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Fonds PPTE : déjà indispensables
(L'Essor 18/09/2003) Il ne s'agit pas de ressources nouvelles, mais de
fonds générés par l'annulation d'une partie de la dette pour
financer les secteurs sociaux. L'Initiative PPTE. Que n'a-t-on pas dit d'elle
ces dernières années ? Ce sigle générique qui est
désormais entré dans le vocabulaire courant institutionnel désigne
un programme d'allégement de la dette des pays pauvres très endettés
(PPTE). Elle fut lancée en 1996 par la Banque mondiale et le Fonds monétaire
international arrivés à la conclusion que le fardeau de la dette
était devenu insupportable pour certains pays, compromettant ainsi leur
développement et leur croissance. C'était la première fois
qu'on mettait en place une approche globale et intégrée de la question
de la dette, et cela après l'échec de plusieurs autres plans.
En juin 1999, lors de leur sommet annuel à Cologne, les dirigeants du G8
avaient appuyé l'initiative en soulignant le lien étroit entre désendettement
et réduction de la pauvreté. Un an plus tôt, en septembre
1998, le Mali avait été déclaré éligible à
l'Initiative par le conseil d'administration de la Banque et du Fonds. Après
une longue marche de deux ans passés à remplir les conditionnalités
qui en déterminent l'accès, notre pays sera déclaré
élu en septembre 2000, devenant ainsi le 7è pays africain à
y accéder après l'Ouganda, la Tanzanie, le Mozambique, le Burkina
Faso, la Mauritanie et le Sénégal, et le 12è pays au plan
mondial. Le mécanisme du PPTE est le suivant. Les créanciers
multilatéraux et bilatéraux renoncent à une partie de leurs
dettes. Les fonds ainsi libérés sont affectés au financement
des secteurs sociaux (éducation, santé, agriculture, eau potable
etc.) pour lutter contre la pauvreté. Il ne s'agit donc pas de ressources
nouvelles venues de l'extérieur, mais de ressources propres au pays, qui
au lieu de servir à payer la dette sont injectées dans des programmes
de développement et donc de lutte contre la pauvreté. Cette mise
au point a son importance, insiste un responsable de la direction nationale du
Budget. "Les fonds PPTE nous créent beaucoup de problèmes.
Les gens pensent que ce sont des ressources supplémentaires venues de l'extérieur
et ne comprennent pas quand on leur dit que les projets qu'ils présentent
ne sont pas éligibles aux fonds. Chacun pense qu'il y a droit". 600
milliards sur 30 ans Au terme de "l'Initiative initiale", notre
pays devait bénéficier d'un allégement de sa dette de l'ordre
de 340 milliards de FCFA sur 30 ans. Mais avec l'Initiative renforcée (les
critères ont été considérablement assouplis après
l'appui du G8 en 1999), ce montant avoisine les 600 milliards de FCFA. Comment
fonctionne concrètement le système ? Chaque année, la direction
générale de la Dette publique fait le point des créances
auxquelles les partenaires ont décidé de renoncer et en informe
la direction du Budget. "Cela demande un gros travail de prévision",
précise le directeur général de la Dette, Aboubacar Alhousseyni
Touré. L'analyse de la viabilité de la dette est assurée
par les institutions de Bretton Woods. C'est cette analyse qui détermine
le montant des créances à annuler. Une fois ce montant déterminé,
les créanciers interviennent en fonction de leur part dans le stock de
la dette. Donc, plus la part d'un créancier est élevée dans
ce stock, plus sa participation est importante dans l'allégement. Un modus
vivendi que les créanciers ont convenu d'appeler "le principe du partage
équitable du fardeau de la dette". Car il faut éviter que les
dettes annulées par certains servent à rembourser d'autres.
