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Coton graine: un créneau porteur Ce sous-produit de l'or blanc peut être transformé en huile et en aliment bétail, des produits très demandés. Depuis plusieurs mois, le processus de privatisation de la Compagnie malienne de développement du textile (CMDT) défraie la chronique. Un pallier important vient d'être franchi par le vote de la loi de privatisation par les élus de la nation. Ce vote a eu lieu dans un contexte marqué par une hostilité de la cession partielle aux privés du capital du géant du coton. Les populations des zones de production du coton, directement concernées par la privatisation, ne cachent pas leur amertume. Tout comme les travailleurs de l'entreprise. Dans la presse, la tendance générale des commentaires est défavorable au changement de statut de la CMDT. Mais à l'analyse, on peut dire qu'il y aura plus de peur que de mal. La privatisation pourrait être un nouveau départ pour la filière coton dans notre pays. Si la graine de coton est bien exploitée. Les nouvelles compagnies qui sortiront des cendres de la CMDT pourraient tirer leur épingle du jeu en mettant en place une bonne stratégie de management pour valoriser la graine de coton qui est considérée jusqu'ici comme un sous-produit. La transformation de la graine de coton pourrait être un facteur de développement de l'élevage dans notre pays en contribuant à améliorer l'alimentation des animaux. La graine de coton peut produire de l'aliment bétail. Notre pays dispose d'un potentiel important en matière d'élevage. Notre pays figure parmi les plus nantis dans le secteur de l'élevage dans la zone de l'Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Le potentiel est estimé à plus de 7 312 500 bovins, 8 030 800 ovins, 11 400 190 caprins, 726 000 camelins. Le secteur emploie près de 80% de la population et représente la principale source de revenus pour plus de 30% de nos compatriotes. Presque tous les ménages possèdent des têtes dans les campagnes et même dans les centres urbains. La contribution du secteur au PIB varie suivant des années entre 10 et 12% et son apport aux recettes d'exportation entre 30 et 35 milliards de Fcfa soit 9 à 15% du total des exportations. Il occupe la troisième position après l'or et le coton. Mais ce potentiel est soumis aux aléas climatiques qui déciment des troupeaux entiers dans certaines régions de notre pays. Traditionnellement, les bêtes se nourrissent du pâturage, mais avec le changement climatique, les zones d'élevage se dessèchent d'année en année, obligeant les éleveurs à émigrer vers le sud. Or, il est avéré que la transhumance est à la fois source de dégradation de l'environnement, mais aussi de conflit entre les communautés (nomades et paysans sédentaires). Ces conflits se terminent le plus souvent dans des bains de sang. L'aliment bétail peut régler tous ces problèmes d'alimentation du bétail. Nos unités industrielles ne produisent pas suffisamment d'aliment bétail aujourd'hui, faute de graines disponibles. La baisse de la production du coton, ces dernières années, a entraîné dans son sillage la baisse du stock de graine de coton, principale matière première dans la fabrication de l'aliment pour bétail et de l'huile au Mali. Durant la campagne 2006/2007, la CMDT n'a produit que seulement 200.000 tonnes de graines contre un besoin national oscillant entre 700.000 à 800.000 tonnes de graines. Le développement de la filière aliment pour bétail pourra aider nos éleveurs à moderniser leur système de production avec une forte valeur ajoutée. Dans un passé récent, Bamako était ceinturée par une multitude de fermes agricoles qui approvisionnaient la ville en lait et en viande de qualité. Ces petites unités de production ont beaucoup contribué à améliorer la qualité de l'alimentation, assurer, un temps soi peu, la sécurité alimentaire durable. Elles ont également contribué à la création d'emplois et de richesses dans la capitale. Dans les villes de l'intérieur, la filière avait commencé à s'organiser autour des grands centres urbains et un système de collecte s'était mis en place pour approvisionner l'unique laiterie de la capitale "Mali-Lait". Le développement des fermes agricoles peut également donner un coup d'accélérateur à l'industrie de transformation de la filière bétail-viande. Actuellement notre pays dispose d'un plateau technique faible dans ce domaine. Les abattoirs ne disposent pas d'outils sanitaires modernes pour la conservation des viandes destinées à l'exportation. Toutefois quelques fermes installées dans la périphérie de la capitale approvisionne Bamako en bufs d'embouche bovine. Ils sont souvent vendus à prix d'or, oscillant autour de 100.000 et 150.000 Fcfa en temps normal. En temps de forte demande, le prix peut atteindre 200.000 à 300.000 Fcfa. Le Mali exporte aussi le bétail sur pieds dans les pays de la sous-région. Il ressort des statistiques de la direction nationale du commerce et de la concurrence (DNCC), que 41.475 têtes ont franchi nos frontières l'année dernière. Outre la production de l'aliment bétail, le changement de statut peut donner une nouvelle impulsion à la production d'huile. Nous y reviendrons. © Copyright L'Essor Archives |
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