (ce qui a été aussi
le cas pour le riz) et le faible niveau de planage des parcelles rendant
difficile leur irrigation.
Pour les cultures maraîchères, les niveaux de production
sont intéressants. Les producteurs ont produit 2851 tonnes de tomate,
avec un rendement de 29,8 tonnes à lhectare, 1342 tonnes
doignon avec un rendement de 21 tonnes à lhectare,
300 tonnes de chou avec un rendement de 32,4 tonnes à lhectare
et 1517 tonnes de gombo avec un rendement moyen de 7,9 tonnes à
lhectare. La production de chou a été affectée
par la forte pression des insectes.
DES RENDEMENTS DE 7 TONNES. Selon Seydou Bassié Touré,
directeur général de lOPIB (précédemment
directeur du Projet daménagement du périmètre
irrigué de Maninkoura), les productions de la campagne agricole
2004/2005 expliquent mieux la dynamique de la production. Ainsi, le rendement
moyen du riz a oscillé entre 3,6 et 4,5 tonnes à lhectare
au cours de cette période. Des pointes de rendements de lordre
de 6 à 7,8 tonnes ont été enregistrées chez
certains producteurs au cours de la même période.
De façon générale, les responsables de lOPIB
expliquent les baisses de rendement de ces dernières années
par un certain nombre de facteurs comme les difficultés dacquisition
et le renchérissement des prix des intrants et laccès
au crédit agricole. Les producteurs narrivent pas encore
à mieux sorganiser pour assurer leur approvisionnement régulier
en intrants en raison des impayés. Conséquence de ce phénomène,
les parcelles sont peu ou pas fertilisées à temps.
Ces propos ont été confirmés par certains producteurs
notamment les familles Diarra et Samaké que nous avons rencontrés
la semaine dernière dans leurs parcelles. Ils se plaignent des
prix élevés des intrants, des difficultés daccès
au crédit agricole et de la pauvreté des sols. Même
si la famille Diarra reconnaît que lOPIB leur a appris à
confectionner des fosses compostières qui leur permettent de fertiliser
les champs avec de la fumure organique. Mais, ajoute-t-elle, elle ne dispose
pas de suffisamment de temps pour sadonner à cette pratique
en raison des appétits que suscitent les cultures de contre-saison
qui leur prennent tout leur temps. Ils reconnaissent aussi lexistence
darriérés de paiement de crédit agricole de
bon nombre dassociations de producteurs vis-à-vis notamment
de la Banque nationale de développement agricole (BNDA), ce qui
explique les difficultés dans lesquelles ils végètent.
Ils sollicitent lappui de l'État pour aplanir leurs difficultés
et améliorer leur accès au crédit, la baisse du prix
des intrants quils trouvent élevés (13.000 Fcfa le
sac de DAP et 13.500 Fcfa le sac durée) pour cette campagne.
Ils avancent pour preuves, les prix de la campagne 2006/2007 où
les intrants ont été cédés dans la fourchette
de 11.000 à 12.000 Fcfa le sac. Mais ces prix ont été
obtenus grâce à la subvention du don japonais KR 2, a expliqué
Bouillé Kouyaté, directeur adjoint de lOPIB. Les producteurs
souhaitent la reconduction de cette initiative pour alléger les
prix dachats des intrants.
PERSPECTIVES PROMETTEUSES. Malgré toutes ces difficultés,
les producteurs gardent le sourire, car les objectifs de production de
la présente campagne agricole 2007/2008 sont prometteurs. Les emblavures
(superficies cultivées) en riz à la date du 31 août
dernier sont de 2289,4 hectares sur une prévision de 2433 hectares
contre 2032 la campagne précédente et pour la même
période, soit un taux de réalisation de 94,09%. Ce taux
est supérieur de plus de 10% par rapport à celui de la campagne
précédente qui était de 84,04%.
Pour les autres cultures vivrières, les réalisations sont
meilleures. Ainsi le mil a été cultivé sur 126,14
hectares sur une prévision de 224, le sorgho sur 765,73 hectares
sur une prévision de 870, le maïs a crevé son plafond
de prévision avec une emblavure de 477,63 hectares sur 415 prévus.
Les légumineuses comme larachide et le niébé
ont été cultivées respectivement sur une superficie
de 123,30 hectares sur 167 prévus et 98,90 sur 50 prévus.
Le sésame qui nest plus une culture de rente nouvelle pour
la zone, na pas beaucoup enthousiasmé les producteurs. Car
seuls deux producteurs se sont intéressés à cette
spéculation en la cultivant sur un hectare et demi sur 3 hectares
prévus. Les zones de lOPIB enregistrent aussi ces producteurs
de coton qui cèdent leur production à lOffice de la
haute vallée du Niger (OHVN). Ils sont toutefois six cette année
à tenter lexpérience et ont emblavé seulement
5 hectares sur 70 prévus.
La physionomie de la campagne sur les périmètres de lOPIB
est satisfaisante pour lensemble des spéculations. Ainsi
le mil et le sorgho sont au stade de la montaison, le maïs au stade
de lépiaison-maturation, larachide est à la
floraison. Le taux de repiquage du riz est très élevé
et dépasse la barre de 95%.
Au plan phytosanitaire, les responsables de lOPIB relèvent
pour le riz quelques cas dattaques de cécidomyie sans dégâts
majeurs. Quand les plants bénéficieront plus de période
densoleillement, cette menace pourrait disparaître, précisent
les spécialistes.
Les périmètres de lOPIB ne manquent pas de perspectives.
Ainsi dans le cadre du Projet dintensification du périmètre
de Baguineda, il est prévu des travaux damélioration
de la prise de Sotuba pour ramener le débit à 9,5 m3 par
seconde. Ces travaux permettront de mettre en valeur 1800 hectares en
contre-saison contre seulement 900 présentement. Le projet sattellera
aussi à lintroduction de variétés à
haut rendement de riz, de maïs et de tomate, à la formation
des producteurs aux techniques performantes de production agricole, à
la gestion intégrée de la production et des déprédateurs
(GIPD), à la gestion de leau et à lassainissement
des arriérés de crédit des producteurs vis-à-vis
de leurs créanciers en vue daméliorer leur accès
au crédit agricole. Léquipe dirigée par Seydou
Bassié Touré déploie au quotidien des efforts pour
atteindre les objectifs assignés, afin de faire de Baguineda le
marché agricole à bon prix de la capitale.
M. COULIBALY
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