Depuis 2000, le Mali bénéficie donc de l'Initiative PPTE. Mais c'est
à partir de 2001 que le programme bénéficia des premières
annulations significatives. Cette année là, ce sont 23 milliards
de FCFA de dette qui furent annulés, contre près de 27 milliards
en 2002. Pour l'année 2003, il est attendu 29 milliards dont 15 avaient
déjà été mobilisés en juin dernier. Comment
est gérée cette "manne financière" ? Selon le directeur
général de la Dette publique, il y a deux approches dans la gestion
des ressources PPTE. Dans la plupart des pays bénéficiaires, les
gouvernements ont mis en place des structures autonomes pour gérer les
fonds. Mais au Mali, ils sont considérés comme des ressources budgétaires
et sont carrément intégrés au budget d'Etat. Les critères
d'accès sont donc les mêmes que ceux du budget et la répartition
des ressources se fait selon la procédure budgétaire normale. Les
projets sont sélectionnés au niveau du Plan et l'arbitrage se fait
au niveau de la direction du Budget. Lors de l'élaboration du budget d'Etat
il est rappelé aux différents ordonnateurs que les projets à
financer sur les ressources PPTE doivent avoir un impact direct sur la réduction
de la pauvreté à travers l'amélioration des indicateurs de
pauvreté. Si chacune des deux approches a ses avantages, Touré
pense que l'intégration de ces ressources au budget d'Etat en assure un
meilleur contrôle et une meilleure adéquation avec les autres programmes
gouvernementaux. Dans le souci d'améliorer l'exécution des dépenses
PPTE, un comité de suivi a été mis en place au niveau du
ministère de l'Economie et des Finances. Il est chargé de faire
le point de l'exécution pour chaque département et de procéder
à l'évaluation sur le terrain des différentes activités
financées. Le comité regroupe l'ensemble des départements
ministériels bénéficiaires, la Dette publique, la direction
du Budget, le Trésor, les Marchés publics etc. et se réunit
une fois par mois. L'objectif étant de s'assurer qu'il n'y a pas de blocage
dans l'exécution des projets. "Ni nos partenaires, ni l'opinion publique
ne comprendraient que nous n'arrivions pas à consommer des fonds nationaux
mis à notre disposition", estime Touré. C'est d'ailleurs la
raison pour laquelle quand en cours d'année, il est établi qu'un
département n'arrivera pas à exécuter un projet, les fonds
destinés à cela sont rapidement transférés à
un autre département capable de les absorber. En plus du comité
de suivi, un autre comité, cette fois-ci interministériel, présidé
par le Premier ministre suit également l'exécution des projets.
C'est dire toute l'importance que les pouvoirs publics, jusqu'au plus haut niveau
accordent à la bonne gestion de ces ressources. L'un des avantages
des ressources PPTE, relève Touré, c'est qu'elles sont disponibles
dès le 1er janvier. Les départements peuvent engager les dépenses
au rythme qui leur convient. Ce qui n'est pas le cas avec les crédits budgétaires
classiques qui sont ouverts trimestriellement. "Donc même en cas de
retournement de la conjoncture, les fonds PPTE ne sont pas concernés par
les réajustement", précise-t-il. Les fonds sont logés
dans un compte spécial ouvert au niveau de la BCEAO et alimenté
par le Trésor. La part du lion Voyons maintenant les principaux
départements bénéficiaires et à quoi ces ressources
sont concrètement utilisées. L'Initiative PPTE étant avant
tout un programme de lutte contre la pauvreté, il va de soi que les secteurs
sociaux et les programmes de développement soient privilégiés
: éducation, santé, agriculture, équipement notamment.
A tout seigneur, tout honneur. C'est l'éducation qui se taille la part
du lion, tout comme d'ailleurs dans l'ensemble du budget d'Etat. En 2001, elle
s'était vue accordée environ 6 milliards de FCFA, soit environ 35%
du total. L'année suivante, cette somme sera portée à près
de 13,7 milliards (45%). En 2003 sa part s'élève à 11,214
milliards. De quoi faire pâlir de jalousie d'autres départements.
