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Hausse des prix du niébé sur le marché
- La viande des pauvres flambe! Le sac de 100 kg de niébé sarrache aujourdhui à 55000 Fcfa sur lensemble des marchés de la capitale, alors quil sétait stabilisé à 50000 Fcfa. Cette brutale majoration de 5000 Fcfa fait grincer les dents à cette bonne gargotière qui a choisi den faire le fer de lance de son commerce. Notre gargotière a-t-elle perdu le sens des affaires? A len croire, son activité est au ralenti. Pour la simple raison que le prix de la précieuse denrée qui soffrait à 500 Fcfa le kilogramme au 26 août dernier est subitement monté en flèche. «A ce prix, déploreelle, je pouvais consentir des sacrifices pour ma clientèle, histoire de la fidéliser. Mais, avec cette soudaine hausse, javoue ne plus être en mesure de satisfaire la demande. Comme nous aimons nous-mêmes à le dire, lintérêt du commerce repose sur le bénéfice. Et que faire lorsque ce commerce vous envoie dans lenfer de la faillite? Jeter léponge? bien sûr!» Ainsi F. D., puisquil sagit delle, a rayé de son menu le niébé jusquà nouvel ordre. Elle na plus le sourire aux lèvres. Pourtant, sa clientèle, dans sa majorité, prise le haricot. Chaque matin, elle se gave de niébé au petit déjeuner. Pour le moment, sa clientèle doit prendre son mal en patience jusquaux prochaines récoltes. Cest la mort dans lâme quelle a appris que F. D. renonce provisoirement à la vente si rentable de ses succulents mets à base de niébé. Pour Goor Niébé, le couvert matinal sans niébé, cest un emballage perdu, vide. Pour appuyer, Y. T., fidèle client parmi les plus fidèles, lève les bras, les doigts pointés vers ciel comme pour implorer le Tout-Puissant. En signe dimpuissance,il dit : «Ainsi va la vie. Un jour, tout ça prendra fin. Comme le dit ladage, tant que le vent souffle, la température est variable. On sen sortira». Aussi gracieuse que belle, F. D. ne passe pas inaperçue avec son charme et ses rondeurs. Elle est souvent lobjet dassaut verbal de la part de certains clients taquinsou coureurs de jupons qui avancent: «Madame, êtes-vous mariée? Vraiment, jadmire votre esprit dentreprise. Cest le genre doiseau rare de votre trempe quil me faut», jure un dragueur, un baratineur. La réponse de F. D devant ces pervers est toujours cinglante: «Hélas! Vous navez pas frappé à la bonne porte. Je suis déjà la douce moitié dun gentleman, officiellement parlant, qui me comble de bonheur». Gageons que lenvolée du cours du niébé, la viande des pauvres, sera éphémère. Mohamed
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