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LEconomie Malienne en danger - Les départements
stratégiques dans la fraude et la mauvaise gestion Les départements cités dans le rapport sont des secteurs fondamentaux pour le développement de tout pays. La prospérité d'un Etat se mesure à la bonne santé physique de sa population, à la qualité de l'instruction de ses citoyens, à sa sécurité alimentaire, à ses ressources énergétiques, etc. Si ces secteurs sont mal gérés, c'est l'effondrement même du pays qui est programmé. Malheureusement, au Mali, ce sont dans ces structures qu'on constate davantage le détournement du denier public, la mauvaise gestion, les surfacturations, les commandes fictives. Au lieu que ces secteurs de l'Education, de la Santé, des Mines, de l'Energie et de l'Eau, de l'Agriculture soient des véritables moteurs de développement du pays, ils en constituent, à travers leur gestion, un frein. En l'espace de 4 années seulement, soit de 2002 à 2006, l'Etat malien a perdu plus de 102 milliards de FCFA Quant on prend le ministère de l'économie et des finances, tutelle de la Direction des Douanes et des Impôts, c'est surtout la mauvaise gestion et le mauvais travail qui ont occasionné une hémorragie financière. Près de 38 milliards FCFA de taxes et impôts non recouvrés par la Direction Générale des Impôts sur des opérateurs économiques, et plus de 15 milliards FCFA de droits de douane éludés lors des importations frauduleuses d'hydrocarbures. Le ministère de l'agriculture qui devrait assurer la sécurité alimentaire à travers l'Office du Niger reste une grande déception. A l'Office du Niger, le contrôle du Vérificateur Général a relevé un manque à gagner de plus de 7 milliards de FCFA. Cette situation s'explique par la mauvaise gestion et le détournement de fonds publics. Au ministère de la santé, le constat est patent. Par exemple au PRODESS, il a été décelé que les dépenses effectuées pour la santé ne valent pas 1 milliard et demi de nos francs (1 242 423 626 FCFA). Curieusement, les dépenses effectuées pour les missions et réceptions sont six fois supérieures que celles injectées dans la santé. Pour les missions et réceptions, on a une somme faramineuse de plus de 7 milliards et demi de FCFA (7 713 333 555 FCFA). A cela, il faut ajouter les charges de véhicules qui s'élèvent à plus d'un milliard et demi de FCFA. A ce rythme, on se demande si le pays peut espèrer une bonne santé physique permettant à sa population d'être plus productive. Des irrégularités constatées à la DAF du Ministère de la Santé, il ressort un manque à gagner qui se chiffre à 316 061179 FCA dont 77 913 777 FCFA au titre des dépenses douteuses. Les procédures d'évaluation des offres et d'attribution des marchés ne sont pas respectées par la DAF ; l'étude des dossiers par la commission d'analyse et de dépouillement des offres n'est pas faite avec toute la rigueur exigée par le Code des Marchés Publics. On note la présence de pièces falsifiées, de fausses attestations, etc. Les avances non justifiées faites au personnel, aux structures et aux ONG ainsi que les montants décaissés sur la base de fausses factures au niveau de la régie constituent un manque à gagner pour l'Etat d'un montant de 958 718 168 FCFA. Quant au ministère de l'éducation nationale, on peut dire que c'est le monde à l'envers. Un ministère qui est sensé éduquer se permet de faire une livraison fictive de manuels scolaires pour plus de 3 milliards FCFA. Que dire de la DAF du Ministère des Mines, de l'Energie et de l'Eau qui a fait un achat, le même jour, de thé et sucre pour une valeur de plus de 11 millions CFA. On se demande où l'on peut physiquement stocker ces produits. Au niveau du secteur de l'eau, on note un manque à gagner de 341 616 766 FCFA Ce secteur se signale aussi par la violation des règles de passation de marchés. On constate des marchés passés par entente directe par le PADH pour plus de 1 048 449 338 FCFA et présentant de nombreux cas de fractionnements de marchés totalisant 653 190 669 FCFA ; des forages prévus au contrat et non réalisés qui sont estimés à 29 950 000 FCFA. Il faut signaler le marché du PRS II, d'un montant de 499 955 430 FCFA passé de gré à gré par le bailleur, à la demande de l'ordonnateur national du FED ; Irrégularités dans la gestion des ressources. Il y a les frais de location du bureau du PRS II dépassant de 3 994 439 FCFA le montant des charges locatives contractuelles. Suivant les contrats de location, la charge locative mensuelle s'élève à 300 000 FCFA soit pour l'année 3 600 000 FCFA. Dans le secteur de l'énergie on constate un manque à gagner de 1 171 465 781 FCFA Au titre de l'AMADER : Inexistence physique de certaines immobilisations pour 102 899 996 FCFA
; On ne comprend pas le mutisme de nos autorités face à cette hémorragie provoquée par des cadres des ministères pilotes de notre développement. Ahmadou MAIGA © Copyright Zénith Balé Archives |
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