"C'est normal, répond le directeur administratif et financier du ministère,
Youba Bâ. Si vous divisez les problèmes du Mali, je pense que plus
de la moitié reviendrait à l'éducation". Les fonds
alloués à ce ministère sont utilisés à financer
les actions conformément au Programme décennal de développement
de l'éducation et de la culture (PRODEC). Ici, la priorité est donnée
au développement des ressources humaines à travers les recrutements
et la formation des enseignants pour l'amélioration de la qualité
de l'enseignement, un thème cher au ministre de l'Education nationale,
Mamadou Lamine Traoré. "Nous savons qu'il est très important
de construire des nouvelles écoles et salles de classe pour donner la chance
au maximum d'enfants d'aller à l'école. Mais là où
nous sommes, l'accent doit être mis surtout sur les ressources humaines,
car il ne sert à rien de construire une salle de classe si on a pas un
enseignant à y mettre", analyse Youba Bâ. Le PPTE, indique-t-il,
est venu à point nommé car avec les programmes d'ajustement structurel,
on arrivait plus à recruter alors que le besoin en enseignants est immense.
Ainsi, grâce au PPTE, le ministère de l'Education a pu recruter 11.964
agents au niveau de l'enseignement secondaire, du fondamental, des écoles
communautaires et des CED. En moyenne, 20 nouvelles écoles sont construites
par an dans les régions. Dans les détails, pour le fondamental,
1237 enseignants contractuels ont été recrutés en 2001, 2118
en 2002 et 18850 en 2003. Les CED ont bénéficié du recrutement
de 864 animateurs en 2002. Pour les CEI, 211 éducateurs ont été
recrutés en 2001, 42 en 2002 et 120 en 2003. Au compte des écoles
communautaires, 1168 enseignants ont été engagés en 2001,
2230 en 2002 et 1200 en 2003. Quant au secondaire, son personnel enseignant a
été renforcé de 258 agents en 2001, 292 en 2002 et 364 cette
année. Les crédits inscrits pour cette vague de recrutements
s'élevaient à 4,292 milliards de FCFA en 2001, 4,650 milliards en
2002 et 4,685 milliards en 2003. En 2001, 767 millions furent dépensés
dans les formations, contre 1,11 milliard en 2002 et 1 milliard pour l'année
en cours. Les subventions à l'enseignement catholique se sont élevées
à 400 millions en 2001 et 323 millions en 2002 et en 2003. Les bourses
de l'enseignement normal payées sur les fonds PPTE étaient 1,4 milliard
en 2001, 1,8 en 2002 et en 2003. Du matériel didactique a été
acheté pour 5,8 milliards en 2002 et 731 millions en 2003. Dans le
cadre du transfert des moyens humains matériels et financiers vers les
services déconcentrés et décentralisés, les crédits
des ressources PPTE sont délégués au niveau des directions
régionales du budget. Ainsi 1,4 milliard furent alloués aux régions
en 2001, contre 7 milliards en 2002 et 6,5 milliards en 2003. Les ressources PPTE
ont également servi à l'équipement des structures d'enseignement
secondaire et supérieur pour 700 millions de FCFA en 2002 contre près
d'un milliard pour l'année en cours, à la construction d'écoles
à travers le Projet "1 village, une école" pour 400 millions
en 2002 et 600 millions en 2003, et l'achèvement des travaux de réhabilitation
du lycée de Tombouctou et du bloc pédagogique de la FLASH en 2002
pour un montant de 646 millions de nos francs. Au total, sur les trois dernières
années, les ressources PPTE allouées à la formation et au
recrutement s'élèvent à 12 milliards environ. Les constructions
et les équipements auront coûté 9 milliards, les bourses,
5 milliards et les frais de formation près de 3 milliards. Les chiffres
disponibles font ressortir que dans l'ensemble, les crédits PPTE ont connu
un taux d'exécution de 99% en 2001 et 97% en 2002. Ce qui témoigne
d'une impressionnante capacité d'absorption au niveau du ministère
de l'Education. De quoi justifier les 14,5 milliards prévus pour le département
l'année prochaine. Trois programmes Un autre secteur prioritaire,
par lequel passe nécessairement la lutte contre la pauvreté, c'est
bien sûr la santé. Sa part est donc logiquement importante : 2,5
milliards en 2001, 3,9 milliards en 2002 et à peu près le même
montant cette année. Ici, cet argent sert à financer trois programmes
principaux : le Programme de lutte contre le paludisme, la nutrition et l'hygiène,
