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Filière mangue - Des progrès tout de même Malgré les difficultés, le pays reste le premier exportateur de la sous-région avec 3600 tonnes par an.
L'on ne se lassera pas de dire : la filière mangue représente une grande chance pour notre pays. Mais les lacunes dans les infrastructures et les difficultés de commercialisation et de transformation font que le pays ne tire pas assez profit de cette potentialité. Pourtant, depuis quelque années, la volonté de valoriser la filière existe bel et bien. Aussi bien au niveau des pouvoirs publics que chez les opérateurs du secteur. Les partenaires au développement soutiennent aussi cette volonté.
C'est ainsi que le projet américain Trade-Mali en collaboration avec les acteurs de la filière organise depuis hier la 3è édition des "Journées de la mangue". La cérémonie d'ouverture de la manifestation de deux jours qui se déroule au Centre international des conférences était présidée par Mody N'Diaye, le secrétaire général du ministère de l'Industrie et du Commerce.
Plus d'une centaine de personnes participent à la rencontre durant laquelle les stratégies à mettre en oeuvre pour lancer véritablement le secteur, seront discutées. Les participants feront le point de la campagne d'exportation des mangues par voie maritime et par avion. Une fois de plus, ils parleront des contraintes liées à la production, la commercialisation et à l'organisation du secteur.
La destination principale de nos mangues est l'Europe du Nord, notamment les Pays-Bas. De là, une bonne partie est réexportée vers la Belgique, l'Allemagne, les pays scandinaves et l'Europe de l'Est. Actuellement, le Mali n'a qu'un seul exportateur régulier de mangues par fret maritime qui transporte les fruits de Sikasso via la Côte d'Ivoire.
Notre pays est le premier exportateurs de mangues de la sous-région avec 3600 tonnes par an. Mais il n'y a pas lieu s'en réjouir outre mesure quand on sait que le potentiel exportable est estimé 200 000 tonnes par an. En plus, nous pourrions à long terme perdre ce rang de leader si des actions vigoureuse ne sont pas engagées pour organiser la filière. En effet, le marché est tellement prometteur que nos voisins sénégalais et ivoiriens ont lancé de vastes programmes de plantation de manguiers.
Mais aujourd'hui, les pouvoirs publics s'investissent pour organiser et aider le secteur afin d'en accroître la compétitivité. C'est à cela que s'attelle le ministère de l'Industrie et du Commerce via le projet Cadre intégré pour l'amélioration de la qualité des mangues. L'ambition affichée est d'exporter 10 000 tonnes de mangues en 2007. Une performance qui permettra de générer un chiffre d'affaires d'environ 13 milliards Fcfa dont 2 milliards reviendront directement aux producteurs.
Mais pour y parvenir, de gros efforts sont nécessaires notamment sur le front de la lutte contre les parasites pour minimiser les risques de rejet de nos mangues en Europe. Le projet travaille aussi développer le réflexe de la surveillance phytosanitaire chez les producteurs. Parallèlement aux activités de sensibilisation, 2 000 ha de vergers ont été traités cette année.
Par ailleurs des guichets de crédit sont ouverts à la Banque commerciale du Sahel au bénéfice des exportateurs. (voir L'Essor du 4 août).
Autre initiative en direction de la filière : la construction d'une station de conditionnement de mangues à Yanfolila dont la première pierre a été posée par le président de la République le 24 juillet dernier. Une station similaire est en cours de réalisation à Bamako sur financement de la coopération néerlandaise.
Les progrès sont donc réels, mais il reste encore beaucoup à faire. Dans son discours d'ouverture, Mody N'Diaye a reconnu que la filière est peu exploitée au regard de la taille des potentialités. Il a donc souligné la volonté du département d'apporter son soutien à la mise en oeuvre des recommandations que prendront ces Journées de la mangue.
Jim Wright, l'assistant du directeur de l'Usaid dans notre pays, a, quant à lui, salué la pertinence des modules de discussion retenus, avant de réitérer la disponibilité de sa structure à accompagner notre pays dans ses efforts de promotion des filières porteuses de ressources.
Les discussions seront sans doute enrichissantes vu la diversité des participants : producteurs, exportateurs, pisteurs, transformateurs, représentants d'institutions de financement, transporteurs, fournisseurs d'intrants, investisseurs et partenaires financiers. Ils débattront non seulement les problèmes liés à l'exportation des mangues mais aussi des opportunités qui s'offrent.
A.M. CISSÉ © Copyright L'Essor Archives
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