le Programme de lutte contre le Sida et les IST et le Programme de développement
des ressources humaines. En 2001, 850 millions furent alloués à
la lutte contre le paludisme. Cette somme sera consacrée essentiellement
à l'achat de moustiquaires imprégnés (190.000 unités)
et de produits d'imprégnation. Cette même année, le programme
de lutte contre les IST/SIda fut doté d'un milliard de FCFA qui servirent
à l'achat de médicaments antirétroviraux. Quant au programme
de développement des ressources humaines, il reçut environ 300 millions
pour le recrutement et la prise en charge des salaires de 229 agents. En 2002,
les trois programmes bénéficieront respectivement d'un milliard,
deux milliards et 300 millions. Au titre du programme palu, on acheta 26967
unités de moustiquaires imprégnés et des produits d'imprégnation
pour environ 144 millions de F et 3322 kits d'urgence pour 67 millions. 229 millions
seront affectés à la construction du centre de médecine traditionnelle
de Sotuba. Toujours au titre du programme palu et la même année,
246 millions furent utilisés pour l'achat de trois millions de seringues
contre la fièvre jaune. Un million d'unités de seringues autobloquants
furent achetés. Tandis que dans la lutte contre le Sida, 720 millions seront
utilisés pour l'achat de médicaments antiretroviraux et 300 millions
pour l'achat des réactifs de dépistage du Sida. Toujours en
2002, 647 millions furent dégagés pour l'aménagement des
hôpitaux nationaux : 190 millions pour le Point G, 100 millions pour le
Centre d'odonto-stomatologie, 205 pour l'hôpital Gabriel Touré et
152 pour celui de Kati. Pour l'année en cours, le milliard alloué
au programme de lutte contre le paludisme servira à l'achat de moustiquaires
imprégnés, de produits biologiques et chimiques et de matériels
dans le cadre de la campagne pour le changement de comportement des femmes enceintes.
Au niveau du programme Sida, les crédits PPTE sont destinés à
l'achat d'antirétroviraux, de médicaments contre les maladies opportunistes
et de réactifs de laboratoire pour environ un milliard. 130 millions sont
prévus pour l'achat du lait artificiel. Les dépenses pour le développement
des ressources humaines s'élèvent à 700 millions dont environ
400 ont été délégués aux régions pour
payer les salaires des agents contractuels recrutés en 2001. Par ailleurs,
678 millions avaient été dégagés pour la construction
de deux centres de santé à Kidal. Mais l'appel d'offres a été
déclaré infructueux en juillet dernier. Une convention de maîtrise
d'ouvrage déléguée est en cours avec l'Agetipe pour la réalisation
urgente de ces travaux. Pour Sidiki Loki Diallo, directeur administratif et
financier du département, ces fonds PPTE constituent une aubaine pour la
Santé, même s'il estime que la part de ce secteur devrait être
substantiellement relevée. Ici aussi, l'accent est mis sur les ressources
humaines. "Nous avons fait beaucoup d'effort de recrutement et d'équipement.
Mais il existe encore 85 CESCOM qui n'ont pas le personnel nécessaire.
Nous avons demandé à toutes les régions d'exprimer leurs
besoins", indique-t-il. Des réflexions sont en cours pour trouver
les moyens de motiver les contractuels recrutés au profit des centres de
santé pour les encourager à y rester. "A terme, nous voulons
au moins trois médecins par centre de santé. Cela permettra de faire
baisser considérablement la pression sur les hôpitaux nationaux",
estime notre interlocuteur. Plus de 4000 paysans équipés
Après la santé, place à un autre secteur, qui occupe près
de 80% de la population active : le développement rural. S'il est vrai
qu'au Mali, la pauvreté est un phénomène essentiellement
rural, peut-on vraiment la combattre sans s'attaquer au mal dans ce milieu ? La
réponse s'impose d'elle-même. Le ministère de l'Agriculture,
de l'Elevage et de la Pêche constitue donc à juste titre, l'un des
principaux utilisateurs des crédits PPTE. En 2001, ce département
bénéficiait d'une dotation de 1,5 milliard. Ce montant fut porté
à 2,6 milliards l'année suivante avant d'atteindre 4,6 milliards
cette année. Ici, ce sont quelques 14 structures qui bénéficient
des financements PPTE. L'un des projets phares est sans doute le "Projet
s'équiper en reboisant". Initialement financé par la coopération
japonaise, le projet a été renforcé par les ressources PPTE.
Comme sa dénomination l'indique, il s'agit d'une initiative pour permettre
aux paysans de s'équiper tout en reboisant. Le principe est simple : un
paysan qui veut postuler au crédit doit reboiser au moins un demi hectare.
Le taux de réussite doit être d'au moins 70%. Ce sont les services
techniques du département qui se chargent de faire cette évaluation.
Il est recommandé aux paysans de planter les eucalyptus et des arbres fruitiers
qui sont des sources de revenus sûres et constituent en même temps,
une sorte garantie pour le remboursement du crédit contracté. L'équipement
complet est constitué de deux paires de bufs, un multiculteur, une
charrue et une charrette, le tout estimé à 500.000 FCFA. Avant la
remise du matériel, le bénéficiaire doit s'acquitter de 20%
de cette somme. Le remboursement se fait sur une période de cinq ans. A
ce jour, au moins 4000 paysans ont bénéficié du projet.
Lamissa Koné de la DAF et Alassane Dravé de la Cellule de planification
et de statistiques sont unanimes : l'initiative est salutaire pour les paysans
pauvres et son impact réel. "Toutes les initiatives qu'on a développées
par le passé ont échoué. Jusqu'à présent, des
milliards n'ont pas pu être récupérés au niveau des
paysans qu'on avait équipés à crédit. Si fait qu'actuellement,
aucun bailleur de fonds ne veut placer ses sous dans un projet de ce genre. "<<S'équiper
en reboisant>> est donc une grande opportunité pour les paysans",
explique Koné. "C'est du concret, appuie Dravé. L'argent ne
va ni dans les poches d'un fonctionnaire, ni dans les perdiem, mais directement
aux paysans". En 2001, 130 millions des ressources PPTE furent apportés
au projet. En 2002, c'était 180 millions. Pour cette année, près
d'un demi-milliard sont mis à sa disposition. "Cette augmentation
régulière s'explique par l'engouement des paysans. La demande est
trop forte", explique Koné. Un autre projet important bénéficiaire
des financements PPTE en direction du développement rural est le CED-ACODEP.
En place depuis environ deux ans, il appuie les collectivités décentralisées
pour leur développement et intervient dans le domaine de la formation des
adultes et l'alphabétisation fonctionnelle. L'ACODEP, à travers
ses centres assure le formation professionnelle des enfants qui n'ont pas été
à l'école ou qui l'ont quittée prématurément
et intervient également dans le domaine de la micro-finance. Le projet
initié par le PNUD a bénéficié en 2002 des ressources
PPTE pour un montant de 105 millions et en 2003 de 432 millions. Les ressources
PPTE participent également au financement du programme gouvernemental d'aménagement
des terres. Bon an, mal an, un milliard est dégagé à cet
effet. Toujours au niveau de l'agriculture, le périmètre irrigué
de Baguinéda a bénéficié de 80 millions en 2002 pour
réparer ses canaux délabrés et en 2003 de 100 millions pour
la construction de sa digue de ceinture endommagée par les inondations
de 2001. L'on aurait pu penser que le ministère du Développement
social, de la Solidarité et des Personnes âgées fait partie
des départements privilégiés dans la répartition des
fonds PPTE. Ce n'est pas tellement le cas. En 2001, ce département n'a
eu que....5 millions de F CFA qu'il affecta entièrement au programme Solidarité
Sida. L'année suivante, il lui fut accordé 1,3 milliard repartis
principalement entre le Projet d'appui aux initiatives de base (900 millions)
et le projet "S'équiper pour vaincre la pauvreté" (400
millions). Jusqu'alors, le PAIB intervenait seulement à Mopti et Niafunké.
Avec les ressources PPTE, ses activités ont pu être étendues
aux cercles de Yorosso et San. Le projet qui doit en principe prendre fin l'année
prochaine réalise des infrastructures de base pour les populations (centres
de santé, écoles, aménagements agricoles, hydraulique, jardins
maraîchers, forages, mini-aductions d'eau etc....) Sur financement PPTE,
le PAIB a pu réaliser une vingtaine de micro-projets à San et Yorosso. Des
prêts sans intérêt Quand au projet "S'équiper
pour vaincre la pauvreté", il a bénéficié de
400 millions en 2002 et en 2003. Ce projet qui s'apparente à tout point
de vue à "S'équiper en reboisant" a aussi pour but d'aider
les paysans à acquérir du matériel agricole (charrues, charrettes,
bufs de labour). Pour les femmes, c'est du matériel de maraîchage
et des plates-formes multifonctionnelles. Ses prêts sans intérêt
sont remboursables sur cinq ans. Il s'agit d'une sorte de fonds revolving, c'est
à dire que quand, les premiers bénéficiaires remboursent,
ces ressources sont prêtées à d'autres paysans et ainsi de
suite, explique Koulou Fané, conseiller technique au ministère du
Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées.
Grâce à l'apport des fonds PPTE, le projet a financé en 2002,
l'achat de 200 charrettes, autant de charrues et de semoirs pour les paysans à
Baraouéli, et réalisé 7 plates-formes multifonctionnelles
pour les femmes de la même localité. A Dioïla, ce sont 200
semoirs, autant de charrues et de charrettes et 103 paires de bufs de labour
qui ont été fournis aux paysans à crédit. Last
but not least, l'Equipement et les Transports. Ce département a commencée
à bénéficier des ressources PPTE en 2001 quand il était
un super ministère englobant l'Equipement, l'Aménagement du territoire,
l'Environnement et l'Urbanisme. Une dotation de 800 millions lui fut accordée
et servit essentiellement à l'élaboration du schéma directeur
d'aménagement urbain de Ségou et d'Ansongo, l'étude et l'élaboration
du plan stratégique d'assainissement de Djenné. Le reste des fonds
fut affecté à la mise en valeur du système Lac Faguibine
et à un programme de sauvegarde de l'environnement. En 2002, les 200
millions affectés au département devraient servir à financer
les études de faisabilité du pont de Nianandougou (Kolondiéba).
Une partie de ces fonds sera finalement utilisée par le programme d'urgence
routier pour la construction de la route d'accès à l'aéroport
de Gao. Cette année, sur une dotation de 8,25 milliards, près
de 900 millions ont été affectés à la construction
de la route de l'Espoir entre Douentza et Tombouctou. 1,22 milliard sont utilisés
pour l'acquisition et la réparation de bacs pour Kangaba, Gao et Ansongo
tandis que 444 millions iront à la construction du pont de Nianandougou.
L'Autorité routière, elle bénéficie de 3,7 milliards
pour l'entretien des routes. Voilà, grosso modo comment sont utilisés
les ressources issues de l'Initiative PPTE. Mais l'état des lieux que nous
avons voulu dresser est loin d'être exhaustif. Car ces fonds sont éparpillés
un peu partout. D'autres départements comme la Promotion de la femme, l'Emploi,
l'Energie et l'Eau en sont aussi consommateurs. Mais nous nous sommes limités
délibérément aux principaux départements bénéficiaires.
Toutes les actions financées avec le PPTE s'inscrivent en droite ligne
dans les objectifs du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté
(CSLP) qui est aujourd'hui le cadre unique de référence de nos politiques
de développement et d'intervention des partenaires au développement.
Le programme PPTE est certes loin d'être la panacée pour véritablement
vaincre la pauvreté dans nos pays. Pour cela, il faudra sans doute d'autres
initiatives plus volontaristes et la mise en uvre d'autres politiques de
développement. Mais une chose est indéniable : il est d'un apport
précieux dans le combat engagé depuis quelques années par
le gouvernement pour faire reculer la pauvreté. Et il suffit de se rendre
dans le pays profond pour se faire une idée de ce que représente
pour nos braves populations une école, un centre de santé ou un
forage. Si les fonds PPTE peuvent permettre d'améliorer l'accès
des populations à ces infrastructures de base, alors "vive l'Initiative
PPTE !" SALIM TOGOLA © Copyright L'Essor Nouvelles
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